Un amour presque parfait

sasasososisi

Dans cette histoire, je vais vous raconter une partie de ma vie avec l'homme que j'ai aimé et que j'aime et aimerai toujours. Moi, Caroline V., j'avais une vie normale jusqu'à ce que je le rencontre.

L'amour éternel

L'histoire que je vais raconter est pour moi la plus belle histoire de toute ma vie. Et pourtant elle n'est pas toute rose et est loin d'être parfaite. Mais quand on se retrouve avec l'homme qu'on a aimé, qu'on aime et qu'on aimera toute notre vie, on ne peut que la trouver belle. J'avais 16 ans quand je l'ai rencontré et que je suis tombée amoureuse au premier regard. Je ne pensais pas que ca existait et pourtant ca m'a frappée en plein visage. Cet homme je lui donnerai toute ma vie et je suis fière et honorée qu'il soit le père de mes enfants après tant d'années. Parce que notre histoire est loin d'avoir été facile et si vous voulez savoir de quoi il s'agit, je vous laisse avec la suite de l'histoire. 

Encore une fois cette histoire est 100% vraie de A à Z


PS: N'hésitez pas à la lire, c'est une histoire vraie qui me tient à cœur c'est pour ça que j'ai ressenti le besoin d'en écrire une histoire. Tout ce que j'écris vient du cœur et surtout est vrai. Et puis à donner des avis. C'est l'histoire de toute une vie et j'aimerai beaucoup échanger avec des gens autour de cette histoire et surtout de l'amour. Mon point de vue a radicalement changé depuis ce que j'ai vécu donc si ça peut aider quelqu'un pourquoi pas. J'avais juste besoin de l'écrire et d'en quelque sorte me confier.

Aujourd'hui j'ai vingt-sept ans mais laissez-moi vous remettre dans le contexte. Comme je l'ai dit précédemment j'avais seize ans et je me dois de vous expliquer le coup de foudre.

Déjà je me présente, je m'appelle Caroline et je suis la cadette d'une fratrie composée de Mathieu avec lequel j'ai deux ans d'écart et Evan qui lui est mon aîné de quatre ans. Ce sont mes deux frères et je les aime d'amour. Le seul qui sera cité souvent c'est Mathieu parce que c'est la raison pour laquelle on s'est rencontrés Kevin et moi et qu'on s'est fréquentés jusqu'à s'aimer profondément.

Je suis sûre que vous attendez tous que je vous parle un peu plus de LUI.

Alors je m'y mets tout de suite, il s'appelle Kevin, c'était le meilleur ami de mon frère, son bras droit, son acolyte. Mon frère ne faisait rien sans lui et c'est pour ça que j'ai été amenée à le voir plus souvent qu'Evan.

La première fois que je l'ai vu c'était le 15 octobre 2008, et oui cet homme m'a tellement marquée que je me souviens encore de la date exacte. Mathieu l'avait invité à dîner chez nous. Et je ne sais pas si c'est une coïncidence ou pas mais c'est moi qui ai été amenée à lui ouvrir la porte. Dès que je l'ai vu, je ne sais par quel sentiment, j'ai su que c'était lui. Après cette soirée, j'ai pas arrêté de penser à lui et à rêver de lui. Je faisais tout pour le voir au lycée car, heureusement pour moi, on fréquentait le même et je pouvais le voir tous les jours. Lui était donc en terminale et moi en troisième. Je ne vivais que pour lui, je ne comprenais pas ce sentiment, j'étais quand même jeune mais comme on dit l'amour n'a pas d'âge et c'est bien vrai!

Je l'ai aimé sans jamais pouvoir l'approcher, je ne le voyais que de loin et les seuls mots qu'on échangeait étaient salut et au revoir quand on se voyait. Je ne savais pas comment faire et je ne voulais pas l'approcher parce que je ne savais pas comment mon frère réagirait. Et à mon avis lui aussi ne savait pas trop quoi faire. Et malheureusement pendant l'été, mon frère s'est fait prendre une bonne fois pour toute par la police pour trafic de drogue. J'étais anéantie, au bout de ma vie. J'avais besoin de mon frère Mathieu, faute de ne pas beaucoup voir Evan puisqu'il habite à l'étranger. Je lui en voulais terriblement de s'être mis bêtement dans cette situation et de ne pas avoir pensé à moi et aux conséquences de cette connerie.

Au début, je ne suis jamais allée le voir en prison, c'est pas que je ne voulais pas mais je ne pouvais pas et ma mère non plus d'ailleurs. Alors c'était Kevin qui nous informait de son état et de sa situation.

Deux jours avant la rentrée, le 31 août 2009, Kevin est venu me voir pour m'annoncer qu'il veillerait sur moi car il en avait fait la promesse à mon frère. J'étais aux anges, ça nous permettrait de nous rapprocher et d'apprendre à se connaître. Et c'est ce qu'il a fait, il m'emmenait et me récupérait du lycée, il m'aidait comme il pouvait dans mes devoirs, il m'emmenait au centre ville et était toujours là quand j'avais besoin de lui.

Puis le 12 février 2010, il m'annonce ce qui était pour moi la pire des nouvelles, il a décidé de se marier avec une autre. Il n'avait que dix-neuf ans mais se disait prêt et je ne pouvais que l'accompagner dans ce souhait même si intérieurement j'étais anéantie une nouvelle fois.

Le 24 avril de la même année, ils se dirent oui à l'église et j'étais présente. Sa femme s'appelait Céline, elle était belle et adorable, je n'arrivais même pas à la détester, on est même devenues amies.

