SELF-DÉFENSE

Doris Dumabin

Extrait de la nouvelle du recueil Zestes de Plaisirs… www.facebook.com/dorisdumabin
NB
> : Lors des dialogues indique que le personnage précédent reprend la parole…


- Le médecin conseille la reprise d'une activité physique. Il demande à ce qu'elle fasse un sport énergique, aussi nous avons pensé que prendre des cours de self-défense serait idéal pour elle…

La femme interrompit son mari.

- Après ce que notre nièce a subi, il faut qu'elle apprenne à se défendre.

Dean se demandait s'ils allaient continuer encore longtemps à parler d'elle alors que la jeune fille en question se trouvait dans la même pièce.

- Vous savez ce qui lui est arrivé ? On ne parlait que de cela dans la presse.

Dean ne pouvait évidemment pas être passé à côté, et quand bien même, depuis qu'il avait accepté ce cas, tous ses amis ne lui parlaient que d'elle.

- J'aurai besoin de consulter son dossier médical afin d'évaluer plus précisément les séquelles à prendre en compte, demanda-t-il tout de même.

Entre la fiction et la réalité, la marge était parfois très éloignée.

- Son petit ami l'a battue et quand il s'est rendu compte de ce qu'il avait fait, il a eu peur et a jeté son corps par la fenêtre, précisa la femme, comme pour divulguer un ragot croustillant à l'heure du thé.

Dean se demanda si vraiment il était le seul à voir Sacha Connor misérablement recroquevillée à leurs côtés.

- Son ex petit ami, ma chérie, renchérit l'oncle. Et je tiens à signaler que la fenêtre était fermée et que son appartement se situait au troisième étage. Évidemment personne n'a cru à une défenestration volontaire et Sacha a pu, à son réveil, six mois plus tard, le désigner formellement comme l'auteur des faits. Il est en prison pour un bon bout de temps.

- Au niveau médical, reprit Dean. Y-a-t-il une information, pertinente, que je sois en droit de savoir ? Suit-elle toujours un programme de rééducation ?

Dean crut voir une esquisse de sourire sur les lèvres de cette Sacha, qui semblait plus morte que vive. Un mouvement furtif, qui disparut aussi vite qu'il était apparu. Intrigué, il écourta donc l'entretien en leur demandant de revenir la déposer le lendemain avec les documents promis. Il insista sur le fait qu'il devait travailler seul avec elle, avant même une objection de leur part. Il ouvrit la porte de son bureau et laissa le couple passer. Pendant qu'il leur serrait la main, il s'excusa.

- Mais pourquoi ? demanda la femme.

Dean sourit et leur claqua la porte au nez. Il verrouilla avant qu'ils ne puissent réagir et se retourna face à cette Sacha.

- Alors Mademoiselle Connor, à nous deux. Pourquoi êtes-vous ici ? J'aimerais avoir le plaisir d'entendre votre voix.

Pour toute réponse elle chancela et l'observa avec une certaine crainte dans le regard.

- Laissez-moi sortir ! ordonna-t-elle vivement.

Dean leva un sourcil. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle ait peur de lui.

- Vous n'avez pas confiance en moi ?

- Je… enfin… juste, laissez la porte ouverte.

Dean croisa les bras sur sa poitrine musclée et la jaugea du regard. Elle avait esquivé sa question pour la seconde fois.

- Non, affirma-t-il calmement.

Il s'avança vers elle et l'empoigna rudement pour la plaquer sur son bureau. Il emprisonna ses deux mains avec cinq de ses doigts et les cinq autres encerclèrent sa gorge. Elle chercha faiblement à se débattre mais en réalité elle était paralysée de peur. Il se pencha pour lire dans son regard. Elle possédait des yeux magnifiques. Ils auraient pu sembler d'un banal brun de prime abord mais en regardant d'aussi près, il se rendit compte qu'ils étaient d'un vert profond joliment frangés de cils roux qui les rendaient d'autant plus singuliers. Ses joues saupoudrées de minuscules tâches de rousseurs la faisaient ressembler à une petite fille. Elle avait l'air si fragile comme cela, complètement à sa merci. Une part de lui s'emplit d'empathie et l'autre part de colère pure. Il se demandait comment un abruti avait pu vouloir blesser une femme aussi douce, aussi jolie. Elle n'était que l'ombre d'elle-même désormais à cause de lui, mais il décelait aisément, sous ses cicatrices et dans son corps brisé, la femme qu'elle avait dû être avant l'accident. C'est ce genre d'injustices qu'il réparait avec ses élèves. "Dean Anderson Self-Défense", cela sonnait pompeux même après dix ans, mais son métier c'était justement cela : éviter que des femmes aussi douces restent vulnérables. Il en avait vu passer beaucoup comme elle, d'anciennes femmes battues, des abandonnées, brisées, violées ou simplement des femmes prévoyantes, mais cette Sacha le toucha beaucoup plus que les autres.

