Apprivoiser mon cœur

tactac

Et non, je n’ai pas piqué ce titre à Chimène Badi ou à une autre chanteuse obèse romantique. Car nous n’allons pas parler de soupe des sentiments mais de boules Quies.
Quoique…

Je dors en position fœtale lorsque ça va pas dans ma tête, ça va pas dans ma tête, ça va pas, ça va pas, ça va pas dans ma tête… Écoute mon frère, ce temps est résolu : désormais je dors sur le dos.

Pourquoi sur le dos et non pas sur le ventre ? Car c’est plus facile pour me prendre ? Vous n’y êtes pas du tout ! Car lorsque je dors sur le ventre, j’entends battre mon cœur.
Et cela me stresse.

J’en ai déjà parlé à des amis pour qui entendre les battements de leur cœur les apaise et les berce. Moi, ça ne me fait que penser à la complexité de la machine humaine et à la possibilité que ce cœur cesse de battre. Je me mets alors à penser au titre Inside de Moby avec tous les afflux sanguins qui rythment ce morceau.
Why does my heart feel so bad ?

C’est pourquoi il m’est très difficile de m’endormir avec des boules Quies. Entendre mon cœur battre provoque en moi un sentiment de claustrophobie.
Oui, vous pouvez rajouter la claustrophobie à mes névroses. Je vais finir par me transformer en le Woody Allen de ce site…

J’ai donc tenté l’impossible hier soir dans le but d’évoluer et de devenir un homme. Comme un homme, être plus violent que le cours du torrent. Comme un homme, être plus puissant que les ouragans. Comme un homme, être plus ardent que le feu des volcans. Secret comme les nuits de lune de l’Orient ! Mulan Powa !!!
Ouais, chuis trop un ouf dans ma tête.

Bref, afin d’affronter les jeux bruyants des chiards du dessus, j’ai tenté de m’endormir avec des boules Quies. D’abord, il y a eu cette impression claustrophobique qui est apparue. Les yeux fermés, je me suis senti comme Uma Thurman dans le cercueil de Kill Bill. Il ne me manquait plus qu’entendre un morceau de Tricky dans ma tête pour que la claustrophobie soit parfaite. Ou m’imaginer dans le tuyau transparent de Fort Boyard. Bref, les premiers instants ont été difficiles.

Puis, je me suis concentré sur ma respiration. Je me suis souvenu de mes cours de théâtre du lycée où Philippe nous apprenait à respirer avec le ventre. Il nous disait : ” Ouvrez votre vagin en corolle “.
Ah non, je confonds peut-être avec un autre truc…
Je me suis donc mis à affronter mes peurs par la respiration.
D’ailleurs, ça me fait penser que si toutes les blondasses des films de séries Z – tiens, le mot « blondasse » existe dans le dictionnaire Word – se mettaient à respirer profondément lorsqu’elles croisent un serial killer, elles nous épargneraient bien des décibels inutiles.
Je me suis alors mis à oublier les battements de mon cœur.

Et dans cette douce léthargie, j’ai juste eu le temps de constater une dernière chose avant de m’endormir : mon cœur obéissait à ma respiration.
Le cœur se pliait à mes volontés. Je pouvais enfin le dompter. L’apprivoiser. Ne plus le laisser maître de tous mes agissements. Le cœur s’inclinait pour la première fois devant ma pensée.

Et lorsque j’ai senti l’autre jour que je finirais encore par m’attacher à un garçon sans rien obtenir de lui, j’ai préféré cesser de le voir plutôt que de reproduire un schéma répété jusqu’à l’usure. Ce n’est peut-être qu’un battement de cœur pour vous, mais c’est un afflux de sang pour moi.
Finalement, on grandit.

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