Puis quelques jours après ce mariage, je me décide enfin à aller voir mon frère en prison. En lui parlant je me rends compte qu'il n'est pas près de sortir puisqu'un nouveau témoin est rentré dans l'affaire. Il en avait pour 5 ans de ce qu'il disait. J'étais au plus mal et j'ai évidemment tout raconté à Kevin qui lui aussi était mal pour son ami.

Je m'en souviendrai toute ma vie du 27 juin 2010, où mon frère a bel et bien été condamné à 5 ans de prison. Ce soir-là je suis rentrée chez moi en pleurs, comme si je n'avais pas déjà assez pleuré avec le mariage et l'emprisonnement.

Je suis restée chez moi pendant des semaines à pleurer et à me lamenter sur mon sort, je n'allais plus au lycée, je m'étais résignée à ne plus voir Kevin, ce qui était pour moi le plus dur.

Mais le jour de mon anniversaire, le 18 juillet, Kevin m'a fait la plus belle des surprises, il m'a offert deux billets d'avion pour la destination de mon choix avec la personne de mon choix. Il avait pensé à moi et ça m'a redonnée le goût à la vie. J'ai voyagé avec ma mère, faute de pouvoir avec lui. On est allées chez mon frère Evan à Los Angeles et j'ai vécu la meilleure semaine de ma vie et c'était grâce à lui.

Mes sentiments envers lui ont évidemment redoublé d'intensité et je ne voulais qu'une chose l'avoir près de moi jusqu'à la fin de mes jours, peu importe en ami ou en amoureux mais je voulais son beau sourire à mes côtés toute ma vie. Et j'étais décidée à le faire et à vrai dire j'avais tout mon temps puisque malheureusement j'ai abandonné le lycée. Je pouvais plus y aller, tout le monde me jugeait par rapport à mon frère et j'avais énormément de retard. Entre nous le lycée n'était pas fait pour moi et j'étais débarrassée de cette contrainte. Je voulais qu'une seule chose à présent et c'était mon Kevin pour moi toute seule. Ça allait être compliqué mais j'étais pas prête de lâcher.

On s'est vus de plus en plus souvent, on passait de nombreux après-midi ensemble à discuter, sortir et à profiter de la vie tous les deux. Ma joie de vivre renaîssait et je ne pouvais que l'en remercier. On vivait une vie paisible et on était tous heureux mais pour combien de temps ? Je n'étais pas certaine que ce bonheur allait durer mais je laissais faire le temps. J'allais voir Mathieu avec Kevin aussi souvent que je pouvais et j'étais heureuse de voir que ça allait pour lui. Mon frère est vraiment quelqu'un de bien, il a juste fréquenté les mauvaises personnes et voilà où ça l'a amené.

Enfin c'est pas bien grave, j'avais l'impression que c'était quand même un mal pour un bien, puisqu'il m'avait permis de passer plus de temps avec Kevin. Je sais c'est horrible de penser ça, de la part de sa petite soeur en plus, mais je ne pouvais m'empêcher de me dire que si jamais il se passait quelque chose entre moi et Kevin, ce serait grâce à toute cette histoire.

Nos vies se passaient tranquillement, il était toujours heureux de son mariage et moi je m'occupais comme je pouvais. Je travaillais dans un magasin de vêtements, c'était la mère de mon amie qui m'avait embauchée et je lui en suis reconnaîssante.

Quelques mois plus tard, Kevin m'invite pour la première fois chez lui, je trouvais ça bizarre mais évidemment que j'étais heureuse et tout excitée à l'idée d'y aller. Il m'avait donné rendez-vous à 20h disant que Céline ne serait pas là, ce qui était encore plus bizarre, pourquoi fallait-il que Céline ne soit pas là pour qu'il me voit chez lui. À vrai dire à ce moment-là je m'en fichais pas mal je voulais juste le voir.

À 20h pile, j'étais devant chez lui, je m'étais faite toute belle pour l'occasion, la totale. En venant m'ouvrir, son visage était refermé et il était tout pâle, je commençais à réellement m'inquiéter. Il me fait rentrer et on va s'asseoir sur le canapé. Directement, il vide son sac et m'explique que depuis que mon frère s'était fait arrêté, il s'était lancé dans les jeux d'argent et le poker plus particulièrement. Évidemment la suite était évidente, il s'était endetté à mort et n'avais pas de quoi payer. Il se sentait tellement mal et j'étais impuissante face à cette situation. Et pour la première fois depuis qu'on se connaît, je le prends dans mes bras et le serre fort comme si ma vie en dépendait.

Contre toute attente, il se rallie à l'étreinte et on reste silencieux dans cette position pendant de longues minutes. Et là cet événement, je m'en souviendrai toute ma vie, il se retire de mes bras, prend mon visage entre ses mains et colle ses lèvres aux miennes. Je réponds au baiser et celui-ci est passionné. On se sépare à bout de souffle et par je ne sais quelle confiance, je lui dis que j'attendais ça depuis tellement longtemps et que je l'aimais depuis la première fois qu'on s'est vus. Il m'a aussi avoué qu'il m'aimait mais qu'il n'osait pas à cause de mon frère. On échange un autre baiser puis je m'en vais.

Je pense à lui toute la nuit, je n'arrive pas à dormir et je me demande ce qui va se passer maintenant entre nous, est-ce que c'est le début d'une belle histoire ou simplement une aventure ? J'étais loin de la réalité à ce moment-là, j'étais aveuglé par l'amour comme on dit.