> Écoute moi bien. Je t'annonce que les filles comme toi qui cherchent ce qui leur arrive ne m'intéressent pas. Je n'ai pas de temps à perdre à materner des enfants gâtés. C'est la dernière fois que tu vas te laisser faire ou sinon tu vas faire ça ailleurs. Tu as vingt cinq ans, que tonton et tatie viennent me raconter ta vie alors que tu es là, je n'en veux plus. Que tu te laisses enfermer seule dans une pièce avec un inconnu c'est la dernière fois... 

Sacha cligna des yeux, ne saisissant visiblement pas les implications de ses paroles.

> Tu aurais pu me frapper, me blesser et au lieu de ça, tu pleurniches comme une gosse à qui on a enlevé sa sucette. Regarde-toi, tu trembles comme une feuille. Si tu prends la décision de travailler, avec moi, il va falloir t'engager, avec moi. Compris ?

Sacha sembla reprendre son souffle et se calmer.

> C'est bien ma belle, perdre son sang-froid ne sert à rien. Tu n'es pas vierge n'est-ce pas ?

Sacha ouvrit de grands yeux.

> Tu sais que le sexe d'un homme peut prendre différents états, pas seulement le fier guerrier long et dur qui donne du plaisir aux femmes… tu sais qu'au repos cette chose rabougrie est fragile non ?

Et miracle, Sacha se mit à sourire. Dean qui ne s'attendait pas à cette réaction ne savait plus comment il avait eu l'intention de finir sa phrase. Son sourire discret était presque insignifiant et pourtant il décela une pointe de malice sous-jacente.

> Frappe moi.

Sacha fronça les sourcils.

> Tu lances ton genou entre mes jambes de toutes tes forces. Maintenant !

Hurler ce dernier mot, l'avait fait sursauter et du coup… agir. Évidemment il avait eu tout le temps d'esquiver, mais elle avait enfin réagi.

> C'est bien, jugea-t-il.

Il se redressa et l'aida à se relever de la table.

> À partir de demain, Sacha Connor, vous allez prendre votre vie en main et je vais vous y aider. On va commencer par de la musculation et y intégrer petit à petit des gestes de self défense. Vous allez en reproduire tellement que dans un mois ils vous paraitront instinctifs.

Sacha acquiesça malgré ses doutes. Il déverrouilla la porte mais garda la main sur la poignée sans l'ouvrir.

> Et faites-moi le plaisir de virer ces deux-là, murmura-t-il en faisant un signe de tête vers la sortie. Si vous ne pouvez pas vivre seule, prenez un chien, mais plus vite vous reprendrez votre vie en main, plus vite vous irez mieux.

Sacha lui sourit encore. Il se demanda, en lui ouvrant la porte, comment il pouvait trouver un visage aussi couturé de cicatrices… joli ?

 

Un mois plus tard, Sacha se sentait mieux dans sa peau. Une peau qu'elle ne reconnaissait toujours pas dans un miroir mais elle apprenait à faire avec. Dean ne l'avait pas ménagée les premiers jours, il l'avait rabaissée, insultée parfois. Il la bousculait dans les couloirs, la faisait durement chuter sur le tatami d'entraînement. Il était le seul à ne pas la considérer comme une petite chose fragile qui s'était fait fracasser par un méchant malade… et finalement cela faisait du bien. Elle avait voulu abandonner plusieurs fois, mais il était venu la chercher directement chez elle. Il n'avait pas écouté ses jérémiades, il lui avait dit que pour la peine, ils iraient à la salle d'entraînement en jogging. Quatre kilomètres alors qu'elle boitait encore. Les médecins n'avaient pas donné de contre-indication à la course comme il le disait souvent et donc elle courait. À son rythme, mais il ne la laissait pas s'arrêter. Pas  de contre-indication non plus pour la boxe, alors elle boxait également, des sacs de frappes aussi grands qu'elle. Aucune indication particulière contre la lutte, alors elle luttait, contre des adversaires bien plus grands et plus forts qu'elle. En gros, elle suait. Elle avait toujours cru ne pas pouvoir réaliser d'entraînements aussi intenses, ne pas être capable physiquement d'encaisser mais Dean avait vu au-delà de la frêle jeune femme qu'elle était auparavant. Il n'avait accordé aucun crédit à ses lamentations. Il ne prenait pas en compte sa douleur physique, lui répétant sans cesse que si elle voulait cesser d'avoir mal, elle n'avait qu'à parer ses attaques. Elle s'était découragée, avait pleuré, s'était mise en colère… et ensuite, petit à petit, elle avait rendu les coups. Il avait fallu qu'elle en arrive à ressentir de la colère pour reprendre confiance en elle.

