B.A.C

Olivier Ducray

Première version d'une bible de format court.

BAC

D’après une idée originale : 

Almamy Barry, Karim Djelouah, Olivier Ducray

Programme court TV/web – 3 ou 6’ 

Pitch :

B A C 

Eux, ça se voit…

Ils ne l’ont pas eu !

Hors normes, totalement décalés.

Leur hiérarchie préfèrerait les oublier.

Découvrez les aventures délirantes de trois flics de la BAC que l’on suit depuis l’intérieur confiné de leur voiture, véritable zone de non droit, et espace insalubre s’il en est !



Concept : 

L’insécurité est ailleurs…

Ils sont trois, inséparables : Eddy, Camille, et Gilbert. Trois flics d’élite de la Brigade anti-Criminalité qui vivent littéralement dans leur voiture.

Leur mission : vous protéger. Leur méthode : inexistante dans les manuels de police.

Une unité hors du commun. Hors du temps. Hors la loi ? Presque… Au siège de la BAC, on essaye de les éviter !

Il y a Eddy, marseillais pour le meilleur et… non, que pour le pire. Il est le seul à conduire. Fier, fougueux, intrépide et… totalement irresponsable.

À sa droite, Camille se cramponne et reste aux aguets, prêt à intervenir, l’oreille rivée au poste radio. Il est le seul d’ailleurs. Qu’on se le dise, il est le chef. Et ce n’est pas drôle tous les jours…

Prostré à l’arrière, Gilbert ne fait que manger. C’est un ventre avant d’être un homme. Il éructe en parlant et contribue amplement à faire de cette voiture ce qu’elle est : une déchetterie, voire le temple du mauvais goût.

Vous êtes vernis : B.A.C vous invite à bord.

Embarquez pour votre première vraie expérience limite. Très limite.

 

Désormais, vous saurez pourquoi vous avez peur ! 

Personnages :

 

Camille (le chef)

Age : 45 ans

Sexe : H

Situation familiale : marié, 6 enfants

Bio : né à Lourdes, Camille est le cadet d’une famille très nombreuse. Il n’a d’ailleurs jamais connu sa mère qui est morte de vieillesse à sa naissance. De grandes difficultés de communication avec son père, chauffeur de taxi éjaculateur précoce, le rendent psychorigide. Il décide de rentrer dans la police pour se donner les moyens d’arrêter son père qu’il soupçonne de ne jamais avoir eu son permis.

Signes particuliers : aime la musique classique, n’aime pas les chatons, a peur des Chinois.

Ses Références : Ed Crane (« The Barber »), Raoul Duke (« Las Vegas Parano »)…

Camille est le chef, il est assis à la droite d’Eddy. Camille est la droiture faite homme. Il possède un aplomb de façade dont le vernis écaillé laisse parfois entrevoir quelques crises spectaculaires. Un brin paranoïaque, on ne connaît chez lui de sourire qu’un imperceptible rictus, mouvement fugace du coin des lèvres. Addict, il est dépendant d’une kyrielle de médicaments qu’il garde précieusement consignés dans une mallette à code. Attentif, toujours froid et calme, c’est le cerveau des trois. Il prend et fait appliquer les décisions. De plus Camille est un mystique, très croyant, mais on ne sait pas précisément en quoi.

C’est le seul des trois à être conscient de l’incompétence - pourtant élevée au rang d’art - de son équipe. Il s’évertue, au fil des épisodes, à accomplir son devoir tant bien que mal en décodant le langage incompréhensible d’Eddy (le Marseillais n’est enseigné nulle part) et en essayant de maîtriser les dérapages de comportements.

C’est un personnage qui est en permanence à la limite du pétage de plomb, mais qui garde son calme coûte que coûte car il se fait une haute opinion de ce qu’il convient d’appeler sa « mission ». Finalement, il dépense plus d’énergie à maintenir l’ordre dans son propre véhicule qu’en dehors de celui-ci…

Eddy (le Marseillais)

Age : 33 ans

Sexe : H

Situation familiale : divorcé, multirécidiviste

Bio : né à Marseille, marié avec la Bonne mère. Son père et sa mère étaient tous deux footballeurs. Lui-même fan de ballon rond, il aurait fait carrière s’il ne s’était tassé les tibias à 17 ans en sautant du plongeoir d’une piscine vide ; est devenu policier à la suite d’un malentendu (qu’il ne tient pas à raconter).

Signes particuliers : dragueur invétéré, il aime la vitesse et est très respectueux de l’autorité... quand ça l’arrange.