Mais il n'empêche qu'on se voyait encore plus souvent qu'on échangeait de plus en plus souvent de messages, de mots doux et je me sentais prête à le faire avec lui.

Et le 25 avril 2011, s'est passée notre première fois que j'attendais tellement avec impatience. Cette nuit était juste magique, une nuit d'amour et de tendresse. C'était l'homme de ma vie et j'en étais certaine après cette nuit. Mais malheureusement lui n'en était pas si certain.

Le lendemain je me réveille, j'étais chez lui puisque Céline était en voyage d'affaires avec une amie. Je me sentais mal pour elle bien sûr mais je ne pouvais pas me priver de mon Kevin. Mais j'allais être obligée à le faire.

La journée passe et j'ai aucune nouvelle de Kevin, j'arrête pas de l'appeler et de lui envoyer des messages mais aucune nouvelle. Plusieurs jours passent, je vais voir mon frère et lui-même me demande où est Kevin et pourquoi il ne vient plus. J'en peux plus d'attendre, j'ai besoin de nouvelles.

Je m'inquiétais énormément pour lui et je savais pas quoi faire. J'ai alors décidé d'aller voir sa femme, c'était la seule personne à qui je n'avais pas demandé et qui pouvait savoir. Le soir j'y suis allée et elle s'est confiée à moi, elle m'a dit qu'en rentrant de son voyage, Kevin n'était plus à la maison et ses affaires non plus. Plus tard elle avait reçu un appel de son avocat qui lui disait que Kevin avait demandé le divorce. Elle a, tout comme moi, essayé d'appeler Kevin mais rien comme s'il avait disparu. Je ne savais vraiment plus quoi faire, il était sorti de ma vie trop rapidement et je ne pouvais pas l'accepter, j'avais besoin d'explications mais personne ne pouvait m'en donner.

J'étais, encore une fois, anéantie comme si les autres fois n'avaient pas suffit. Maintenant je n'avais plus personne à mes côtés, j'avais l'impression qu'il s'était foutu de moi et que ce n'était qu'une mascarade. Il s'était servi de moi et pourtant je n'arrivais pas à lui en vouloir. Je ne saurais expliquer mon ressenti et ma situation. Au début je n'ai pas abandonné, j'ai cherché encore et encore, et fais appel à tous ses amis mais rien. Rien du tout. Il s'était volatilisé et ne m'avait laissée que mes yeux pour pleurer. Je ne pouvais plus rien faire, je me sentais impuissante et si seule.

Mais comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, quelques semaines après cette découverte, j'ai appris que j'étais enceinte. Il ne manquait plus que ça, un enfant qui me rappellerait en permanence l'abandon de son père. Mais je ne pouvais pas le laisser tomber lui aussi, je voulais que mon enfant vive même si je n'avais que dix-huit ans et personne à mes côtés à part ma mère. Je ne savais plus quoi faire, il y a une seule chose dont j'étais sûre, c'est que je l'aimais toujours.

Qu'allait-il se passer maintenant? Qu'est-ce que j'allais devenir maintenant que Kevin était parti et m'avait laissé un enfant sur le dos? Où allais-je vivre? Comment allais-je l'annoncer à ma mère mais surtout à mon frère?

Je n'avais de réponse à aucune de ces questions et j'avais surtout personne pour m'aider.

Je savais qu'il allait falloir que je compte que sur moi-même et que je sois une femme forte. C'était plus facile à dire qu'à faire et je ne savais pas si j'en étais capable. J'ai eu la chance, durant toute ma vie, d'être épaulée et accompagnée dans toutes les épreuves sans exception mais là je me retrouvais face à moi-même et sans personne, même pas ma mère parce que je ne voulais pas la prévenir et tout lui raconter.

J'avais peur parce que je m'étais finalement trompée sur toute la ligne et pourtant il m'avait dit qu'il m'aimait comme il n'avait jamais aimé personne et qu'il voulait faire sa vie avec moi. Il n'était finalement qu'un menteur et un manipulateur mais je n'arrivais pas à me résigner. Je pouvais pas penser ça de lui et au fond de moi je voulais et j'espérais me tromper.

Pour l'instant je n'avais pas d'explications et je l'avais donc réduit à ça. Mais j'avais mieux à penser comme à l'être qui allait grandir en moi pendant neuf mois. Je suis désolée de dire ça mais pour moi, à ce moment-là, je ne savais pas si c'était la meilleure ou la pire des choses qui me soit arrivée. Je n'en savais trop rien mais je ne voulais pas l'abandonner parce que je ne voulais pas lui faire la même chose que son propre père. Cet enfant avait besoin de moi autant que j'avais besoin de lui finalement. C'était le fruit de notre amour après tout et même si je pouvais penser qu'il s'était éteint, j'en étais pas du tout persuadée et je voulais revoir mon Kevin alors si c'était à travers mon bébé je le ferai.

Quelques mois plus tard, quand mon ventre était maintenant bien visible et que je ne pouvais plus le cacher, j'ai annoncé la nouvelle à mon frère en premier. J'avais tellement peur de sa réaction et pourtant j'étais loin de la réalité. Il l'a super bien prise et m'a sauté au cou pour me féliciter et m'a dit que c'était sûrement pour ça que Kevin ne venait plus le voir, trop occupé à gérer la nouvelle. Il m'a brisé le cœur en disant ça et j'ai éclaté en sanglots.

