Un rêve chaud

black-word

Un voyage peu commun.


Je me vois dans les ténèbres du repos, étendu comme à mon dernier repos. Tout ce qui me différencie du mort est un son et une résonance. Quelque chose frappe ma poitrine, parvenant presque à passer au travers de ma cage thoracique, pendant que le son de ces coups résonne en moi, comme une caisse de résonance. Ces bruits sourds me montent à la tête, assourdissant mon ouïe, perçant mes tempes.

 

Mes rêves m'ont emmené bien loin, sur une terre sèche, près d'un feu de camp. Une tribu d'Afrique joue des tambours sous l'écho d'une tente de tissu dont la grandeur est celle d'un chapiteau. J'entends leurs pas autour de moi, tapant le sol, marchant en cercle. Je la sens sur mon torse, une petite main brûlante comme le feu, ce même feu qui dévore son offrande à ma droite. Elle appuie sur mon cœur, de plusieurs petits coups, en suivent le rythme des pas de ces hommes et femmes.

Il y avait ce parfum. Une odeur de sable chaud mélangé à celle de la sueur et du bois brûlé. Un air surréaliste débouchant mes narines jusqu'à percer mon crâne, mon cerveau en est envoûté. Je suis envoûté, asservi, possédé. Mes yeux s'ouvrent enfin et, après que le voile fatigué du flou tombe, je peux à présent voir la scène de cet univers brûlant.

Mes yeux s'orientent en direction de ce feu, mon visage en devient chaud à sa vue. C'est dans cette débauche de sensations que je regarde mon épaule mis à nue, à la peau intacte, sans trouver la continuité de mon bras. La petite main accélère de rythme de ses petits coups, les tambours ainsi que les pas font de même. Cette macabre découverte sembla durer une décennie, mais en dehors de mes pensées à vif, il ne s'écoula que quatre secondes. Quatre secondes où cette terre si chaude et cette inspiration venues d'Afrique furent emportées par un flot rafraîchissant.

 

Je m'extrais de ma torpeur, mon cœur noyé par la panique, mon sang maltraitant mes tempes. Une voix féminine fait entendre un émoi à mon oreille droit. Elle est à mes côtés, paisiblement endormie sur mon bras. Ce dernier est toujours lier à mon corps, même si toutes sensations ne sont à présent plus. Mon membre semble aussi mort que moi pendant la quiétude du sommeil.

Je la regarde dans le peu d'éclairage qui se donne à mes yeux, distinguant ainsi son visage serein et en paix. Je dépose du bout des lèvres un baisé sur sa joue, profitant de ce geste pour sentir son parfum. Un parfum très chaud, aussi chaud que ce rêve.


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