Abysse

Boiserad

   Je ressens de la colère. Je n'aime pas attendre, je n'aime pas me sentir inappropriée. Je ne sais pas où est ma place. Je suis impassible, illisible et le monde est mon labyrinthe. La vie s'écoule entre mes doigts et laisse apparaître un drôle de sentiment enclin à la frustration. Je me sens mûrir. La terre s'agite et danse autour de moi, de ses valses s'échappe une gêne qui trahit un sentiment d'humanité. Il n'existe aucun endroit où l'on se sente chez soi. La vie est un voyage tristement paisible où l'on apprend à cultiver le remord. L'apprentissage est infini, vaste et nous accorde de multiples possibilités. De la solitude nous passons à l'incertitude, et tout le reste n'appartient qu'au néant qui nous berce en son sein. La folie nous entoure de ses chansons magnifiques, tout devient flou puis nous perdons l'esprit. Alors se dessine l'abysse qui cherche à nous ensevelir. Courbé, le dos plié, nous abandons le combat dans l'espoir que la suite de l'histoire nous soit favorable. En vain, nous ne nous voyons pas accorder de nouvelle chance. Le temps et l'espace s'effondrent et nous mourrons en un murmure.

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