Un instant de bravoure

Florian Gautier

Marcus est mort des mains d'un assassin chevronné. Son apprentie a quitté les lieux, apeurée, anéantie... Mais elle est devenue une proie à son tour. Il lui faudra se battre.

Un instant de bravoure.

 

 

 

Avance, avance, ne regarde pas en arrière.

Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Elle avait les jambes lourdes et douloureuses à force de courir. Et cela sans parler du point de côté qui commençait à se faire sentir et à la ralentir. Elle haletait, soufflait, traînant des pieds pour conserver sa maigre avance.

Ne regarde pas en arrière, ne t'arrête pas, n'y pense pas !

Des larmes traçaient des sillons sur ses joues et la peur habitait son regard, imprégnait ses membres secoués de tremblements incontrôlés. Malgré les ordres qu'elle se donnait, elle ne pouvait s'empêcher de jeter des regards anxieux derrière elle. Mais elle ne voyait rien et ne pouvait que poursuivre sur sa lancée.

ça va aller, ça va aller !

Elle ne cessait de se le répéter, d'essayer de s'en convaincre, mais son esprit hurlait au mensonge. Elle ne pouvait pas croire ce qui venait de se passer !

Il est... Il... Ce...

Mort. Son ami était mort des mains de ce monstre sanguinaire. Elle se refusait à penser que cette chose puisse être humaine. Elle fit halte et se plaqua contre un mur pour reprendre ses esprits et son souffle.

Réfléchis, réfléchis...

Mais c'était peine perdue. La peur paralysait son cerveau, guidant ses actes et elle ne parvenait pas à la faire taire. Elle se força à reprendre sa marche, laissant son regard balayer les environs, dans l'angoisse. Nulle trace de l'assassin. Elle fit quelques pas hésitants, recula pour faire demi-tour avant de se figer. Huit chemins possibles s'offraient à elle. D'ici, elle pouvait voir que certains se subdivisaient encore un peu plus loin. L'endroit était un vrai labyrinthe.

Marcus connaissait cet endroit...

Mais pas elle. La panique la gagna, sa respiration se fit plus forte, haletante. Quelle route choisir ? Comment sortir d'ici ? L'assassin se rapprochait, elle en était sûre. La jeune femme poussa finalement un juron et prit un chemin au hasard. Moins de deux minutes après, elle revenait sur ses pas pour en prendre un autre, puis un autre et encore un autre. Non, elle ne savait pas où aller... Une ombre passa dans son champ de vision. Elle se figea, le cœur au bord des lèvres. Dans le tunnel face à elle... Une silhouette... L'envie de prendre ses jambes à son cou la saisit. Elle recula de quelques pas. Mais fuir où ? Ce n'était plus une option... Elle était sur ses traces désormais et l'affrontement n'était plus qu'une question de minutes, elle le savait. Elle déglutit et serra les poings en revoyant le visage mutilé de son ami. La peur se transforma petit à petit en colère, qui s'accentua avec le sentiment d'impuissance qu'elle éprouvait. Elle n'avait nulle part où fuir. L'assassin pouvait lui tomber dessus à n'importe quel moment. C'était à elle de prendre les devants... De changer la donne. Elle se saisit d'un paquet à sa ceinture, du fil de carbone, quasi invisible et très résistant. La jeune femme prit une nouvelle inspiration pour calmer les battements de son cœur puis commença à poser des pièges aussi silencieusement que possible. Après une dizaine de minutes, plus aucun passage jusqu'à elle n'était sûr. Elle attrapa une pierre qu'elle jeta dans une allée, se plaqua contre le mur et se saisit de sa matraque télescopique. Et elle attendit. Attendit. Et attendit. Les minutes se succédèrent, mais rien ne vint. Elle hasarda un coup d'œil dans l'un des tunnels avant de se plaquer contre le mur. L'apprentie de Marcus se força au calme et s'avança d'un pas prudent, regardant autour d'elle. Quelque chose jaillit sur sa droite et elle bondit sur le côté avant de donner un coup de matraque ! Un bras se referma autour de sa gorge et quelque chose se posa sur sa tempe. Elle se figea, les larmes aux yeux, prenant peu à peu conscience qu'elle venait d'être bernée. A ses pieds gisait le corps sans vie de son maître.

- La meilleure apprentie de Marcus. En tout cas, la plus farouche. Dommage, chérie.

Et elle appuya sur la détente.

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