- Laisse sortir ta colère. Tu n'es pas faible. C'est toi qui décides. C'est toi qui as la main... C'est bien, comme ça... Plus fort ! Plus fort ! Bien. Maintenant on va faire un exercice ensemble.

Sacha eut envie de faire la grimace. Dean allait encore la jeter durement au tapis et elle aurait encore des bleus partout. Une peau de rousse bronzait difficilement mais marquait très facilement. D'ailleurs, au début, elle pensait qu'il faisait exprès de la faire rougir. Il voulait l'endurcir et parler crûment avait, semble-t-il, vocation à l'y aider.

Dean se plaça face à elle, bras levés, jambes fléchies, regard concentré, il prenait toujours soin de paraître sérieux et déterminé en toute circonstance. Il le lui avait dit, il était là pour l'entraîner. Il s'élança donc en avant pour lui immobiliser les jambes et la mettre à terre. Sacha esquiva d'un pas sur le côté, Dean qui venait de lui saisir le mollet gauche reçut ses deux poings simultanément en plein visage. Il lâcha prise aussitôt avant de rouler sur lui-même pour prévenir une autre attaque. Sans reprendre son souffle, il tenta de lui encercler le cou. Là encore, elle para aisément son avancée en repoussant violemment ses bras et en reculant vivement. 

Deux minutes plus tard, Sacha se sentait épuisée. Elle transpirait. Son coach continuait à l'encourager et à puiser dans ses réserves. 

- Tu sais Sacha... Il y a une chose... que je ne t'ai pas enseignée... qu'il va tout de même falloir... intégrer. Quand tu te bats... contre plus fort que toi... le plus important... au bout d'un moment... c'est de s'enfuir.

Sacha marqua un temps d'arrêt, interloquée qu'il lui propose cette possibilité, puis feinta pour courir vers la porte. Une fois arrivée au fond de la salle, elle se tourna vers lui et lui tira la langue. Dean ne put s'empêcher de sourire à son effronterie. Il voulait garder de la distance avec elle, comme avec ses autres élèves. Il n'avait aucun mal à enseigner en contact rapproché avec des hommes ou des femmes, mais avec Sacha, il sentait son sang courir plus vite dans ses veines. Il s'ébroua mentalement, avant de se dire que son attitude était ridicule. Il se sentait bien dans la peau d'un célibataire, il pouvait passer la nuit avec toutes les femmes qu'il voulait. Son seul credo consistait à ne pas les choisir à son boulot. Ne pas entretenir de relation avec une cliente... sauf si évidemment elles insistaient beaucoup et que leur entraînement était terminé. À part cela, il pouvait coucher avec toutes les plus belles créatures du monde. Alors pourquoi désirer la moins désirable d'entre elle ? Enfin, il exagérait, vu qu'il percevait son charme malgré ses marques. Nul besoin de voir des photos d'avant, il décelait parfaitement la douceur de son visage. Les zébrures blanches qui modifiaient le dessin de ses taches de rousseur n'arrivaient pas à enlever cette impression de candeur. Elle était loin d'être repoussante. Elle marchait dans la rue sans faire sursauter les passants. Ils devaient penser à un visage irrégulier dû à l'acné. Par contre, il voyait le questionnement dans les yeux de ceux qui lui parlaient de près. Au départ, elle avait refusé de procéder à des opérations de chirurgie esthétique, malgré l'insistance de son oncle et de sa tante, ses seuls parents encore en vie. Depuis, ils en avaient parlé autour d'un verre. Il lui avait expliqué qu'elle n'avait pas besoin d'exposer sa douleur interne pour se la rappeler ou pour se punir. Et désormais, elle y pensait sérieusement. Elle habitait à nouveau seule, même si elle avait adopté deux chiens. Elle avait donc tout le temps de réfléchir calmement à la suite des événements. En tant que riche héritière, elle n'avait pas besoin de chercher du travail mais elle voulait trouver une activité qui puisse l'occuper. Dean lui avait aussi demandé si elle pensait reprendre une relation amoureuse. Son diaphragme s'était contracté en la voyant rougir. Il avait souri, l'air de rien, mais il s'était lui aussi senti au bord de réagir comme elle. En effet, sa question pouvait porter à confusion. Elle avait répondu qu'elle aurait du mal à faire de nouveau confiance à quelqu'un et qu'elle verrait en temps voulu.

 

- Écoute, ma belle, tu vas attraper mon bras, passer en dessous... Très bien...

Tout en parlant, il lui montrait le mouvement à effectuer.

> …et bloquer ma jambe comme ça, puis tirer en même temps. Normalement, si tu y arrives, je dois me retrouver à terre. Tu peux réaliser ce mouvement avec n'importe qui, quelle que soit sa corpulence. On essaie ?

