Rivaje

corwin-clerc

extrait des Parfums de l'absence

Je te crie cette nuit une dernière lettre
L'ancre pèse juste avant de ne plus être
Dans un de ces rares et sombres moments où
Même le silence troublant devient flou.

Gratter toujours des mots sur du papier

Qui ne sembleront qu'à toi sensés
Et sombrent peu avant que j'aille me noyer
Sur une étrange île en l'amer de mes pensées.

L'écume profonde d'où naîtra ma Vénus
Chavire à nouveau mon radeau blême anathème
Cet instant damné où je prie pour que je n'eusse
Ces sons de sang mêlés de haines et de peines.

Il ne reste plus à mon temps qu'une seconde
Avant ce noir éclair où vite je succombe
Dans la plus belle et la plus morte désespérance
Lorsque le vent trop lourd me noie de ton absence.

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