Ses Références : Thomas Magnum (« Magnum »), Michael J. 'Crocodile' Dundee (« Crocodile Dundee »), Daniel Morales (« Taxi »)…

C’est le conducteur de la voiture, et c’est sa voiture (une BX). Il ne manque jamais de le rappeler à quiconque lui manque de respect, au grand dam de Camille. Il angoisse à l’idée que Gilbert, assis à l’arrière, puisse un jour vomir sur les banquettes. Eddy n’a peur de rien ni de personne (à part peut-être parfois de Gilbert). Il est persuadé qu’il a « l’instinct du chasseur ». Chemises courtes hawaïennes toute l’année, des pendentifs vestiges de voyages qu’il n’a pas faits, un chewing-gum à la bouche qu’il ne crache jamais (plutôt mourir, c’est uncollector), des lunettes de soleil qu’il ne quitte que contre une nouvelle paire (il en a une collection illimitée), c’est un hyper actif, excité de la gâchette, prêt à dégommer une mouche qui aurait l’audace de déféquer sur son pare brise. Eddy est impulsif, toujours partant et totalement irresponsable. Il pratique couramment la philosophie de comptoir, tel un autodidacte qui aurait peaufiné sa culture dans Auto Plus.

Gilbert (le gros)

Age : 30 ans

Sexe : nc (il ne sait pas à quoi il ressemble, il n’a jamais réussi à l’attraper)

Situation familiale : célibataire

Bio : né dans le Gers, gavé comme une oie, il est la risée de sa famille. Il fugue et s’échoue sans le sou devant un kebab où le propriétaire, un ancien flic reconverti dans la restauration rapide, l’élève comme son propre fils. La mort de ce père adoptif, tué par des petits braqueurs, décide de sa carrière de flic. Brillant, il gravit les échelons de la hiérarchie, mais sa boulimie obsessionnelle a bientôt raison de sa progression.

Signes particuliers : cas gastrique rare, un brin narcoleptique (rêves débiles), malade en voiture.

Ses références : Larry Kubiac (« Parker Lewis can’t lose »), Eric Cartman et Kenny McCormick (« South Park »), Chewbacca (« Star Wars »), Ralph et Clancy Wiggum (« The Simpsons »)

Prostré, à l’arrière de la voiture, au milieu, sans ceinture – Il essaye toujours de la mettre, mais elle est trop courte – Gilbert parle peu, mais grogne souvent, ou émet des borborygmes inquiétants. Il ne devient audible qu’aux heures des repas (entendez par là lorsqu’il a faim, c’est-à-dire tout le temps). Parfois il rigole bêtement en haussant les épaules et en faisant trembler la voiture, et ce n’est pas un maniaque de la propreté (« C’est un porc », dit Eddy, adepte du raccourci). En clair, Gilbert est un ventre qui ingurgite tout ce qui lui passe à portée de main. En revanche, doué d’un sixième sens, à l’instar de l’éléphant qui pleure en sentant l’imminence d’un tremblement de terre, Gilbert est le plus sensible des trois, le plus raisonnable aussi, et sans doute le plus attachant. Véritable autiste de l’univers du saucisses-frites, il élabore parfois, entre deux bouchées, des raisonnements d’une pertinence aiguë avant de sombrer à nouveau dans une concentration toute digestive. Ses moments d’éclat sont toujours sidérants.

Personnages secondaires

De nombreux protagonistes peuvent, dans certains épisodes, graviter autour de la voiture. Quelques-uns pourront d’ailleurs, le cas échéant, être interprétés par des « guests ».

Notons d’abord la voix-off du radio émetteur, susceptible de varier en raison d’interférences fâcheuses. Voici donc quelques exemples de personnages secondaires, récurrents ou non :

1/ Personnages récurrents  

Ben Bécherel – L’indic de la cité, vendeur de marrons :

Il se fait passer pour un pseudo intellectuel, mais n’a que des références minables à fournir pour étayer ses propos. Toutes les situations ou conversations lui rappellent un événement ou une phrase des dessins animés ou des films qui ont bercé sa jeunesse :

« C’est bon, boss. Déstresse. Comme le dit le philosophe Timon à son disciple Pumba : Akuna Matata »

« À mon avis, ça sent le piège. Un peu comme dans Bernard et Bianca au pays des kangourous, quand Mc Leach essaye d’attraper Marahute »

« Le pauvre, il a pas vu venir le coup… Tiens, comme dans Beethoven, quand le chien embarque les deux chaises avec sa laisse. »

Physiquement, il pourrait porter un bonnet, même en plein été. Le style, ça ne se négocie pas.

