24. Une vie de famille difficile

Marie Weil

Eric et Lucas sont maintenant les responsable légaux de Max ce qui n'a pas échapper aux habitants de Seattle. Les rumeurs déplacées ne tardent pas à fusée ce qui complique la vie de famille...

Cela fait plus d'une semaine que j'écris, et j'en suis déjà à la moitié de ma vie. Tant de choses s'étaient passées depuis ma rencontre avec Lucas lorsque nous avions seize ans. Bien entendu j'ai sans doute oublié certains détails de cette période de ma vie, mais le plus important est inscrit sur ces feuilles.

Les photos m'aident beaucoup pour faire ressurgir certains souvenirs. En revanche je me souviens parfaitement de chaque moment où je les avaient pris ; même des lieux, de certains détails et, parfois, des conversations qui en avaient suivi. Cette incroyable mémoire héritée de ma mère est ma seule fierté du moment. Je me suis d'ailleurs amusé à les regarder avec Jenny. Cette dernière a même été fascinée par tous les événements par lesquels je suis passé, mais elle a été plus que surprise lorsque je lui ai parlé du procès pour l'adoption.

-« Alors c'était vous ? C'était vous le couple homosexuel qui à eu la garde de cet enfant ? m'a-t-elle dit, ébahie.

- Oui, mais ça me surprend que vous vous souveniez de ça !

- Évidemment, même si j'étais petite à l'époque, je m'en souviens encore, car ma famille ne parlait que de cela.

- Vraiment ? Et par curiosité, ils en pensaient quoi ?

- Pas beaucoup de bien, je le crains », m'a-t-elle en affichant un sourire gêné.

Je n'ai rien dit, à vrai dire je m'y attendais. A cette époque, tant de gens nous méprisaient et nous insultaient à cause de notre soi-disant différence.

-« Vous avez dû vivre un véritable cauchemar, s'excusa presque Jenny.

- C'était un mal pour un bien, ai-je répondu en haussant les épaules.

- Sans doute… mais comment l'enfant a pu vivre avec vous, alors que tous ces étrangers vous crachaient dessus ?

- On a essayé de le protéger autant que nous le pouvions, mais je dois avouer qu'à l'école ça n'a pas été de tout repos pour lui. »

Cette conséquence m'a d'ailleurs longuement fait culpabiliser, savoir que Max vivait un enfer à l'école à cause de Lucas et moi me rendait mal, et les regards que nous jetaient tous ces ignorants n'étaient pas pour améliorer la situation.

C'est avec cette pensée que je suis revenu à mon bureau, devant mes feuilles éparpillées prêtes à accueillir les nouvelles lignes.








Il nous fallut un certain temps à Lucas et moi pour prendre nos marques avec Max. Il fallait que nous gérions nos emplois du temps pour qu'il y ait au moins toujours l'un de nous pour aller le chercher à l'école, faire les courses et passer du temps avec lui pour ses devoirs ou pour jouer. Idem pour la préparation du repas et le bain.

C'était fatigant, mais excitant à la fois. J'endossais ce rôle de père pour la première fois de ma vie à vingt sept ans, et ma hantise était que je sois aussi mauvais dans ce rôle que les paroles blessantes de tous ces inconnus.

Peu après le procès, un nombre impressionnant nous avait appelés pour nous interroger sur Max. Certains nous avaient même suivis sur nos lieux de travail, mais ils s'étaient fait virer comme des chiens, soit par les collègues soit par la sécurité. En voyant ces dingues aussi déterminés, je ne cache pas que cela m'avait beaucoup inquiété. Je ne voulais pas que Max en pâtisse ou même qu'il soit accosté par ces fouille-merde. Je voulais juste qu'on nous laisse vivre tranquillement comme n'importe quelle famille.

Heureusement, le temps passant, les journalistes trouvèrent un nouvel os à ronger, et ils nous laissèrent tranquille.

Au lycée, j'avais appris à n'en avoir rien à foutre de ce que les autres pensaient de Lucas et moi. On pouvait m'insulter, voire me frapper, ça m'était complètement égal. Mais ce qui me faisait sortir de mes gonds c'était lorsque quelqu'un parlait mal de mon compagnon, et des années plus tard il en fut de même pour Max. Un jour je faillis péter les plombs parce que je fis la rencontre d'un con.

