Boa et moi.

Marcel Alalof

Métaphore sur l'écriture.

Il est assis dans le métro.Il sent qu'on le regarde.Il  jette un regard rapide :non!il se dit qu'il s'est trompé,Il ne va plus y penser,mais voit dans le reflet de la glace,un couple assis côte-à-côte sur un strapontin,qui l'observent.Ils ont l'air amusé,comme tous les abrutis qui prennent le métro occasionnellement.Quand même,il est un peu inquiet avec tout ce qui se passe en ce moment.L'espace d'un instant,il s'était demandé s'il ne fallait pas sortir armé,avec un pistolet électrique,par exemple,pour contrecarrer mieux qu'avec les mains,une attaque dans un espace restreint,où l'esquive ou la fuite sont difficiles.Il était sorti avec un taser une fois,mais n'avait pas recommencé,car l'appareil faisait sonner les alarmes des magasins.Il était agressé par les sonneries et ne pouvait faire ses courses.

Un soir,dans un restaurant thailandais,où il dînait pourtant souvent,il croisa pour la première fois une longue dame de type asiatique,à la peau bronzée et cheveux longs ondoyés,comme huilés.Elle portait autour de sa chevelure brune,un foulard aux motifs de serpents entrelacés.Il voulut voir son visage,se faufila.il ne fut effrayé ni par sa tête,grosse comme une orange,ni par son visage aux traits dissymétriques.Non,il était pris par les serpents.Il prendrait un serpent.

Dorénavant,il portait un boa enroulé à la ceinture,entre veste et chemise.S'il y avait menace ou un peu d'excitation dans les lieux publics,il entrouvrait à peine sa veste,pour  laisser entrevoir les formes,les tâches de son boa et cela suffisait.

Lorsque le boa grandit,il le positionna autrement :le serpent était enroulé à la taille et le reste de ses anneaux entourait les épaules,comme une ceinture et des bretelles.

Le boa se nourrissait d'insectes et de petites souris.Il dormait en rond au pied de son lit et ne bougeait pas de la nuit.Puis,il changea ses habitudes.Dorénavant,il s'allongeait le long de son maître,dressé de tout son long,de la tête aux pieds.

Il l'amenait tous les trimestres chez le vétérinaire.Lors d'une visite ,il dit au vétéeinaire,alors qu'il allait partir :

« C'est drôle !Depuis quelques temps,il ne dort plus au pied du lit,mais tout droit contre moi ! »Le vétérinaire lui demanda quelques précisions,tapa sur son ordinateur,puis lui dit :

« Il faut vous en débarrasser.Il vous mesure,pour savoir à quel moment il sera assez grand pour vous avaler ! »

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