Il parle avec ce ton inimitable des cités qui fait que chaque phrase, même quand elle n’interroge personne, reste en l’air. Ce phrasé qui fait que l’on dit DJ pour le D et TJ pour le T (parfois le Canada est proche de Marseille, si vous voyez c’que j’veux « djire »…)

Son nom, c’est Ben Bescherelle, et s’il ne le signe pas à la pointe de son Waterman c’est qu’il s’agit d’un nom d’emprunt (Ben pour Benoît et Bécherel pour Bescherelle). Le code civil le référence sous le patronyme de Benoît Pelletier. Son nom d’artiste, c’est pour faire plus crédible dans la cité. Seulement on ne se refait pas, et il fait régulièrement des bourdes qui rappellent son statut de base.

Igor, le moujik – Le SDF du square

L’immigration en provenance de l’Est n’amène pas que des mannequins. Igor est russe et il insiste sur ce point pour qu’on ne le confonde pas avec un Roumain.

Bien que sans le sou, il est d’une dignité sans faille et se met en quatre pour recevoir décemment tous ceux qu’il invite dans son « antre ».

Il a un accent à découper au couteau qui lui fait rouler les R de façon démesurée. Il possède un chien, nommé affectueusement Vodka, qui lui permet de retrouver son chemin lorsqu’il est un peu « chargé ».

Igor n’est pas exactement une balance, mais il se trouve qu’il assiste régulièrement à des scènes susceptibles d’intéresser la police. Et comme il possède un sens aigu du civisme, il se sent une obligation morale à dénoncer au nom de l’ordre public et de la République triomphante tout ce qui ne va pas dans le sens de SA morale, laquelle a parfois des contours élastiques, il faut bien le dire.

Igor est un être attachant. Il peut parfois jouer le rôle du candide. C’est une sorte d’idéaliste qui vit en paix avec ses principes, à défaut de vivre riche et corrompu.

Gigi l’anguille - Le méchant de service, braqueur 

Toujours grimé différemment, cet Arturo Brachetti du pauvre s’affuble le plus souvent de déguisements pourris et souvent décalés :

Père Noël au mois d’août

Sherlock Holmes pour se fondre parmi les policiers

Marsupilami au zoo

La BAC le repère au premier coup d’œil et il semble toujours étonné d’avoir été identifié si vite. Il les croit d’une intelligence supérieure et reste persuadé que la population n’y voit que du feu.

N’empêche, il braque les banques et les petits commerçants comme il respire, s’attaquant toujours à de petites structures. Il est armé d’un flingue dont il ne sait absolument pas faire usage, ce qui le rend particulièrement dangereux. Ses balles ne sont pas perdues pour tout le monde. Il dégomme systématiquement des objets ou un pigeon, un chat, un chien…

Il a un hobby qui ressemble à un tic : partout où il passe, il garde quelque chose pour sa « collection » car c’est un esthète dans l’âme.

Autres personnages secondaires & guests

 

Classiques…

Les passants

Les touristes (qui prennent des photos à travers la vitre),

Un clochard

Un vieux qui promène son chien

Des jeunes gens éméchés

Des mendiants, vendeurs de rose ou laveurs de carreau

Des policiers en uniforme (qui posent un ordre d’enlèvement immédiat)

Des éboueurs (qui essayent de jeter la voiture)

Des pompiers (qui mettent un masque pour pénétrer dans la voiture)

Des prostitués (dont Eddy essaye d’obtenir une ristourne)

Des malfrats quelconques (qui vendent toutes sortes de produits illicites sur le capot de la voiture)

etc.

… ou moins classiques

Une bonne sœur

Les musiciens d’une fanfare

Un dresseur d’animaux

Des indiens d’Amérique

Des marathoniens

Des cosmonautes

Des animateurs télé

Les sept nains

etc.



Décors

 

La série sera tournée en studio. Un espace suffisant autour de la voiture permet de faire évoluer d’autres personnages au fur et à mesure des épisodes.

 

La voiture

C’est l’élément essentiel de la série puisque la quasi totalité de l’action est filmée de l’intérieur où elle aura l’air bien plus grande qu’elle ne l’est réellement. C’est une berline, sans doute break, genre R21 Nevada bleue.

La décoration intérieure est sans limites et évolutive. Parmi les éléments remarquables : le rétro long (type chauffeur de taxi), la CB, le gyrophare – qu’ils perdent souvent, Gilbert aime bien s’asseoir dessus – mais aussi quantité d’accessoires insolites comme des rideaux, la télé, des éléments de cuisine ou de restauration (machine à Panini, bouteille dissimulée dans un extincteur, etc.)

La quantité de matériel électrique embarqué explique, entre autres, les fréquentes difficultés à démarrer la voiture.