Ce jour là, après être rentré du travail, je devais aller faire les courses de la semaine. J'étais dans le centre commercial depuis une vingtaine de minutes, ma liste de courses à la main, lorsque je m'arrêtai au rayon céréales devant les paquets de Corn flakes.

Un type que je ne connaissais pas s'approcha de moi. Il paraissait plus jeune que moi, et à voir son air moqueur affiché sur son visage, je compris vite qu'il ne venait pas pour sympathiser.

-« Hé, salut man, ça va bien ?

- Bien, et toi ? lui lançai-je en essayant de paraître sympa.

- Ça va… Écoute, tu vois avec mon pote là on s'est demandés un truc, et comme il osait pas te poser la question, alors je me suis porté volontaire. »

Je ne le sentais vraiment pas, ce mec. Je n'avais aucunement envie d'entendre sa question, surtout qu'il commençait doucement à m'énerver avec ses airs prince de New York.

-« Écoute, je suis pressé, il faut que je me dépêche de rentrer, y a des gens qui m'attendent, lui dis-je pour couper court à la discussion.

- T'inquiète pas, man, j'ai juste une question à te poser, ça prendra pas plus de deux secondes ! insista le type.

- Non, je suis désolé, je dois y aller…

- Comment ça fait, hein ? D'avoir un gosse avec une tapette ? » me balança-t-il au visage.

Je suspendis tous mes gestes. La colère montait en moi comme un volcan sur le point d'entrer en éruption.

-« Retire tout de suite ce que tu viens de dire, le menaçai-je d'une voix sombre et menaçante.

- Réponds à ma question, man, c'est vrai quoi ! Un couple de tapettes on en voit pas souvent, mais alors avec un gosse, c'est une première ! Je me demande si vous lui faites pas des trucs bizarres parfois », continua-t-il.

Cette fois c'en fut trop. Je le saisis violemment par le col de sa chemise et le plaquai brutalement sur le rayon céréales en lui disant, fou de rage :

-« Ne traite plus jamais mon compagnon de tapette et ne t'avise surtout pas de dire quoi que ce soit de mal sur mon garçon, parce que je te jure que je vais tellement te déformer ta gueule de p'tit merdeux que personne ne pourra plus te reconnaître ! »

Son pote, resté en retrait jusqu'alors, vint directement à la rescousse. Il me fit lâcher prise, et les deux connards partirent en me jetant des regards noirs. Moi j'étais rouge de colère, mais j'avais tout de même failli commettre une erreur monumentale : j'avais failli frapper un type, alors que la période d'essai de deux mois incluait un comportement irréprochable vis-à-vis d'autrui, même s'il y avait provocation.

Je ne dis rien à Lucas de cette mésaventure. Pour moi, l'essentiel était que madame Daumont soit pleinement satisfaite à chacune de ses visites et que Max soit heureux.

Enfin, c'est ce que je souhaitais au plus profond de moi, mais j'ai rapidement constaté quelque chose d'inquiétant chez notre petit bonhomme.

Chaque fois que Lucas ou moi venions le chercher à l'école, il marchait seul, sans aucun camarade à ses côtés. Il avait la tête baissée et le visage triste, et lorsque nous arrivions à la maison, il s'isolait dans sa chambre avec ses jouets et ses dessins. Ce brusque changement de comportement était inhabituel, et mon compagnon et moi nous nous posions mille questions.

Nous avions essayé de lui parler, mais en vain. Il ne voulait pas nous dire ce qui n'allait pas, et plus le temps passait plus j'avais l'impression que son comportement empirait. Ce changement n'avait pas manqué d'alerter madame Daumont qui s'était empressée de nous poser des questions.

-« On n'en sait pas plus que vous, madame, on a essayé de parler avec lui, mais il refuse de nous dire ce qui ne va pas, lui dis-je.

- Avez-vous regardé ces dessins ? me demanda-t-elle.

- Non, pourquoi ?

