A volte perdona

clouds6

Il suffit de peu.

Voyez ce que vous avez fait de moi : une ombre. Je me glisse sous les portes, me faufile, pour ne pas avoir à les toucher. Afin de rester silencieuse. Je disparais à la nuit tombée et le jour, on ne me prête pas attention. J'ai un besoin démesuré d'affection. Et ça ruine tout, vous ne savez pas ce que c'est, car vos doigts sont glacés et vos coeurs engourdis. Le poids du silence me courbe le dos, je racle le sol avec les dents. De la terre plein la bouche, mais j'encaisse et déglutis quand même. Vous ne savez pas ce qu'est le goût de sang, les poignets irrités trop frottés contre le bitume. Vous ne connaissez pas mes pleurs, ne savez pas m'entendre. Mais je ne sais pas hurler. Vous êtes le fort je suis le faible. À mes yeux pourtant, malgré la couronne et les grands crus qui s'entassent à la cave, vous n'êtes que couards. Sans intérêt, bousillant simplement toutes mes maigres chances de remonter à la surface. De recouvrer la vue. Au lieu de cela, je vous entends piétiner comme des boeufs. Les yeux vitreux, blancs comme le marbre de la tombe de notre amour. Vous avez fait de moi un fantôme, entaché, sans attache, qui peine à trouver un équilibre. Jamais serein, la pompe qui déconne à plein tube. Vous avez fait de moi ce que je peine à faire disparaître : une erreur. Un bug dans le système. Un poids, incertain, tout juste vivant. Vous avez fait de moi votre pire hantise. 


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