Moi aussi j'aurais aimé que ce soit ça et j'ai commencé comme ça à tout lui raconter depuis le début. Il n'en revenait pas et me serra fort dans ses bras, j'avais besoin de lui plus que tout mais des barreaux nous séparaient pour encore quelques années et je n'y pouvais rien.

Nous étions en plein été, en août plus précisément, mon anniversaire était donc passé et j'avais maintenant dix-neuf ans mais j'étais toujours trop jeune pour élever un enfant et en plus toute seule.

Je n'étais partie nulle part et je ne voulais pas du tout. Toujours aucun signe de Kevin, je n'arrêtais pas depuis notre première nuit mais rien. J'ai même commencé à douter de son existence, il avait disparu incroyablement rapidement et sans laisser aucune trace. Ça me perturbait encore plus.

Mon cinquième mois se passait très bien, le médecin m'avait dit que j'allais sûrement avoir une fille. Pour une fois que quelque chose se passait normalement dans ma vie. Ma grossesse se passait très bien et une fille était tout ce que je voulais.

Un ami de longue date qui était un peu plus âgé que moi et qui avait un travail, avait gentillement proposé de m'aider et de m'héberger. Je me voyais pas sortir avec quelqu'un d'autre et j'ai donc accepté. Il prenait soin de moi mais rien de plus et on était bien tous les deux. Je n'avais besoin de rien et je l'aidais comme je pouvais à entretenir la maison. J'espérais au plus profond de moi que Kevin pensait à moi et que lui aussi ne ressortirait pas de sitôt avec une autre.

Je n'avais plus de nouvelles de Céline et elle avait déménagé, je me sentais pas d'aller la voir alors que je porte en moi l'enfant de celui qui était son mari quand on l'a procréé. Mais elle me manquait et pour le coup, elle était devenue une vraie amie. Oui je sais, c'est énorme mais bon, elle était très sympathique et m'a soutenue avec mon frère et ma situation à l'époque.

Plus le terme approchait, plus je me sentais seule, étrange quand même puisque j'allais mettre au monde mon enfant qui allait m'accompagner durant toute ma vie et je m'en fais la promesse. La protéger, la chérir et faire en sorte qu'elle ne manque de rien. Et surtout faire en sorte qu'elle ne ressente pas le manque de son père qui m'avait lâchement abandonnée et par conséquent il l'avait aussi abandonnée.

Mon frère suivait de près ma grossesse et je trouvais ça tellement mignon, il me faisait pleins de promesses et m'avait interdit d'emmener ma fille ici. Il ne voulait la voir qu'une fois qu'il serait sorti de prison, il ne voulait pas qu'elle ait à voir l'univers de la prison à son plus jeune âge et je ne voulais pas qu'elle le voit tout court. J'espère que si jamais elle a un frère, il ne finira pas comme Mathieu sinon elle pourrait avoir à déroger à la règle.

Nous étions en pleine période de fêtes. C'était, bien évidemment, durant cette période que je ressentais le plus le manque de ma famille, que ce soit Kevin ou bien sûr Mathieu et Evan. Puisque les fêtes sont faites pour réunir les familles et être un moment de joie et de partage. Mais ma famille était loin de tout ça. Je n'attendais qu'une seule chose, c'était ma petite fille. J'avais tout préparé pour sa naîssance et j'avais même son prénom qui ne faisait que davantage me rapprocher de Kevin.

Je l'attendais avec impatience. Ma vie ne dépendait plus que d'elle et j'avais besoin d'elle pour continuer. Comme je l'ai dit précédemment, je vais l'appeler avec un prénom qui ne fera que me rappeler encore une fois Kevin. En effet, j'ai décidé de l'appeler Lucie puisque c'est le nom de sa sœur qui est malheureusement décédée dans un accident de voiture.

Il me parlait souvent d'elle et à quel point il aurait aimé qu'elle soit présente à ses côtés. Il aurait tout fait pour l'avoir auprès de lui mais le destin en a décidé autrement. Je me disais qu'il se sentirait proche de son enfant et qu'il aurait aimé appelé sa fille comme ça. Et puis c'est un joli prénom après tout.

Je me sentais plus que prête, il me fallait ma fille à mes côtés et j'étais prête à l'accueillir. Mon ami Lucas était toujours tout aussi présent pour moi et attendait aussi avec impatience l'arrivée de Lucie.

Mathieu aussi était impatient et voulait à tout prix sortir pour la voir, il m'avait demandé de la prendre en photo tous les jours et de les lui emmener pour qu'il puisse la voir. Qu'est-ce que j'aime mon frère et qu'est-ce que j'aurais aimé qu'il soit avec moi pour mon accouchement.

Heureusement qu'il y aura ma mère et Lucas. Je me sens moins seule pour le coup mais j'aurais aimé que ma fille connaîsse son père et à vrai dire, moi-même j'aurais aussi aimé le connaître davantage. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour qu'il disparaîsse comme ça ? J'avais besoin de savoir, je ne savais plus quoi penser. Était-il mort ou s'est-il simplement volatilisé ? En avait-il marre de sa vie d'avant et voulait-il absolument changer d'air ? Je me disais que finalement j'aurais peut-être fait la même chose mais je sais que c'est complètement faux et que je l'aurais pas laissé tomber comme ça.

Il ne m'aimait peut-être pas assez et me voulait juste dans son lit. Ces pensées me hantaient depuis sa disparition, son absence se ressentait dans ma vie puisqu'il avait contribué à une grande partie de mon bonheur après tout ce qui s'est passé.