- Les enfants expriment souvent leur mal-être par le dessin. Jetez-y un coup d'œil, peut-être obtiendrez-vous des réponses. »

C'est un conseil que je suivis le soir même en profitant du fait que Max était dans son bain. Sur son bureau s'étalaient pas mal de feuilles couvertes de dessins. En observant ces derniers, je remarquai que l'un d'eux représentait Lucas, moi et Max au centre. Nous étions tout souriant, et c'est là que je vis la quatrième silhouette qui, contrairement à nous, était perchée sur un nuage, et je compris immédiatement qu'il s'agissait de Rebecca.

Je parcourus rapidement les autres dessins, avant de tomber sur un qui m'alerta sur le champ. Il s'agissait d'un petit bonhomme triste – Max – devant une école, tandis qu'en face de lui se trouvaient pleins d'enfants le montrant du doigt, se moquant de lui. Plus loin, une voiture grossièrement reproduite, et dont les occupants devaient être Lucas et moi, semblait l'attendre. Contrairement à notre petit bonhomme, nous avions le sourire aux lèvres.

J'en vis d'autres semblables en parcourant la pile de dessins, et ce que nous redoutions Lucas et moi était en train de se produire. Max subissait les moqueries de ses camarades de classe.

J'attendis le retour de Lucas, et lui en fit part immédiatement. Je lui montrai les dessins indiquant la raison du mal-être de notre petit gars.

-« Pauvre Max, je comprends tout maintenant, dit-il tristement en examinant les dessins.

- Tous ces enfants se moquent de lui à cause de nous, Lucas !

- Eric, ne dis pas cela, les enfants ne font qu'imiter leurs parents. Je suis sûr que ça va s'améliorer avec le temps.

- Je n'ai pas envie que Max ait tout le temps la peur au ventre à l'école à cause de ces moqueries… Il faut qu'on réagisse !

- Tu veux qu'on aille en parler à sa maîtresse ? me proposa mon compagnon

- Je ne sais pas.. Après tout ça peut être un bon début. »

Tout compte fait ce ne fut pas nécessaire d'en arriver là. Quelques jours plus tard Max revint de l'école avec un mot inscrit dans son carnet. Il y était écrit que la Journée des Parents allait se dérouler très bientôt. Cette journée consistait à présenter son papa et sa maman à la classe, puis après il y avait une dégustation de gâteaux que chaque parent avait amené.

L'annonce de cette journée me fit l'effet d'une douche froide. Rien que de réaliser qu'il fallait que nous fassions connaissance avec les autres parents ne me disait rien qui vaille. C'est tout de même eux les responsables du mal-être de mon fils. Mais si nous voulions paraître « normaux » aux yeux des autres, nous nous devions d'honorer cette Journée des Parents.

Lucas n'était pas plus enthousiaste que moi, mais il fut d'accord avec mon analyse de la situation.

Et c'est comme ça que mon compagnon et moi nous retrouvâmes à l'école de Max pour cette fameuse journée. Notre garçon avait eu cours le matin, et nous devions le rejoindre un peu plus tard, nous laissant suffisamment de temps pour préparer un gâteau.

Lorsque nous entrâmes dans le bâtiment, la maîtresse de Lucas vint directement vers nous. Elle nous accueillit avec un grand sourire. Elle ne devait pas dépasser la trentaine, et je me dis qu'elle devait être très appréciée des enfants.

-« Bonjour messieurs, vous êtes les papas de Max ? demanda-t-elle d'un ton jovial.

- Heu… oui madame, balbutiai-je.

- Enchanté de vous connaître ! Je suis madame Chase, sa maîtresse , mais vous pouvez m'appeler Linda. »

Nous lui serrâmes la main, agréablement surpris par son accueil. Elle nous indiqua la salle de classe où se trouvaient déjà quelques parents attroupés près de la table où se trouvaient les gâteaux et les boissons. Nous posâmes notre boîte contenant notre gâteau à côté des autres. Lucas et moi n'étions pas très rassurés, mais nous devions faire le premier pas. Tout de suite les regards fusèrent vers nous, suivis aussitôt de murmures. Certains reculèrent même à notre passage, ce qui me mit très mal à l'aise, mais je n'en montrai rien.

