-2- Ma crise de la cinquantaine

ecriteuse

ou mon entrée en campagne

Avec le temps, tout s'en va 

  Pas mon truc le « Burn out » ce n'est pas ma maladie, suis pas une enragée du boulot mais une passionnée et dans mon entreprise audiovisuel il faut l'avouer me suis bien éclatée.

Les débuts d'Internet : une jolie aventure même si la direction a mit du temps à y croire. Au départ j'ai eu des boss « journalistes » des journaleux comme ont dit, des « ceux » qui ont bourlingué, voyagé, qui ont A cent fois sur le métier, misés, donnés et se sont adaptés. Un vent de liberté soufflait dans la rédaction comme au temps joli des radios libres.

Et puis « Avec le temps, tout s'en va » comme disait le grand Léo. Internet tout le monde en parlait, un commerce, un business, du fric à la clés…Bonjour les boss costard cravate sortis d'HEC, la direction nous les ont imposés en pleine créativité. Adieu les vieux de la vieilles, les grands journaleux évincés du nouveau média….Internet appartenait à une nouvelle génération, une nouvelle mentalité, une nouvelle source économique.

Commerce et informatique deviendront les deux mamelles nourricières d'Internet.

Le début de mon ennui.

En aucun cas je ne ferais parti des parasites de ma grande entreprise

Des  « ceux  » qui gémissent, des « ceux » qui se plaignent pour un oui ou pour un non et qui en oublient de travailler.

Si je n'ai plus rien à donner à ma boîte, je me dois de ne plus rien attendre d'elle.

Mon entreprise et moi sommes plus en adéquation.

 Il est libre Max….

 Ma vie à quitte ou double, j'invente un simulacre de pile ou face, pile « l'envie » contre face le « il faut ».

Ca tombait pile. Ni une ni deux rendez vous est prit avec la direction des ressources humaines.

A l'annonce de mon désir de partir, la surprise est de taille pour mes interlocuteurs. Très paternalistes, j'ai le droit à un temps de réflexion, à des conseils de prudence…

Mais dans ma tête je suis déjà partie. Un départ vite fait, comme le pansement que l'on retire d'un coup sec parce que ça fait moins mal, surtout pas de fête ni d'au revoir, je n'aime pas ça.

Mon plan carrière n'est plus qu'une boule de papier froissé envoyé directos dans la poubelle.

A moi les projets, les jours de liberté, les promenades, les manuscrits.

Marguerite derrière l'oreille, j'avance certaine de mon avenir meilleur.

 Partir oui mais où et comment, j'ai le souvenir d'une émission diffusée sur Canal+, « SOS Campagne. » et je suis dans l'urgence. Ma tête habituée pense Internet, mes doigts du coup tape le titre de l'émission sur le clavier. Le site existe, il me renvoie sur d'autres sites, le temps passe vite quand on est sur l'écran, la nuit tombe, mais eurêka j'ai trouvé mon annonce.

Un des plus beaux villages de France, situé dans le sud ouest, une Bastide de surcroît cherche des artistes et des artisans pour investir un pôle artistique, des ateliers sont à disposition, des logements, le projet est tout beau tout neuf et semble fait rien que pour moi. Je réponds à l'appel, la sélection se fait sur dossier.

J'ai depuis quelques années montée une association artistique, publié quelques ouvrages et dans ma tête les projets pullules. Bref, j'ai de quoi remplir un questionnaire et montrer patte blanche.

 à suivre....

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