Je ne savais décidement plus du tout comment agir et je ne voulais plus y penser mais c'était plus fort que moi. Pourquoi a-t-il fallu que je tombe amoureuse de lui dès le début ? Pourquoi c'est tombé sur lui ? À quel point l'aimais-je et à quel point m'aimait-il ? Trop de questions sans réponses et je n'avais personne pour m'aider à trouver des réponses.

La dépression commençait à se ressentir, je donnais plus aucun sens à ma vie, à part ma fille dont j'avais besoin pour continuer. J'avais l'impression que je pouvais compter sur personne et que j'étais vraiment seule contre tout le monde.

Le fantôme de Kevin me hantait et j'avais réellement besoin de mes frères. J'ai appelé Evan plusieurs fois en lui demandant de venir assister à ma grossesse et s'occuper de sa nièce mais lui n'était pas du même avis. Il n'était pas tout aussi enthousiaste que Mathieu, il trouvait que j'étais trop jeune pour avoir un enfant et que je pouvais pas l'élever sans son père. Evan en voulait terriblement à Mathieu parce que selon lui, c'est mon autre frère qui avait fait rentré Kevin dans ma vie, ce qui n'était pas complètement faux mais bon.

J'en voulais aussi à Evan parce qu'il était incapable de mettre sa rancœur de côté pour sa petite sœur, il en voulait bêtement à son frère. C'est moi qui suis tombée amoureuse de Kevin, c'est pas Mathieu qui m'a forcée et il a le droit de fréquenter qui il veut après tout et moi aussi d'ailleurs.

Evan était parfois trop protecteur mais j'étais assez grande pour prendre des décisions et il fallait qu'il le comprenne. Je le voulais près de moi mais il n'était pas du même avis et ça me mettait en colère. Pourquoi fallait-il qu'il n'en fasse qu'à sa tête et me laisse toute seule sans aucun de mes frères ?

Je sais que si Mathieu était libre, il aurait passé toute ma grossesse avec moi et il se serait occupé de moi comme un grand frère le ferait. Je voulais pas faire de préférence mais il fallait se rendre à l'évidence, Mathieu était là plus pour moi qu'Evan, même derrière les barreaux.

Je sais que mon frère m'aime mais il me le montrait pas vraiment, c'était quoi une petite semaine pour aller rendre visite à sa sœur et s'occuper d'elle, elle qui allait être maman pour la première fois. Je lui demandais pas grand chose et pourtant ça ne l'empêchait pas de refuser.

Heureusement que ma mère était là du début jusqu'à la fin, je sais pas ce que j'aurais fait sans elle. Elle ne m'a jamais jugée par rapport à quoi que ce soit et a toujours été là pour moi. Je sais qu'elle veut juste mon bonheur et je l'en remercierai jamais assez. Mais bon elle n'avait qu'un défaut, elle m'avait pas donné les meilleurs frères du monde. Évidemment, ça m'empêchait pas de les aimer et de tout faire pour les voir heureux et je sais qu'au fond c'est la même chose pour eux.

Le 28 décembre 2011, ma petite fille Lucie est née. Elle est tellement belle, je suis si fière d'elle déjà. J'ai accouché avec ma maman et Lucas auprès de moi comme prédit mais Evan a dit qu'il viendrait me voir moi et sa petite nièce chérie.

Évidemment cet événement est un lien indestructible entre moi et Kevin mais j'ai peur qu'il le sache jamais. Je veux qu'il puisse au moins connaître sa fille même s'il ne veut plus rien avoir à faire avec moi, il a le droit de connaître son existence et de la reconnaître envers l'État puisque pour l'instant mon pauvre petite ange n'a pas de papa. Ça me rend triste mais je me dis qu'à moi seule je ferai tout pour la rendre heureuse et faire en sorte qu'elle ne manque de rien. C'est ma petite princesse et je veillerai sur elle jusqu'à la fin.

Ma petite fille était la plus belle chose qui me soit arrivée et c'était la plus belle de toute. Je voulais pas m'en séparer. Comme promis je prenais une ou deux photos d'elle chaque jour et j'allais voir son oncle en prison.

Ça me faisait plaisir de le voir sourire en la voyant et je tenais beaucoup à lui. Ça se voit qu'il l'aimait presque autant que moi et ça me rendait heureuse, je savais que je pourrais compter sur lui pour prendre soin d'elle quand il sortirait de prison. Je voulais vraiment qu'il ait une nouvelle vie en sortant de prison, il allait devenir responsable et il avait encore toute la vie devant lui pour devenir meilleur. Je croyais en lui et j'étais prête à tout faire pour l'aider.

Ça allait être compliqué après la prison pour lui mais je savais très bien qu'il s'en sortirait. J'avais confiance en lui et je savais qu'il ne me décevrait pas. Ma fille a maintenant à peine un mois et son autre tonton Evan est venu lui rendre visite dès sa première semaine. Il s'est même excusé et bien évidemment je lui en ai absolument pas voulu, parfois il est maladroit c'est pas de sa faute.

J'essayais encore de joindre Kevin mais toujours rien, j'allais voir ses amis tous les jours en espérant avoir des nouvelles mais rien.

Pauvre de mon enfant à qui il allait manquer un amour paternel, j'avais aucune présence masculine autour de moi à part Lucas mais il est trop occupé et peu souvent à la maison. Je commençais à paniquer, je voulais vraiment qu'elle manque de rien mais peu importe ce que j'aurais fait, il lui manquerait toujours l'amour d'un père, de son père qui est parti.

