Plaisir

unpseudo

prose poétique (enfin j'espère).

Le plaisir est un diable. Du fin fond de ses enfers, armé de son arc de feu, il planta sa douce flèche en mon sein.

            Le malheur est un plaisir. Petite graine qui avait depuis longtemps, germé en moi, s'était épanouie. Mancenillier aux douces ramures, il avait pris mon corps pour écorce, mon sang  pour sève. La souffrance était mon amie, la douleur une habitude, la maladie un bonheur. Mon bonheur. Ma vie ;

            Puis tu m'apparus, toi, mon automne. D'un souffle céleste tu vins caresser mes feuilles, lentement, une à une, tu les fis tomber.  Mon corps devint un squelette vierge et infertile. De ton souffle céleste, tu glaças la sève dans mes veines. De ton souffle céleste tu tuas mon doux arbre du malheur, laissant en mon être un trou béant, un vide, un manque.

            Puis il y eut le bonheur : infernal inconnu, dieu de tous les dangers. Qui est-il ? D'où vient-il ? Il me saisit par la taille, il viole mon corps, bel étranger, il embrasse mon âme. Le bonheur est une peur, un voyage aveugle, une chute infinie, une sage ivresse.

            Je ne te connaissais pas, tu vins à ma rencontre.

            Je te découvre.

            J'angoisse.

            Pourrais-je t'apprécier?

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