Baroque

Pierre Magne Comandu

Bonjour ! J'écris des choses un peu plus simples qu'avant. (Image : Eugène Green, Le Pont des Arts.)


C'était un jour de pluie.


Dans une boutique de livres d'art, un imagier de Paul Gauguin reposait.


L'imagier se retrouve sur un étage d'une bibliothèque de verre.


La poitrine, à demi-nue, des seins aux fleurs rouges nous regarde.


En face de notre bibliothèque de verre, une voix chante le lamento della ninfa.


Cette poitrine, posée sur ce plateau de fleurs rouges — comment l'oublier. 


Les femmes peintes sont des fantômes.


Cette voix, haute, et longue — comment l'oublier. 


Elle fait vivre un compositeur quatre-centenaire, fantôme lui aussi.


La nuit sera une nuit douce.


Une nuit si douce.


De ces nuits où l'on s'endort et ne se réveille pas.


amor

dicea


Le rire est dans le coeur


amor

dicea il ciel mirandò il piè fermo


le mot dans le regard


amor


amor dove

dov'è la fé


le cœur est voyageur


che'l traditor

che'l tradito giurò


l'avenir est au hasard

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