Moaning forever because i'm getting fucked by life

Frankie

Vieux texte, putain. Besoin d'être réécrit. Et achevé.

Il la regarda s'éloigner, il avait touché un point sensible. C'était comme ça à chaque fois, dès que quelque chose la dérangeait, elle allait vers son coin et se repliait sur elle-même. Ca lui fit mal de la voir se renfermer et refuser de le regarder. Tout ce qu'il voulait, c'était la voir heureuse, il la cherchait, il jouait, il avait besoin de son sourire. Mais ce n'était pas facile. Rien n'était facile avec elle. La voir aussi… Aussi seule le déchirait. Car oui, elle était seule, dans son monde elle était seule. Le plus douloureux c'était que lui, il était là. Mais elle ne le voyait pas.

Elle était toujours plongée dans un abysse profond, ses yeux étaient sombres, ils faisaient peur. Ils reflétaient tant de colère, de dégoût. Et puis elle était pâle, son corps n'était pas parfait. Elle avait des rondeurs, des insécrités, tant de parcelles de derme qu'elle trouvait horribles sans pour autant avoir la force, le courage de les soigner. Sa frange était trop longue, comme si, elle esseyait de se cacher du monde. On avait toujours l'impression qu'elle était enveloppée dans une sorte de fumée noire qui l'étouffait et lui volait la vie. C'était tellement pathétique à voir. Mais elle s'en fichait. Le regard des autres n'a jamais compté. C'était le regard qu'elle portait à elle-même le plus important. Elle n'aimait pas ce qu'elle voyait devant son miroir. Elle n'était pas cette fille qui en faisait tout un plat sur le physique, non, ce n'étais pas son genre. Elle ne s'aimait pas tout simplement. Elle n'aimait pas vivre, la vie n'était pas faite pour elle. Elle était perdue quelque part entre l'enfer et la maison. Si elle pouvait prendre une pilule qui la ferait mourir lentement, sans douleur… Elle l'aurait prise, si une voiture fonçait droit sur elle, elle ne s'écarterait pas. C'était comme ça. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait, rien ne se passait et sa vie ne voulait pas s'arrêter. Alors elle attendait.

Dire qu'elle était étrange, oui. Qu'elle avait besoin de consulter, oui. Qu'elle était effrayante, laide, inutile, vide, cassée, égoïste, anormale, antisociale, dépressive. Oui. Mais ça ne changeait rien au fait qu'elle était humaine et qu'elle pouvait ressentir des choses. Sa plus grande peur était qu'il la voit de la même façon qu'elle se voit elle-même. Si sa tête était un livre, le lire vous mettra en larmes.

Pourtant, pour lui, elle restait fragile et sans défense. Une fillette qui a vécu des choses dures et qui a grandi trop vite.

Signaler ce texte