Et puis même, comment allais-je lui expliquer la disparition de son père ? Allait-elle m'en vouloir de ne pas l'avoir gardé près de moi ? Elle était si fragile et moi aussi. Qu'allais-je donc faire avec ma Lucie ? Pour l'instant j'allais la faire grandir avec l'aide de ma maman à moi et après pour ce qui est de son père je verrais.

Je lui en voulais encore terriblement et j'arrivais vraiment pas à l'oublier et à arrêter de l'aimer. Pour moi, c'était l'homme de ma vie et il allait revenir pour s'excuser et qu'on reparte à zéro. Je m'en voulais de ne pas l'avoir empêché de partir et de ne m'être rendu compte de rien. Plus j'avançais, plus j'avais l'idée ridicule que tout ça était de ma faute. Je me sentais coupable de tout ce qui se passait et j'avais parlé à personne à propos de tout ça réellement alors je pleurais en silence dans mon coin. Je me relevais pour ma fille, c'est tout.

J'arrivais plus à rien mais je restais pour ma fille, je pouvais pas la priver de sa mère alors qu'elle n'avait déjà pas son père. Elle avait besoin de moi tout comme j'avais besoin d'elle. Je lui donnerai toute ma vie et j'espère qu'elle aussi plus tard.

Mon frère avait maintenant vingt-et-un ans et il était toujours derrière les barreaux. Il ne sortirait qu'à ses 23 ans mais le plus dur était passé. Il avait le droit à la liberté conditionnelle et tout était entrain de se régler avec son avocat. J'avais hâte de le revoir et j'avais surtout hâte qu'il voit sa nièce et qu'il s'en occupe.

Ma vie n'était devenue que routine. Toutes les journées étaient les mêmes et ça en devenait lamentable. Je gardais ma fille près de moi et la voyait grandir trop vite à mon goût et au goût de Mathieu. Des mois étaient passés mais rien n'avait vraiment changé, à part bien sûr ma fille.

Mon frère était sur le point de sortir, d'ici la fin de semaine nous disait son avocat. Pour l'occasion Evan était à la maison et attendait sagement le retour de son frère. J'aimais l'ambiance à la maison, on allait être réunis à nouveau et pour une fois rien ni personne n'allait empêcher ça. J'attendais avec impatience, j'avais l'impression que j'allais passer un cap et c'était bien le cas.

Avec ma mère et mon frère, nous avons décidé d'un commun accord que nous allions démenager, il était tant de changer et de recommencer à zéro et quoi de mieux que de changer de ville pour ça. Les souvenirs, les bons comme les mauvais malheureusement, allaient rester derrière nous et nous allions profiter de la vie pleinement tous ensemble.

Il était temps pour nous d'être heureux. Evan disait qu'il allait venir de plus en plus souvent nous voir et que tout redevienne comme avant petit à petit. C'était exactement ce qu'il nous fallait et j'étais réellement prête et mon petit bébé aussi. La présence masculine dont j'avais tant besoin serait là et je serais aidée à tout instant pour ma fille et ma reconstruction. Je savais pas qu'aimer était un sentiment aussi puissant au point de détruire quelqu'un, j'avais plus confiance en moi et surtout pas le sexe opposé. L'abandon était ma plus grande peur et j'étais en plein dedans, quelle chance!

Aujourd'hui, 24 mai 2012, était le jour j, le grand départ. Mon frère était en liberté conditionnelle il y a maintenant deux jours et tout se passait bien. Pendant ces deux jours, Mathieu a été aux petits soins avec moi et Lucie. C'était mon grand frère envers et contre tout, je lui en voulais absolument pas, on avait tous le droit à une seconde chance et puis on fait tous des erreurs après tout.

D'ailleurs c'était pas le seul à avoir fait une grosse erreur mais pour le coup l'autre je l'ai pas trouvé pour lui laisser une seconde chance. Tant pis pour lui. Évidemment que je m'arrêterais pas de sitôt dans mes recherches mais pour l'instant je me préoccupait que de ma famille réunie à nouveau après tant d'épreuves. Nous avions finalement le droit au bonheur et à une petit vie paisible et tranquille dans un coin où on dérangerait personne.

Mathieu était en pleine recherche de travail et moi aussi, il fallait bien qu'on nourrisse la petite famille mais on y allait doucement. Le plus important était qu'on était réunis et j'espère pour la vie.

Nous sommes maintenant en 2014, ma fille a bientôt trois ans et je me sens mieux même beaucoup mieux. Avoir Kevin à mes côtés n'est plus une priorité et je vis ma vie du mieux que je peux avec ma famille.

J'en avais marre de penser à lui mais pourtant c'était impossible de faire autrement. Ce mec-là je l'avais dans la peau, il était mon âme sœur et il l'est probablement toujours. Mais j'ai fait en sorte de moins penser à lui et de me focaliser sur moi. Ça peut paraître égoïste mais j'ai le droit de vivre pour moi un petit peu et de me centrer sur moi mais surtout sur ma fille.

J'aimerai pouvoir mieux vivre, me sentir bien pour pouvoir enfin avancer sans lui ni personne. Parce que ma fille a besoin de moi. La routine est pas bonne pour elle, elle est si jeune. On est entrain de se cotiser pour l'emmener à Disney Land pour son anniversaire qui est dans 2 mois seulement.

