Un métronome sur les pavés

aporie

      On n'entendait que le bruit de ses pas dans les rues désertes, régulier sur les pavés humide, tandis qu'il marchait au cœur de la nuit. La lueur de la lune, qui perçait ici et là entre les mouvements de quelques nuages, en se reflétant sur le sol mouillé donnait à la scène un air presque fantastique, que n'aurait pus imiter la lueur jaunâtre des rares réverbères qu'il croisait sur son chemin.

      En passant près de la vieille église de la ville, il s'imagina un instant l'effet de la lumière de la lune passant au travers des vitraux pour se posait sur la pierre froide à l'intérieur de l'édifice. Il ralentit le pas, hésitant un instant à aller observer de ses yeux la réalité de la chose. Mais finalement, il continua son chemin, le son de ses pas reprenant leur rythme, résonnant toujours au plus profond de la nuit, pulsant comme les pulsations lentes et régulières d'un métronome.

      Il était sûrement trop las, trop fatigué peut-être, persuadé que même le plus poétique des spectacles ne pourrait l'émouvoir assez. Il s'imaginait bien, à l'inverse, se perdre au cœur de la nuit en continuant de marcher sans but, puis disparaître finalement au croisement d'une rue. Et alors, le bruit de ces pas aussi, s'estomperait avec lui.


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