Puis nous avons vu Max assis seul en train de nous chercher. Lorsqu'il nous vit enfin, il nous sauta dans les bras, sous les regards surpris de l'assistance.

Lorsque madame Chase entra dans la classe, les murmures laissèrent la place au silence. Après quelques secondes, elle déclara :

-« Mesdames et messieurs, bonjour à vous tous et merci de vous être déplacés jusqu'ici pour la Journée des Parents. Il s'agit d'un projet pédagogique qui a pour objectif de donner à votre enfant l'occasion de vous présenter vous, ses parents, de manière orale. Il fera une présentation de vous afin de découvrir vos vies, vos métiers, et cela leur donnera peut-être envie de suivre votre voie professionnelle. »

Elle continua son discours, mais aujourd'hui je n'en garde que peu de souvenirs. A ce moment j'étais trop occupé à observer discrètement les autres parents qui commençaient sérieusement à m'agacer avec leurs regards pesants.

Après le discours de madame Chase, les enfants passèrent un à un devant l'attroupement de parents en les présentant, en indiquant leur métier et leurs hobbies. C'est ainsi que j'appris que certains avaient des emplois plutôt aisés, et ce sont eux qui impressionnaient le plus les enfants. Ces derniers leur posaient plein de questions.

-« On va devoir parler devant eux ? m'inquiétai-je à Lucas

- Pourquoi ? Tu as peur de parler devant des enfants ? chuchota-t-il en émettant un petit rire.

- C'est pas drôle ! lançai-je, plutôt vexé.

- Je te taquine, c'est tout ! T'inquiète pas, ça va bien se passer… Arrête de stresser. 

- Ouais, c'est plutôt les parents qui me stressent plus que les enfants. »

Parler devant un public était quelque chose que je détestais depuis mon plus jeune âge, et ça ne m'avait jamais quitté. Aujourd'hui c'était encore pire ! J'allais peut-être devoir m'exprimer devant des gens qui me jugeaient non pas pour mon métier, mais pour mon orientation sexuelle.

-« Max ! C'est à ton tour de venir nous présenter tes parents ! dit madame Chase.

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine en entendant cette phrase. Avec un pas mal assuré, je me positionnais devant le tableau avec Lucas. Max qui tenait une feuille en main se plaça devant nous. Un texte était griffonné sur le papier, un papier que j'ai encore aujourd'hui.

-« Voici mes deux papas, ils s'appellent Eric et Lucas, et ils sont mes parents seulement depuis quelques semaines. Papa Eric est mécanicien dans un garage, il répare des voitures, même si elles sont toutes cabossées. Il est tellement fort qu'il peut soulever deux pneus par la force de ses bras, comme Superman, et parfois il rentre tout sale à la maison avec plein de taches noires sur le visage. Papa Lucas lui est infirmier, pendant toute la journée et parfois la nuit il s'occupe de personnes malades même s'il est très fatigué. Il peut soigner tous les bobos du monde, et quand je me fais mal il me fait un beau bandage comme chez les super héros.

Avec mes deux papas nous allons au parc quand nous le pouvons, et parfois on fait même des pique nique. A la maison, quand je rentre de l'école c'est souvent papa Eric qui m'aide à faire mes devoirs, et parfois c'est papa Lucas qui le fait quand il rentre tôt. J'aime beaucoup faire des gâteaux avec eux, c'est rigolo parce que papa Eric passe tout son temps à transformer papa Lucas en fantôme avec la farine, et parfois on va chez le fleuriste pour acheter une jolie fleur pour maman. Ma maman s'appelait Rebecca et elle était femme de ménage. Elle travaillait beaucoup pour me rendre heureux mais une méchante maladie l'a rendue très malade, et un jour elle s'est transformée en ange pour aller dans le ciel avec Dieu. Alors maman m'a confié à papa Eric et papa Lucas, et je suis très heureux avec eux. »

Quand il eut fini de lire son texte, le stress ne me rongeait plus. J'étais très ému et les larmes menaçaient de déborder de mes yeux. C'était la première fois que j'entendais de sa bouche le mot « papa », et c'était un mot que moi-même avait si rarement eu l'occasion de prononcer lors de ma vie.