J'aimerai qu'elle passe un bon anniversaire et qu'elle se soucie de rien à son âge, juste de son bonheur. C'est pour ça que je suis là et que je veille sur elle. Elle est si belle et si douce, je me permettrai pas de lui faire du mal et je le permettrai à personne d'autre. Ma vie a plus aucun sens sans elle, j'ai besoin d'elle. C'est mon petit rayon de soleil, elle commence à parler sérieusement, son sourire est si beau et elle est si simple que ça en est impressionant. Elle est adorable mais qu'est ce qu'elle est fragile et sensible, elle pleure pour un rien, on dirait moi pendant ma grossesse. Je pleurais tous les jours sans raison valable, ça me prenait comme ça. Même si au fond je sais que ça avait un rapport avec son père.

Ça me brise le coeur de la voir pleurer et évidemment je fais tout pour revoir son beau sourire dont je ne me lasse pas. Mes deux frères l'aiment beaucoup et l'attaquent de cadeaux à chaque fois. Mathieu lui rapporte toujours un petit truc en rentrant du travail, et Evan dès qu'il vient il lui rapporte toujours un jouet, des habits ou encore des accessoires. Sans compter sur ma mère qui elle aussi dès qu'elle peut, elle lui offre quelque chose. Elle s'occupe tous les matins de l'habiller et de la coiffer, et ma fille adore ça.

Evan habite à deux heures de chez nous. Il a finalement sauté le pas et est venu en France. Malheureusement il est entrain de tenter une relation à distance, moi personnellement j'y crois pas trop mais bon c'est sa vie pas la mienne.

Il vient de plus en plus souvent chez nous et ça me fait trop plaisir. Quoi de plus beau que d'avoir sa famille réunie ? Peut-être avoir aussi son amoureux à ses côtés me dit ma pensée que je déteste à ce moment. Je sais plus quoi faire je persiste mais rien. Je l'ai dans la peau et j'y peux rien. Comment un homme peut avoir autant d'effet sur moi ? Et comment je peux encore ressentir des choses pour lui alors qu'il m'a abandonnée? Je hais avoir ce vide en moi et pourtant je suis obligée de vivre avec. Quelle vie! Je suis mélangée entre bonheur et tristesse et c'est extrêmement perturbant.

Je comprendrais donc jamais rien à l'amour et à mon sentiment actuel. Pourtant même après toutes ces années mes sentiments envers lui n'ont jamais changé et j'ai même l'impression qu'ils ont évolués. Puis j'ai espoir qu'il revienne ou même que je le retrouve et qu'on termine ensemble. J'ai vraiment l'impression que c'est ma moitié et que j'ai besoin de lui dans ma vie si je veux bien continuer et continuer tout cours. Je rêve de lui la nuit, son absence se ressent tellement et je me sens si fragile. Je le vois partout, quand j'ai rien à faire, je regarde des photos de lui et la seule photo que j'ai pu faire avec lui.

C'était notre nuit d'amour, la dernière fois que je l'ai vu, on avait décidé de prendre une photo ensemble, notre première photo ensemble. Ma première fois et ma première photo avec lui, c'est si bizarre de dire ça mais c'est la vérité. Il est tout pour moi et je lui donnerai ma vie autant que ma fille et pourtant, elle, elle est présente. Mais enfait, je pourrai jamais l'oublier, j'ai quand même sa fille à mes côtés qui en plus lui ressemble et porte le prénom de sa soeur. Je sais plus quoi faire, je continue sans savoir où je vais et j'ai si peur de me perdre mais pourtant j'ai l'impression de m'être égarée et de plus pouvoir retrouver mon chemin. En tout cas mon chemin est illuminé par le rayon de soleil qu'est ma petite fille.

Ma seule partenaire, celle qui me suivra toute ma vie et restera à mes côtés dans les bons comme dans les mauvais moments. La seule, l'unique pour qui je me battrais jusqu'au dernier souffle. Elle a grandi trop vite mais je veux qu'elle reste mon petit bébé pour toujours.

Je me dis que c'est dommage que son père ne l'ait pas vu grandir et ne l'ait pas aidé à le faire. Sa présence n'aurait pu lui faire que du bien et je sais qu'il aurait été capable de s'en occuper. Il l'aurait aimée de tout son coeur et aurait tout fait pour la protéger et la chérir.

Mais peut-être que je me trompe, qu'il aurait pas été un bon père et qu'il nous aurait vraiment abandonné s'il avait su pour elle. Non, je veux pas croire ça, c'est quelqu'un de bien malgré cette erreur, après tout il n'avait aucune idée de son existence quand il est parti et moi non plus d'ailleurs. Mais il aurait pu répondre et donner de ses nouvelles même s'il voulait plus de moi.

Ça m'aurait brisée le cœur mais j'aurais fini par me faire à l'idée qu'il m'aimait pas. Je pouvais pas l'obliger à m'aimer ça c'est sûr. Mais il aurait du me le dire et il aurait dû me donner des nouvelles, il l'a pas fait. Je vivrais toute ma vie avec ce regret.

Moi, Caroline V. qui ai aujourd'hui vingt-six ans, j'essaye de construire une relation pour la première fois depuis bientôt sept ans. En effet, j'ai décidé de laisser sa chance à Antonio, un bel espagnol que j'ai rencontré durant des vacances à Madrid avec la famille.

Enfait, pour être honnête, il ne se passe absolument rien entre nous. On veut essayer mais j'y vais doucement. Il y a eu aucun bisou ni autre. Bizarrement j'ai l'impression que si je saute le pas c'est comme si je trompais Kevin. Oui ce mec même en étant absent est capable de ruiner ma relation avec un homme.

