Samedi j'ai supermarketé grave

Eric Varon

poème

Samedi j'ai supermarketé grave
Pour dépenser ma thune
Hors, c'était jour de pleine lune
Les plus beaux chants ne sont qu'un faible écho
Des harmonies du voyageur secoué dans le métro
La beauté, absolue, libre des apparences,
Parade pour soi seule en sa pure absence
Ravissement des publicités mystérieuses,
Les photos d'océan me font tanguer la mémoire
Des plages aux vagues singulières,
Les vitres reflètent un visage précieux,
Et les belles peignent leurs longs cheveux
Admettons que tu aies résolu l'énigme de la création,
Avant de descendre à la prochaine station
Admettons ....
Le vigile à l'entrée du supermarché
M'a cadenassé
Mon sac à dos
Que j'avais déjà ado
Avec un curieux bracelet de plastique bleu incassable
Je lui ai dit :
Un univers mental comme le nôtre qui ne sait plus saisir la poésie
Comme l'épicentre même de la chair du monde
Suppose une forme de l'existence
Totalement dégénéré car plus personne
Ne sait ce qu'est la poésie, ni ce qu'est la politique,
Ni de quelle démesure il faut alimenter les rêves pour créer une Illiade
Du sens essentiel
Du réel
Alors il s'est gratté la tête et il a dit : "c'est pas de ma faute
C'est le nouveau directeur qui nous met se fil à la patte"

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