MON/TON/SON HABITANT (La maladie)

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MON/TON/SON HABITANT (LA MALADIE)

Attention…

Texte Hors-balises.

Balèze, celui qui pose des mots sur l’invisible,

Celui qui rend sensible l’incompréhensible,

Celui qui fait de ton ventre une bombe qui se fragmente à l’évocation de ce texte qui décrit une mort lente.

Attention…

Texte hors-balises.

Parce que ce que je sécrète,  ce que je crée, ce que je mets en tête de ce texte

A sa fin te fera l’effet d’enfin connaître ce que c’est…

La maladie.

Ma maladie, sclérose en plaque,

Voilà c’est dit.

Difficile de décrire mon habitant,

De dessiner les courbes de sa présence,

D’identifier ses traits

De quelle partie de mon corps il se repaît

Après le repas, dans quelle partie de mon corps il se repose.

En fait, il a élu domicile dans mon crâne.

Là , un peu plus bas derrière,

Géolocalisation moëlle épinière,

PC Sécurité de tous les nerfs,

Boitier télécommande qui contrôle toute action,

J’appuie sur un bouton j’écris des vers,

Tu appuies sur un autre bouton et là ! Tu contrôles toute ton attention sur le sens de mes vers.

Mon habitant grignotte mon cerveau comme souris son gruyère,

Il y laisse des trous comme un obus sur un champs de guerre.

Plus il se gave, et plus je perds pied.

Perdu pour perdu, j’ai conclu un pacte avec mon habitant :

Il me dévore autant qu’il veut, tant qu’il me donne les moyens d’être heureux.

Ce n’est pas un coup d’arrêt la maladie.

Certes, ce n’est pas un hourra,

Mais à l’heure d’apprendre que le corps ne nous appartient pas,

C’est l’occasion de se dire que la vie, on en rit.

Un médecin m’a dit Jérémie c'est malheureux que ce soit la maladie qui m’apporte ce profit.

En vérité bienheureux moi-même qui profite de ce répis.

Le prix à payer est certes bien chère,

927 euros mensuels pour ces 28 seringues d’injection quotidiennes,

Chaque jour, 20 ml d’une solution temporaire à vie,

Chaque jour, cette aiguille si importante qui se plante dans mon ventre, mes cuisses  ou mes épaules

M’oblige à sourire, à être heureux.

Mon habitant, tu n’as pas fait de moi quelqu’un de peureux.

Je vis avec ta présence depuis maintenant longtemps,

Mais je ne le sais que depuis peu longtemps.

La maladresse, les acouphènes, les vertiges les oublis les coups de folies  les maux de tête, la fatigue,

Ces objets qui s’échappent de mes mains,

Cet univers marqué, barré, qui est le mien

Tout ça ! C’est à toi que je le dois,

Toi ! qui ne préviens pas lorsque te viens l’envie dans mon cortex de faire quelques emplettes.

Il n’y a aucun péage dans mon corps,

C’est pour ça que je ne contrôle pas tes brusques envies de changement de décors.

Lorsque tu passes de mon avant-bras droit rigidifié

A la plante de mes pieds sur-exitée

Tu ne paies aucune taxe, aucune TVA !

Pourtant ôtes moi d’un doute, t’en es une de valeur ajoutée ?

Aucune taxe d’habitation, pourtant, tu squattes bien mon corps !

Mon cœur ! Et les réactions de peur de quelques sans cœur oscarisés dans mon panthéon au rang de lascars de l’abandon…

Hey BLONDIN !!! (cf BON/BRUTE/TRUAND)

Dans la vie dis-tu mon ami y a deux catégories ; ceux qui ont une corde au coup et ceux qui la leur coupe…

Dans la vie vois tu mon ami il y a deux catégories ; ceux qui ont un habitant avec lequel ils soupent, et ceux qui ne connaissent pas encore le goût de cette soupe…

J’ai porté votre attention sur mon habitant.

Il s’appelle sclérose en plaque, il aurait pu tout aussi bien s’appeler cancer, sida ou drépanocytose.

En fait, toute maladie curable ou incurable mis en vie par un habitant durable.

Attention…J'avais prévenu, texte hors balises…

Balèze, celui qui pose des mots sur l'invisible,

Celui qui rend sensible l'incompréhensible,

Celui qu'a fait de ton ventre une bombe qui se fragmente à l'évocation de ce texte qui décrit une mort lente.

Attention, texte hors balises,

Parce que ce que je sécrète, ce que je crée, ce que j’ai mis en tête de ce texte à la fin t’as fait l’effet d’enfin connaître qui est,

Mon habitant.

MAD FINGER’S DAY

MF CROM

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