Sacha essaya plusieurs fois sans réussir à l'ébranler. Ils répétèrent l'exercice si longtemps que la nuit tomba.

- Il est 20h Dean, je suis épuisée. Je te promets d'y arriver mieux demain mais...

Dean se redressa. Il transpirait à peine et conservait une respiration fluide alors que la sienne était hachée.

- Bon ok, tu as raison. De toute façon, tu as bien travaillé. Ça fait six mois maintenant et je pense que tu es prête à voler de tes propres ailes.

Sacha baissa les bras, déconcertée par sa conclusion impromptue… Au vu de son effarement, Dean lui proposa aussitôt de tenter l'exercice encore une fois. Une façon de changer de sujet bien sûr, d'éviter la confrontation ou une série d'explications maladroites. Sacha était encore trop perturbée par cette nouvelle pour faire remarquer qu'elle n'était pas dupe. Elle ressentait l'injustice de la situation exactement comme si ces six mois n'avaient pas existé et qu'il n'avait jamais voulu l'aider. Emplie de rage, elle lui prit le bras en hurlant et lança sa jambe dans le même mouvement. À sa grande surprise, il tomba lourdement au sol. Incroyable. Même en revoyant la scène, il ne pouvait que conclure qu'elle avait parfaitement mis en pratique ses conseils. Elle avait réussi et apparemment, il n'était pas le seul à en être étonné car elle sautillait en faisant des gestes significatifs avec les bras. Il sourit. Sa bonne humeur l'enchanta. Pourtant sa poitrine se retrouva bizarrement comprimée. Il ressentait des difficultés à respirer. Il se sentait haletant. Un malaise si fort l'étreignait qu'il pouvait à peine bouger. Il restait donc allongé au sol dans la même position, encore éberlué par la situation. Elle avait raison d'être heureuse d'avoir réussi, sauf qu'elle se trouvait à califourchon sur lui et que ses mouvements de joie avaient tout de suite réveillé une partie généralement inerte à quelques centimètres de ses fesses. Elle ne pouvait pas prendre conscience de ce qui se passait. D'ailleurs ce n'était pas de sa faute. Il ne savait pas pourquoi il se sentait soudain si excité par ce petit bout de femme. Le fait qu'elle soit si joyeuse et pétillante y était-il pour quelque chose ? Il avait envie de la retourner sous lui et de lui enlever ce collant noir pour se glisser entre ses cuisses. Il se demandait si par un effort de pensée, il pouvait revenir à un état normal sans qu'elle ne s'en rende compte sauf qu'elle finit par poser les yeux sur lui. Elle dut lire cette flamme de désir dans son regard car elle cessa aussitôt de sourire. Elle baissa les yeux sur son torse jusqu'à la jonction de leurs deux corps et les releva très vite sur son visage.

- Pardon, je suis désolée, bafouilla-t-elle.

Elle voulut se relever mais pour cela elle dut poser les mains de part et d'autre de son corps ce qui la fit se pencher en avant. Dean avait fait le même mouvement pour la rassurer. Ils se retrouvèrent proches l'un de l'autre. Sacha inspira un grand coup. Elle avait dû sentir son sexe contre ses fesses car lui, la sentait agréablement peser sur lui. Dean posa les mains sur ses cuisses. Pourquoi ? Bonne question. De toute façon rien n'était plus raisonnable car il avait envie de l'embrasser. Folie ! Il déglutit en fixant ses lèvres. Des lèvres fines, petites et sans charme particulier mais son besoin de les prendre entre les siennes se fit obsessionnel. Il ne se rappelait pas la dernière fois qu'il avait ressenti autant de désir pour quelqu'un. 

> Dean, souffla-t-elle.

Il trouva la façon de prononcer son nom totalement érotique. Il hésita entre répondre que tout allait bien, même si ce n'était pas le cas, et son envie déraisonnable de posséder sa bouche. Mais elle se releva. Elle n'osait pas lever les yeux sur lui et rougissait comme une petite fille. Il trouva cela charmant. Il se redressa à son tour.

- Tout va bien Sacha, ce n'est rien... Je...

Mais il la vit relever vivement les yeux et devenir rouge jusqu'au cou. Il baissa la tête comprenant la raison de son émoi. Son bas-ventre se tendait vers elle. Son bas de jogging ne cachait rien de ses pensées les plus coupables. Il croisa les mains sur le devant de son corps. Il se sentit aussi mal à l'aise qu'elle. Une sensation nouvelle pour lui. Il n'avait pas honte de cette particularité masculine. En général, il aimait montrer à une femme qu'elle lui plaisait. Bizarrement avec Sacha il trouva cela déplacé. Il n'avait justement pas envie qu'elle pense qu'il la désirait. D'ailleurs il ne la désirait pas. Cette réaction de son corps était incompréhensible.

...


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