Plus vite que le bruit

fefe

Je n'ai aucun talent.

J'ai été soufflé comme une pizza qu'on transforme en chausson. Je suis une pantoufle effilochée neuve qui tient trop chaud.

Je suis sans âme; un coffret cadeau.

Je note le rythme de ma vie au temps passé chez moi; moins j'y suis, mieux je pense. J'aurai voulu découvrir une passion très tôt, mais je n'ai plu à rien de ce que j'ai entrepris.

L'endroit où je passe le plus de temps c'est la route, le réseau parisien et ses 300 kilos tonnes de merdier quotidien; un peu moins le lundi...y parait.

Je cherche un responsable à tout ce temps perdu lorsque je vois cet axe à trois voies bien dégagé d'apparence, qui cache la totalité de son abrasif bitume par toutes ses autos.

Les incessants travaux d'amélioration du trafic est une astucieuse manière d'aider Paul en foutant Jacques dans la merde.


Je cultive une attitude au service des autres; parce que c'est ce que je fais de mieux. Malgré tout, je crie régulièrement vouloir coucher avec ma sœur et je traite facilement de consanguin n'importe quel con.

Au sujet de la lune, je ne sais rien. Pourquoi elle est là, la signification de ses tâches, ni ce qu'elle vient faire ici ou ce qu'elle pense de nous.

Je n'ai déjà plus envie d'être condamné à me lever chaque matin et entretenir chaque jour un corps qui vieillit plus vite que prévu. J'aime le ciel parce que je rêve d'évasion mais en baissant la tête je suis face à la réalité d'un sol dur et moche dont le seul rôle est de vérifier que mon corps est bien rivé à lui.

Enfant, j'ai transformé l'adulte en Messène ; depuis j'ai grandis, je ne crois plus.

J'essaie de prendre à la vie même des choses qu'elle ne me propose pas mais c'est pas facile d'être dur avec elle. Un jour je serai comme les autres mais pour le moment ils m'ennuient à être tous pareils.

Je préfère m'occuper en divertissant mes oreilles, à me reposer rien qu'en y pensant. Et la nuit je m'endors aussi vite le bruit.

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