49 % mother fucker - 51 % son of a bitch!

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Lemmy et son orchestre.


Lemmy Ian Fraser Kilmister nous a quitté le 28 Décembre 2015 à l'âge de 70 ans. Pour beaucoup, son nom et son personnage, ne diront pas grand-chose ou presque rien. Lemmy était un homme intègre qui a offert sa vie au Rock'n'roll ! Cette phrase pourrait tout résumer en fait. Sa devise était … « soit toi-même et emmerde la terre entière ! » Peu importe si l'on aime ou adhère au personnage ou pas, peu importe dans quel sens nous dirigeons notre philosophie de vie, il me parait évident, aujourd'hui encore plus qu'hier, qu'adhérer à sa philosophie primaire n'est juste que bon sens et honneur (l'on dira aussi honnêteté et respect envers soi même). Il est important, parfois, de savoir prendre les mots au pied de la lettre et de faire fi de la philosophie. C'est reposant et ça change de l'embrouille ambiante :o)

 

Bon, Lemmy faisait partie de ma vie depuis les années 70, et même si je l'avais un peu délaissé dans les années 90 jusqu'au milieu des années 2000, je l'ai retrouvé avec sa nouvelle formation qui s'appelait toujours « Motörhead », son alibi ! Éblouis par l'album « Inferno », je m'étais repenché sur le cas du Monsieur aux rouflaquettes et aux deux verrues. Celui qui jouait de la basse Rickenbacker comme l'on joue d'une guitare ! L'homme était intègre, intégral, honnête, bien veillant, généreux et en même temps parfois imbuvable. Il essayait de faire le bien autour de lui, de pistonner les petits nouveaux dans le show biz parallèle des métaleux, tout en collectionnant des objets et des distinctions militaires nazis en provoquant au passage quelques scandales et autres cris d'horreur. Mais comme il le disait si bien « ce n'est pas de ma faute si les méchants ont toujours de belles fringues et de beaux insignes alors que les gentils sont toujours habillés comme des clowns ! »

 

Franchement j'ai un peu honte d'avoir attendu que Lemmy disparaisse pour écrire ces quelques lignes sur ce DVD documentaire, alors que je l'avais acheté en import peu après sa sortie en 2010.  Ce film docu est d'ailleurs passé sur Arte à une heure tardive, peu après le décès du maitre, mais je suppose que l'audience y fut fort limitée et j'avoue qu'à ce moment, j'étais depuis un moment déjà entre les bras de Morphée. Je n'ai pas envie non plus ici de rédiger une chronique interminable en forme d'hommage hypocrite, il y en a suffisamment sur le Net ! J'aime juste partager mes émotions.

 

Ce film documentaire réalisé par Greg Oliver et Wes Orshorski, retrace le quotidien et tente de nous présenter sans fioritures et sans le mythe qui l'entoure, Lemmy Kilmister, chanteur bassiste, harmoniciste, leader et fondateur de la formation rock « Motörhead » en 1975 et riche de plus de 23 albums. Lemmy aimait entretenir la légende qu'il avait lui-même créé. Surhomme supportant toutes les drogues (sauf l'héroïne qu'il a toujours décrié), buvant une bouteille de Jack Daniels chaque jour en enfilant des groupies comme d'autres enfileraient des perles et ce sans parler des paquets des Marlboros fumés quotidiennement  … Motörhead empêcherait l'herbe de pousser aux alentours et leur musique faisait plus de bruit qu'une locomotive lancée au galop. Paradoxalement, les textes de Lemmy, d'une grande poésie lyrique, métaphorique et contemporaine, démontrent que l'homme était très au fait de son époque et des problèmes de la société dite moderne. C'était un pessimiste visionnaire  et sensible qui avait su entretenir le mythe qu'il avait lui-même créé autour de son personnage médiatique et de son groupe et c'est pour cela qu'il m'a toujours interpellé. L'on ne peut apprécier Lemmy et Motörhead si l'on ne peut apprécier le second degré et avoir compris le vide abyssale des images que nous projettent depuis plusieurs décennies l'univers du « show business »!

 

Que l'on apprécie ou non le personnage et sa musique, ce docu étonne par son contenu, nous présentant simplement l'homme tel qu'il était. Diogène rockeur du 21 nième siècle, Lemmy vivant dans son petit appart en se faisant frire quelques patates  dans un litre d'huile entre deux jeux vidéo décalés. Lemmy faisant ses emplettes chez le disquaire du coin, recherchant un coffret des Beatles sans oublier de saluer et d'aider la vieille dame pour traverser. Lemmy avec ses potes des Foo fighters, Métallica et Ozzy Osbourne de Black Sabbath. Lemmy aux commandes d'un char Panther de la Wehrmacht qui s'amuse comme un p'tit fou en tirant du canon.  Lemmy on the road et en tournée avec ses deux acolytes dans le car aménagé. Quelques interviews intimistes où Lemmy se livre à demi-mots, le regard ailleurs …

 

Le document vaut la peine si le personnage intéresse. Cela dit, l'honnêteté et l'intégrité sont des qualités rares en ce moment. Lemmy, le film, nous montre l'homme, simple, déjà un peu fatigué, à la fin de quelque chose. Le seul inconvénient peut être, de ce documentaire, serait qu'il démystifie un peu trop le personnage. Le mythe en prend un sacré coup, mais c'est finalement tout l'avantage et l'intérêt aussi de ce film. Un homme d'exception, un artiste médiatisé certes, avec ses faiblesses, ses failles. Le dernier rockeur sincère, d'une période qui a probablement vu sa fin il y a quelques temps déjà. Lemmy, une relique d'un temps passé où les mots « liberté », « libre arbitre » et « franches rigolades » avaient un autre sens qu'aujourd'hui. Je me comprends et je n'ai aucune envie de m'enfoncer en des démonstrations futiles et inutiles du genre « c'était mieux avant ». Le temps passe tout simplement, la preuve, même les menhirs du rock'n'roll finissent par s'écrouler, victimes de cancers foudroyants …

 

 

Salut Lemmy ! J't'aimais bien ;o)

 

 

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19559848&cfilm=188152.html

 

Ramenez juste de la bière, fraiche, mais non glacée et montez le son :o)

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