Antonio a dit qu'il comprenait et que ça le dérangeait pas d'aller à mon rythme. C'est un mec bien mais je crois que je peux pas, j'ai l'impression de lui mentir et de me mentir à moi-même c'est vraiment horrible comme sensation.

Mais quand est-ce que tout ça s'arrêtera et que je reprendrai une vie normale ? Pourquoi est-ce que même après sept ans, c'est toujours la première personne à qui je pense le matin en me réveillant même avant ma fille et c'est la dernière personne avant de dormir encore une fois ? J'y comprends rien mais je le vis malgré moi, c'est quand même fou ça. J'aimerai donner du sens à ma vie mais j'y arrive pas, j'ai l'impression de tourner en rond et que le seul chemin qui me mènera vers mon bonheur c'est celui où il se trouve.

J'en ai marre d'être bloquée dans cette situation mais j'y peux absolument rien. Antonio me permet d'oublier mais je veux pas qu'il le prenne mal, je suis incapable de l'oublier et je ferai que le faire souffrir si je tente une relation avec lui et s'il est vraiment amoureux de moi.

Il accepte ma fille et elle l'apprécie beaucoup tout autant. Je pense que c'est ce que j'aime le plus chez lui, c'est le lien qu'il entretien avec ma fille. J'ai l'impression qu'elle est encore plus heureuse que moi de l'avoir dans sa vie.

C'est incroyable comment les enfants ont besoin de si peu pour être heureux et combien ils sont vite à l'aise face à une nouvelle personne. Ça me fait plaisir mais j'appréhende le jour où ça marchera vraiment pas entre moi et Antonio et où il faudra donc qu'il nous quitte. Je suis pas prête à la voir triste, c'est dur de vivre une séparation et je suis bien placée pour le savoir. Je l'ai déjà vécu avec mon grand frère et bien évidemment Kevin.

Elle est si jeune pour ressentir ça mais déjà si grande pour le comprendre. Je sais pas quoi faire. Elle a maintenant sept ans et j'ai l'impression qu'elle doit savoir pour son père et pourtant je trouve que c'est encore tôt.

Les choix comme ça c'est dur parce que pour l'instant c'est moi qui choisit pour ma famille et donc si je prends le mauvais choix, je la rends malheureuse malgré elle. C'est lourd à porter mais ma mère m'aide beaucoup avec ça. Elle m'a dit qu'il était encore trop tôt pour lui dire et je la crois.

Ma mère a toujours été une bonne mère et a du faire énormement de choix pour nous puisqu'elle était seule et on a jamais été déçus par ses choix. Je prendrai toujours exemple sur elle, c'est mon modèle et ma fierté. Tout comme ma fille, sa simplicité et sa gentillesse sont probablement inégalable. C'est ce qui fait sa force mais même si la plus noble vertue demeure la gentillesse, le monde d'aujourd'hui en a fait une faiblesse et j'ai peur pour elle à cause de ça.

Malgré que ce soit une guerrière, elle reste ma petite fille et je ressens ce besoin permanent de la protéger, c'est plus fort que moi. Elle comprend déjà tellement de choses et est si intelligente pour son âge que ça m'impressionne.

Elle adore ses oncles et elle passe toute sa vie avec eux, plus qu'avec moi mais bien sûr que je suis pas jalouse, c'est tout ce que je demande. Elle est rayonnante et tout le monde l'apprécie dès le premier coup. J'ai vraiment de la chance de l'avoir. Longue vie à ma Lucie d'amour et à tous mes enfants si j'en ai d'autres.

Si je retrouve pas mon Kevin, je pense pas en avoir d'autres. C'est définitif, c'est mort entre Antonio et moi et je peux vraiment rien y faire. Mais je veux pas le brusquer, je veux qu'il reste avec nous et qu'il reste notre ami à tous. Mes frères et ma mère l'apprécient beaucoup aussi, c'est assez spécial comme situation. Je me demande si ce serait aussi le cas pour Kevin s'il était de retour. Je pense qu'Evan serait réticent mais que ma mère et Mathieu l'accepterait bien. Mais je pense tout de même qu'Evan finirait par l'accepter et l'acceuillir dans notre famille.

C'est incroyable, toutes mes pensées finissent par se tourner vers lui, à chaque fois. Ce mec me hante, et si finalement il était mort et c'était vraiment son fantôme qui me hantait. J'ai pas envie de penser ça et je veux même pas l'imaginer mais il va bien falloir que je me fasse à l'idée si c'était vraiment le cas. Je finirai bien par avoir de ses nouvelles un jour. Tôt ou tard ca arrivera, c'est sûr.

J'appréhende ce moment parce que tout peut arriver mais j'ai besoin de savoir alors je prendrai le risque. Mais qu'est ce que je dirai à ma fille une fois le moment venu et l'heure venue. Je sais plus quoi faire, j'ai l'impression d'être une mauvaise mère et de pas bien agir avec elle, elle qui est la prunelle de mes yeux, mon tout. Tous mes sentiments passent à travers elle, la joie, la colère et surtout la tristesse. J'aimerai qu'elle ait tout l'amour du monde mais surtout celui de son père. Qu'est ce que j'aimerai qu'elle ait son père à ses côtés même si ça ne signifie pas me remettre avec lui.

Je sais que j'aurai aimé avoir mon père à mes côtés et que j'ai toujours eu quelque chose qui me manquait. Même si ma mère faisait tout pour moi, ce vide n'a jamais été comblé. Pourtant j'ai vraiment l'impression que je suis proche de la vérité et que Kevin va bientôt refaire surface.


Report this text