L'émotion se lisait également sur le visage de Lucas. Il souriait tendrement en regardant notre petit bonhomme qui avait baissé la tête, gêné par tout ce monde qui nous fixait. Les parents ne cessaient de murmurer entre eux, et certains avaient même lâché quelques larmes qu'ils s'empressaient d'essuyer. Ces réactions m'ont d'autant plus ému, parce que j'avais l'impression qu'un déclic venait de s'opérer dans leur esprit.

Suite à cela, nous eûmes droit à une flopée de questions de la part des enfants, elles concernaient plus notre quotidien que nos métiers. J'y répondis du mieux que je le pouvais, plutôt surpris par leur intérêt pour nous, puis madame Chase les arrêta afin que les autres enfants puissent également lire leur exposé. C'est avec le cœur léger que je quittai le tableau.

Après la fin des exposés des enfants, nous nous rendîmes dans le gymnase où nous attendaient les gâteaux et les boissons qui avaient été transporter là bas et installés sur des tables. Lucas et moi étions plutôt perdus au milieu de tous ces étrangers qui parlaient entre eux. Tout comme Max qui préférait rester avec nous qu'avec les autres enfants.

Nous étions fiers de la présentation de notre petit bonhomme, nous avions été impressionnés qu'il ait pu écrire de telles choses pour son âge, et visiblement nous n'étions pas les seuls. Avec gentillesse, madame Chase nous demanda si elle pouvait nous parler en privé. Nous sommes donc sortis du gymnase pour être plus tranquilles.

-« J'ai trouvé la présentation de Max vraiment touchante, ça se voit qu'il est très heureux avec vous, nous dit-elle.

- Vous ne le pensiez pas ? demandai-je.

- Je dois vous avouer qu'au début j'ai été plutôt sceptique, comme tout le monde, mais à présent je suis rassurée… Il va mieux qu'il y a quelques mois, et cela grâce à vous.

- Cela n'a pas été facile pour nous avec ces journalistes qui nous suivaient et les gens qui nous jugeaient, expliqua Lucas.

- Je m'en doute, monsieur Eb, les gens de cette ville sont parfois vraiment cons. »

Oui, elle ne mâchait pas ses mots.

-« Max a traversé une épreuve très difficile, je n'ose même pas imaginer ce qu'il a dû ressentir quand il a dû quitter tout ce qu'il connaissait pour aller dans un foyer, dit-elle d'une voix triste.

- Il n'était pas au mieux, mais heureusement une amie de sa mère qui est assistante sociale s'est occupée de lui au foyer, pendant qu'on essayait d'obtenir sa garde.

- Oui, c'était elle qui venait le chercher à l'école… Heureusement que cette femme était là pour lui. »

Je voulais demander à la maîtresse si elle n'avait pas remarqué un changement de comportement chez Max ces dernières semaines. Elle me répondit par la positive en m'expliquant qu'elle avait entendu certains enfants se moquer de lui.

-« Je n'ai pas le cœur de vous répéter ce que j'ai entendu sortir de leur bouche, mais je vous assure que je les ai punis pour leur comportement, précisa-t-elle.

- Max doit se sentir très seul... avait dit Lucas tristement

- Oui, malheureusement… Tous ses camarades semblent l'avoir abandonné. »

Cela me faisait mal d'entendre cela, et nous savions mon compagnon et moi que nous ne pouvions pas faire grand-chose, si ce n'était laisser faire le temps, en espérant que les mentalités changeraient. Enfin c'est ce que nous pensions à cet instant précis.

Lorsque nous sommes à nouveau rentrés dans le gymnase, nous vîmes une scène très émouvante.

Max était assis sur le sol dans un coin du gymnase et il parlait avec une petite fille blonde, un autre garçon à ses côtés. Son visage rayonnait de bonheur, ils se parlaient et riaient !

Ce fut la première fois que nous pûmes voir notre petit gars aussi radieux avec ses camarades, et c'est là que je compris que cette Journée des Parents avait été une bénédiction pour nous. Cet enfant, par ses mots, leur avait enseigné une valeur qui semblait avoir déserté l'esprit des gens : la tolérance…


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