A Al Fedjà

peter-oroy

L'Algérie et ses mystères, l'Algérie et ses secrets. L'Algérie et ses parfums, son soleil, la mer...

A Al Fedjà

                 


Les ruelles sombrent dans l'ombre méridienne.

La Médina alanguie plonge dans la torpeur

Et la moiteur d'un après-midi d'orage,

Qui, sur la ville, a semé ses perles de diamant.

 

De la terre rouge monte une suave vapeur

Envoûtant l'esprit de nuées de bonheur.

Des pas résonnent dans le silence des venelles.

Des enfants dévalent les escaliers en ribambelle.

 

Une toute jeune femme passe. Du fond de ses yeux noirs,

Elle laisse son mystérieux regard glisser sur l'étranger,

Qui sent sa caresse si palpable à force de vouloir,

Et, de sa démarche chaloupée disparaît sous les orangers.

 

Dans la nuit d'une cour, s'évade d'une guitare une lancinante mélopée.

L'air s'emplit de jasmin, de coriandre et du léger froissement des soieries

Que le souffle venant de la mer fait bouger

Et plaque sur son corps qu'elle ne cherche plus à cacher.

 

Le ciel soudain éclate et le soleil éclabousse le sommet de la rue.

Au bas des escaliers de pierres sèches, danse la mer,

Éblouie de trop de clarté réfléchie par les murs blancs et grenus.

Dans un éclair, la vue se trouble.

A Al Fedjà, on se sent enfin sur terre.

 

© by Olivier Blandenier

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