Villes entassées

boukinoli

Villes entassées  par cœur de pierre
Je sais mes éboulements
Je sais les ravages et les monotonies
De l’ignorance de vos accents de terres vagues
Et de ghetto  ce radical dégout de banlieue
Billevesée d’absence...



Je saisis aussi, passant incorrigible,
Les sosies de nos actes subliminaires
Le déluge carré des mondes qui se croisent
Sans se reconnaitre solitudes vautrées à cols rabattus
Et ce silence fatal de poitrine immobile
Comme une pierre qui tourne pour accueillir la lumière froide...

Il reste, au demeurant, pas loin du centre
l’envie ressuscitée des terrasses de café
Près de la grande bouche glaireuse du métro
Tout devient entendement, envie de s’asseoir
Tout est membrane, chuchotement presqu’ile de sens
La complicité fortuite des alignements de comptoir
Sur les tables les soucoupes blanches pleines d’amuse-gueules...

Il reste, à l’extinction des feux
Les sourdes redevances, les secrètes acclimatations
Villes vécues de mes spasmes, de mes éreintements
Etirant ses brumes comme autant de douleurs chroniques...


Mais...
Le nous vomissant à l’orée de toi ?
Mais la marée qui grandit et s’exaspère ensemble ?


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