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parismrs


Assis contre sa fenêtre clope au bec il mate le jour fondre comme de la glace.
La nuit qui s'infuse dans les dernières lumières c'est comme le brouillard qu'il a à l'intérieur.
Il pense à sa journée, à l'air qui lui manque parfois et que ça le fait vachement suffoquer, il se dit que c'est la vie qui pèse trop lourd, qu'il n'y a plus de place pour rien.
Il entame une bière même si ça fait bien longtemps que ça ne le fait plus s'échapper, il dit que ça remplit sa solitude, que ça l'assomme un moment, que ça raccourcit le temps.
Il reste encore un moment comme ça, immobile perché au-dessus du monde, dans ses yeux la ville scintille et la bière est un fleuve.
Il imagine Alice qu'il n'a pas revue depuis des années, pourtant elle lui colle au coeur, son sourire qui gommait tout, ça lui tenait chaud.

La nuit est pleine maintenant, bientôt il ira se coucher, bientôt il se mettra en boule sous ses draps, les genoux remontés jusqu'à la poitrine, l'habitude de ne pas prendre de place sans doute.
Il fume encore une clope comme ça sous les étoiles, il se demande comment on sombre et il se rappelle que quand il était gosse il était heureux, qu'il était peinard et que sa mère elle riait jusqu'au ciel.
Maintenant il a 25 ans, le ciel il n'en voit que des petits bouts, des miettes d'horizon et le monde il l'entend de loin.
Demain il cherchera Alice.

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