Fond bleu

Il est utilisé pour incruster la voiture dans un décor servant généralement l’intrigue (la rue, un parking, un Mac drive), ou décalé lorsqu’elle évolue dans des situations absurdes ou improbables (la mer, l’espace).

Ces décalages se justifieront souvent par les rêves débiles de Gilbert, les récits fantaisistes d’Eddy ou encore les crises d’angoisse de Camille. La réalité demeurant évidemment toujours celle de la rue, leur terrain de chasse.

Notes d’intention narrative

 

BAC s’inscrit dans un univers absurde et dérisoire.

La série, de fiction pure, n’a évidemment pas vocation à dépeindre une réalité. De ce fait l’image de la Police et en particulier de la Brigade Anti-Criminalité n’est pas mise à mal. Irrévérencieuse, BAC l’est certes un peu, servant en cela la comédie, mais en aucun cas l’unité de la Brigade mise en scène n’est cautionnée par les véritables unités de la B.A.C. Nous insisterons volontiers sur cette idée.

L’axiome de départ repose donc sur cette curiosité : une unité que ses pairs préféreraient oublier, mais toujours en état de nuire ! Un contexte idéal pour exacerber les états limites, voire pathologiques, de nos protagonistes très enclins à se croire eux-mêmes dans une fiction. Leurs réactions, dans leurs excès, sont en général prévisibles et les rend proches du spectateur qui peut en épier les prémices avec, on l’espère, beaucoup de plaisir.

Le ton est celui de la comédie. Le rire est l’élément moteur. L’écriture est dépouillée et les dialogues parcimonieux, le caractère délirant des situations se suffisant souvent à lui-même. Les discussions s’engagent aussi parfois, au travers desquelles les préoccupations s’avèrent être celles de tout le monde (la famille, l’amour, le sexe, l’argent), donnant par-là une dimension attachante aux personnages.

BAC aborde ainsi des thèmes plus profonds (la communication, la solitude) et offre une ouverture sur une seconde lecture, plus sérieuse, un peu plus dramatique. Nous nous attacherons à éviter trop de gratuité.

D’une manière générale, chaque épisode s’articulera autour de trois axes simultanés :

A – La mission à proprement parler

B – Une problématique spécifique à la vie personnelle de l’un ou de plusieurs des personnages à l’intérieur du véhicule (un tic nerveux, un rhume, une coupe de cheveux ratée…)

C -  Une problématique d’ordre général nous donnant l’occasion d’évoquer un fait de société (la drogue, l’homosexualité, le divorce…)

Notes de réalisation

 

La voiture est placée au centre sur un élévateur, ce qui permet de faire tourner le moteur en la maintenant immobile, selon le procédé habituel. En fonction des angles de prise de vue, des fonds bleus permettent les incrustations nécessaires.

À l’instar d’un dispositif de caméra cachée, cinq capteurs de caméras DV CAM grand angle (sans déformation) sont dans la voiture. Elles sont pilotées depuis une régie numérique multicam et couvrent l’ensemble des valeurs de cadres nécessaires. Une sixième caméra, épaule celle-ci, est utilisée pour tous lesextérieurs, soient toutes les prises de vue hors de la voiture, à travers le pare-brise arrière et avant, mais aussi des vues latérales des roues pour l’impression de vitesse.

Les six sources sont reliées à une régie multicam aux commandes de laquelle se trouve le réalisateur des épisodes. Un pré montage des différentes sources mixées est possible en direct, mais chaque source sera néanmoins enregistrée dans son intégralité afin de permettre la plus grande souplesse lors du montage.

Le grain de l’image doit être clairement identifié (pas « sitcom »), un faux 16/9epouvant être de rigueur. L’éclairage de studio et le son direct à l’intérieur de la voiture seront enrichis par les effets habituels – effets numériques, incrustations – et de mixage – bruits de moteur, sons ambiants.

Le montage est décisif. Très rythmé, il donnera l’occasion de clins d’œil aux séries policières traditionnelles (multiplicité des plans en cut, changements de valeurs brutaux). A l’inverse, des ouvertures et fermetures au noir rapides sont possibles dans un même cadre sans aucune évolution, créant alors une impression comique de pesanteur absolue (Son off des messages radio alarmants auxquels personne ne réagit).

Enfin l’habillage de la série devra contribuer à asseoir son potentiel de fidélisation : simple et mémorisable, nous pensons qu’il ne doit pas surcharger l’image et créer trop de ruptures dans l’intrigue. Il permettra néanmoins de souffler un peu en sortant parfois de cette… voiture !

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