Que ferait-on par amour? aveux

uzul

  Mon histoire n'est pas horrible, quelque peu sordide et fut empreinte d'un violent accès de bestialité...
Voilà ce qu'il en est :

 Nombreux d'entre vous me connaissent , en bien, en mal... Certains sont des amis, d'autres ne m'apprécient guère... Ma réputation de séducteur n'a jamais été un problème pour attirer les femmes...

  L'histoire se passe pendant les années 70. A l'époque je donnais des cours au club de tennis huppé du coin et m'arrangeai toujours pour dispenser mes leçons particulières à de jolies élèves novices...
Toutes les semaines c'était la nouba avec une nouvelle.

 Mais voilà, elle est arrivée, cette superbe blonde plantureuse dans son tailleur très mondain, ses bas noirs et ses talons hauts, son petit sac à main et ses airs de coquine un peu hautaine...

 Les semaines et les mois passaient, j'affichais clairement mon attirance pour elle. De chat, j'étais devenu souris. De cours en leçons, de restaurants en boites de nuits, les étapes pour approcher cette splendeur étaient dures à franchir, mais je finis par gravir les marches qui mènent à son lit. Une nuit comme ça, aussi torride, d'une telle intensité, tous en on rêvé; peu l'ont vécue. C'était comme coucher avec la femme du diable.

  J'étais amoureux, amoureux fou. Quand elle n'était pas là, la vie me semblait terne. Plus nos rendez-vous galants s'espaçaient, plus je dépérissais...
Un jour elle vint au club dans sa courte jupette blanche, chaussée de ses tennis de la même couleur qui lui allaient si bien, mais elle ne prit pas cette leçon avec moi... Se laissant peloter par les mains sales et calleuses d'un autre professeur qui se permettait même de l'embrasser dans le cou en la faisant rire... Je rageais de la voir ainsi m'ignorer et se moquer de moi de la sorte...
 Je décidai alors de la suivre discrètement, je ne sais pourquoi, dans quel but... Peut être pour pouvoir lui parler, comprendre; peut être pour pouvoir l'embrasser encore et la prendre de cette fougue qui me brûlait les entrailles...

  Sans quoi que ce soit qui puisse laisser entrevoir ma filature, après environ une heure de route, son taxi la déposa à l'entrée d'une splendide demeure entourée d'un mur en pierres masquant un vaste terrain verdoyant. Je m'introduisis donc à pied dans la propriété en marchant le long du chemin de graviers pour découvrir le manoir... Personne aux alentours pour m'empêcher de lorgner par les fenêtres à la recherche de celle que je convoitais..
  Une, deux, rien, pas un bruit, pas un mouvement à l'intérieur quand soudain approchant de la troisième qui était ouverte, une voix de femme s'échappa. Je n'ai pu comprendre ce qu'elle disait mais ce n'était pas elle, ce n'était pas celle qui savait si bien extraire ce venin qui est en moi...
  Je glissais un œil en coin afin de discerner ce qui se passait... Horreur, mon amour, elle était là, nue, à genoux, prostrée devant cette femme lubrique en tenue de cuir noir. Elle tenait une cravache et cinglait ce corps d'une blancheur angélique devenu zébré de rouge... J'étais figé, témoin de la scène, prisonnier de mon dégout. Elle venait de perdre toute sa flamboyance.

-"Répète, répète après moi ! Répète la promesse que tu as faite... Jamais,...jamais je ne tomberai en l'état amoureux"
-"Jamais je ne tomberai en l'état amoureux" répéta-t-elle d'un ton franc et solennel ne laissant aucun doute sur le fait qu'elle croyait à ce qu'elle disait...

  Assise dans un luxueux fauteuil en cuir rouge, augmentant son excitation en fustigeant le cul rebondi et laiteux, ferme et charnu, la maitresse lui demanda de la faire jouir en la léchant. Elle s'exécuta sans attendre que les coups se fussent plus violents, prodiguant tout son savoir à lui appliquer cette caresse buccale.
 A la vue de cette scène, le mal (mâle?) qui est en moi ne se fit pas prier pour refaire surface, reprendre cette douleur lancinante entre mes cuisses. Je bandais,oui, je bandais... Si fort que j'aurai pu en mourir.
Dans des spasmes saccadés, celle qui menait la danse ne tarda pas à prendre son plaisir maintenant la tête de sa soumise bien plaquée sur son sexe...

-"Vas t'en, allez, je ne veux plus te voir pour ce soir, rentre chez toi... Mais répète le encore une fois." La poussant en arrière de sa cuissarde noire magnifique.
-"Je ne tomberai pas en l'état amoureux", en écho à cet ordre.
Elle se tourna toujours à quatre pattes et quitta la pièce, quelques secondes plus tard la voiture du chauffeur de Madame la raccompagnait...

-"Ça t'a plu, voyeur?... Ah Ah Ah" d'une voix moqueuse à souhait
Elle savait. Elle m'avait vu et me narguait maintenant?
  Ma rage et mon sang ne firent qu'un tour, je bondis dans la pièce, enivré par l'excitation et la colère.
Elle me l'avait enlevée, usant de quelques artifices maléfiques afin de la faire plier, de pervertir le fruit de ma concupiscence.
 Il fallait qu'elle paye par là où j'avais souffert.
De mes mains viriles et puissantes je lui ai déchiré son costume de cuir et l'ai prise sans autre mot, forçant le passage à grand coup de gifles et d'insultes, lui arrachant des cris à peine couverts par les râles de ma folie et de ma victoire...

  Lorsque je repris mes esprits, après lui avoir rempli son orifice de mes pulsions, de mon foutre vengeur, je la vis, gisant à mes pieds, inerte, les cuisses ruisselantes. Je l'avais étranglée, ou peut être brisé la nuque; je ne sais.
J'ai fuis, je suis parti, abandonnant ce corps à son funeste sort.
Disparaissant dans le jardin afin de rejoindre au plus vite mon auto, m'éloigner pour oublier.

  Je ne l'ai plus revue, jamais je ne revins au club, la peur d'être pris, la peur de croiser son regard... leur regard... Je vécu jusqu'à aujourd'hui comme un animal traqué, fuyant la civilisation autant que possible, ne voulant pas finir mes jours cloitré dans une geôle. Mais ils m'ont pris, dormant dans la chambre d'un motel miteux sur le bord d'une nationale sous une pluie battante.
 La loi des hommes m'a jugé coupable.

  Je vous raconte ça aujourd'hui pour que tous sachent que ce n'est pas ma faute.
Je vous le raconte avant qu'il ne soit trop tard, essayant vainement de sauver mon âme.
Trop longtemps à vivre avec ce péché, victime de ma bestialité.
  Je vous le raconte pour que vous me pardonniez avant mon souffle final.
Je vous le raconte comme un fou dans son ultime repentir.
Demain je ne serai plus, au diable je payerai mon due.

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