SURFER D'ARGENT

mad-c



SURFER D’ARGENT

Dans l’univers je voyage sans bagages

Sur ma planche argentée à travers les galaxies agitées

J’ai cotoyé tant de langages, vu tellement d’images,

Que tout ce qui s’est érigé, dans mon esprit je l’ai figé,

Pour ne jamais oublier.

Je suis le chercheur de rimes,

Le Surfer d’Argent,

L’explorateur d’abymes,

A la recherche du diamant,

Mon testament que ces paroles qui volent dans le néant…

Dans cent vies de soixante de tes ans levant les yeux au ciel tu acceuilleras ce chant,

Ne sachant pas ce qu’il renferme,

Tu écouteras attentivement le scénario enregistré par mes rétines,

Et au récit des origines se dressera ton épiderme…

Car j’ai vu la crétion assurer au créateur un rôle d’acteur,

J’ai vu les couleurs habiller le Noir et le Blanc du Premier Temps.

D’abord inexistant j’ai vu ce Temps se réveiller dans une tempête d’étoile,

Se lever sans tomber puis avancer sans qu’aucune mi-temps ne soit jamais sifflée.

J’ai vu des civilisations soufflées en une nuit par les forces de la Nature,

Quand la veille elle persifflaient sur leur stature.

L’Homme est bien peu de choses face à la Nature…

Et si ses villes sont des blocs de granit, elles restent fragiles comme le futur.

J’ai vu les mystérieuses cités d’or,

Dans l’or des cités dormir puis en sursaut se réveiller,

J’ai vu le feu veiller sur leur sommeil,

D’une étincelle des Hommes devenir Soleil ;

Sous l’œil du ciel et de ses astres

J’ai vu gloires et désastres se lier d’amité,

Se jurer fidélité, caresser les créatures les plus frêles,

Mais aussi les femmes les plus belles…

Quelle vaste étendue que le néant…

Combien de trésor j’ai découverts dans mon errance…

Seul malheureusement …

Alors je rédige ces souvenirs pour combler l’absence,

Et faire de l’errance un pas de danse.

Car tout spectacle n’est pas beau à voir

Comme ces regards envieux dressés à mon passage,

Tandis que les effrayés me voient comme un mauvais présage.

Seulement différent couleur argent, je suis pourtant comme eux,

Désargenté autant que déraciné

Je comprends la Peur, l’envie d’un monde meilleur,

La douleur de la faim, de la quête sans fin, enfin, de la fatalité.

Des pays affamés, assoifés, des Hommes en tous lieux capables de s’adapter.

La misère est humaine, pas naturelle,

Pour en sortir j’en ai vu tuer pour elle.

J’en ai sentis tirer sur mes ailes, pensant que ma peau serait un talisman.

Mes oreilles ont sifflées quand me couchant à terre les yeux remplis de poussière les cris persistants des carabines en guerre fêtaient l’enfer,

J’ai vu tout ce que l’Homme est capable de faire,

J’ai vu tout ce que l’Homme est capable de laisser faire…

Sur ma planche argentée je suis le seul maître à bord,

Mais seul aussi dans ce dehors.

Seul face aux regards avides,

Voilà pourquoi sur ma planche argentée je voyage à vide.

Mon testament que ces paroles qui volent dans le néant.

Dans cent vies de soixante de tes ans,

Tu auras vécu, entendu ce que l’éternité m’aura donné à voir…

Et toi, de ce bref instant, tu comprendras que ton court temps vaut autant de savoir

Que mon existence étendue depuis l’origine des sens.

Je suis le chercheur de rimes,

Le Surfer d’Argent,

L’explorateur d’abymes,

Sans cesse à la recherche du Diamant.

MF CROM

Mad Finger’s Day

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