Adieu

calicles

Adieu. Pas « au revoir », pas « à la prochaine ». C’est fini. C’est cuit. La fin des haricots. C’est mort. Nous ne nous reverrons plus jamais. C’est comme ça, personne n’y peut rien. La vie en a décidé ainsi, tant pis pour nous. Pourtant c’était bien ensemble. Très bien. Tu te souviens ? Les gens nous aimaient pas. C’est vrai, qui aime voir des gens heureux ? Le malheur, ça réchauffe que les ordures, c’est connu. Les autres c’est tous des salauds, tous des jaloux ! Moi, je nous ai aimé. Toi, je sais que tu nous as aimé aussi. Partout, dans tous les sens. Au hasard. Beaucoup. Énormément. Mal. Mais peu importe, l’essentiel c’est que l’amour est là. Personne ne gagne à la fin. La vie est une putain qui s’ignore. J’ai envie de crier. Et toi, tu veux quoi ? … Répond pas tout de suite. Aujourd’hui je sais. T’as vu, personne ne pleure. Pas la peine. Nous sommes déjà morts. Déjà passés. Qui a raison qui a tort quand on part , quand on revient pas , quand la vie passe sur nous et nous a bien lessivé , quand on s’en fout du monde qui saigne et que ça change rien, quand on s’en sort plus ensemble, quand tout est contre nous et qu’on n’y peux rien, quand personne fait exprès de mourir, quand la merde est là devant nous et qu’on fait rien pour l’arrêter, quand la maison brûle et qu’y’à plus rien à sauver, quand on crève et que c’est la meilleure chose à faire, quand on aime pas la vie mais qu’on obligé, qu’est-ce qu’on fait à la fin, dis, qu’est-ce qu’y’a à faire en fin de compte ? Tout passe, la vie passe. La guerre, l’amour, ça passe. Nous sommes tous des témoins, c’est tout. Ça fait rien, on se fait à tout. Et c’est bien ça le pire.
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