Voir le monde d'en haut et le vivre en bas

Cecile Parmentier

Deux petits garçons voulaient voir le monde d’en haut. Ils adoraient grimper aux arbres, monter sur les murs et gravir des collines. Toutes les occasions étaient bonnes pour admirer ce qui se passait en bas sans être vu.

Pour leurs faire plaisir, leur papa leurs avait construit une cabane en haut d’un arbre. De cette cabane, les 2 garçons pouvaient surveiller ce qui se passait dans la maison et autour. Ils aimaient tellement cette petite maison rien qu’à eux qu’ils ne voulaient plus en redescendre. Leur papa avait beau les appeler, ils ne voulaient plus retourner chez eux, ni pour manger, ni pour dormir. Cela rendait leur papa triste. Pour les voir, il devait lui aussi grimper en haut de la l’arbre. Le problème, c’est qu’il était trop grand pour rester dans la petite maison.

       

Un jour, une jeune fille passa près de la maison. Elle s’arrêta pour regarder jouer les garçons. Elle resta pendant une heure puis repartit chez elle sans rien dire. Les 2 enfants l’avaient vu et se demandaient qui elle était mais ne descendirent pas pour lui demander, ils s’amusaient trop dans leur repère. Ainsi, pendant toute une semaine, la fillette passa tous les jours, s’arrêta pour les regarder et repartit ensuite. Les garçons, qui étaient très curieux l’appelèrent un jour depuis leur cachette. « Comment t’appelles-tu ? » : demanda le premier. « Que fais-tu, là ? » : interrogea le second.

La fillette leur apprit donc qu’elle venait d’arriver dans le village et qu’elle cherchait des amis avec qui jouer. Les garçons, heureux de trouver une nouvelle amie, l’invitèrent à monter les rejoindre. En guise de réponse, la fillette repartit chez elle en s’excusant poliment. « Tant pis » : se dirent-ils, « si elle veut s’amuser, elle montera. ». Mais les jours se suivaient et la jeune fille ne voulait toujours pas grimper dans l’arbre. A chaque fois que les garçons lui demandaient de venir jouer avec eux, elle s’excusait et repartait chez elle. Ils étaient déçus, bien entendu, mais ils ne voulaient toujours pas retourner à la maison et jouer dans le jardin, ils étaient bien là-haut. Ils voulaient rester dans leur arbre à regarder les gens d’en haut. Leur papa était très triste, il ne voyait ses enfants qu’en leurs apportant leur repas ou en allant leur dire bonne nuit. Il ne savait plus quoi faire pour qu’ils veuillent bien redevenir des enfants comme les autres et vivre en bas avec lui. Il avait vu la jeune fille venir tous les jours et repartir, mais ne comprenait pas pourquoi elle ne restait pas s’amuser avec eux.

Un jour, pour la savoir, le papa alla lui demander pourquoi elle restait à l’écart. Il fut surpris lorsqu’elle lui dit qu’elle avait le vertige et qu’elle ne pouvait pas monter avec les garçons. Elle attendait que ses nouveaux camarades se décident à descendre mais ne voulait pas leur dire pourquoi elle ne les rejoignait pas. Le papa lui promit de garder le secret. Il fallait quand même trouver une solution pour faire revenir ses garçons à la raison. Ce soir-là, il s’endormit en espérant trouver une solution pour le lendemain.

En effet, quand il se réveilla le matin suivant, il savait comment il allait procéder. Il appela tous les enfants du quartier pour les inviter à jouer dans son jardin. Il leurs demanda seulement de ne pas s’occuper des garçons et de ne pas les rejoindre. Par contre, ils pouvaient leurs demander de descendre s’amuser avec eux.

Ainsi, l’après-midi même, une dizaine d’enfants arrivèrent les uns après les autres et commencèrent à jouer ensemble. Le papa des garçonnets leurs avait préparé un énorme et délicieux goûter. La jeune fille aussi était là et elle s’amusait beaucoup. On entendait les rires des enfants loin dans le village. A plusieurs reprises, les 2 garçons avaient demandé aux autres s’ils voulaient monter s’amuser ave eux. Mais à chaque fois, les enfants les ignoraient ou leurs répondaient de descendre eux. La fillette, elle, ne s’en occupait plus du tout. Elle avait trouvé plein de nouveaux amis qui voulaient bien rester avec elle.

Au bout d’une heure, le plus âgé des garçons dit à l’autre : « Tu sais, je commence à m’ennuyer. On s’amuserait peut être plus en bas avec les autres. ». Le plus jeune, lui, ne voulait pas descendre. Il ne voulait pas quitter sa chère cabane. L’aîné resta bien encore quelque temps mais il préféra descendre avec les autres quand même. Il fit ainsi la connaissance de la jeune fille. Son petit frère ronchonna un peu de se retrouver tout seul et finit par faire comme son frère.

Une fois en bas, les garçons s’amusèrent tout le reste de l’après-midi et prirent un délicieux goûter avec les autres enfants. La jeune fille était contente de trouver ses jeunes voisins et de pouvoir enfin jouer avec eux. Elle n’avait pas eu besoin de leur dire pourquoi elle ne voulait pas monter.

Le soir venu, les garnements rentrèrent à la maison et se couchèrent dans leur lit douillet. Le papa était très heureux, ses enfants avaient enfin accepté de descendre de leur arbre et de rester avec lui. Il en profita pour les embrasser très fort et leur faire un gros câlin.

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