Charge divagatoire anti-rationnelle

mat_lartnak

J'divague,

J'divague,

J'dis vague,

J'dis dix vagues,

J dis cent vagues,

J'divague, j'divague, j'divague,

J'dis mille vagues,

J'dis dix mille vagues,

J'dis cent mille vagues.

J'divague, j'divague, j'divague, j'divise.

Quand j'divise,

j'dis vises la lune, l'infime moment,

l'infirme amant au firmament.

Il tire des plans sur la comète,

une larme posé sur la pommette,

gommettes collées sur le bonnet.

J'parle de Pierrot et j'suis abstrait.

J'cultive des roses et des pavés,

des marées d'mots à dévaler.

J'dis vague, j'dis vague, j'divague.


Tu penses que quand j'dis vague, j'dissimule,

c'est tout l'inverse, j'dissident.

Quand j'dis vague,  

je s'emballe, je symbole, je cymbale, j'm'ile-vade!

J'dis vrai,

J'ivresse,

J'dis sème,

J'disserte.

Tu crois que j'dis rien?

j'dévie, j'dévale mais j'dis viens.

Viens divaguons, divaguons, divaguons,

raccrochons-les, nos p'tits wagons.

Des pas énormes, pas aux normes.

qu'ont même pas la même forme,

Divaguons, divaguons, divaguons, divaguons, divaguons, 

qu'on remplisse vite nos dix wagons

avec du temps et d'l'absolu,

pour que nos voix s'égrainent

et que nos doutes s'élèvent,

là-haut dans la voûte céleste.


Tu dis vain?

J'dis vent,

Tu dis zen,

J'divers,

J'dis printemps

J'vingt printemps,

J'trente automnes,

J'trente-deux tonnes,

Tu saxophones,

On interphone avec des boites et d'la ficelle

où on sécrète nos p'tits secrets.

Toi tu serais une licorne tout au fond d'une bicoque,

moi, pilote de cigogne coiffé de mon tricorne.

Au fond de ta bicoque, la sagesse de mille hommes dans une poupée gigogne,

le réel se distord, nous apparaît frivole,

on les entend qui grognent

que les mots ça varie,

que les mots ça vaut rien,

que les mots safari

que les mots servent à rien

qu'ils disent à la fois tout, à la fois rien,

que c'est la voix qui compte,

les “si peu”, les “à peine”,

les “entre-deux”, les “presque pas”,

les interstices dans les silences,

les amoureux, ceux qui parlent pas.

Ils disent que la vie est une quête, une errance sans but où l'on cherche sans cesse.

Que  la vie est un grand V dessinant la victoire,

Qu'elle est le grand mystère caché dans les bas-fonds de l'univers

et qu'il existe bien un jour sans quand, sur une branche sans où,

où causer n'a plus de conséquences,

Causes et conséquences, causes et conséquences...

Et les mots tordent l'esprit comme le temps tord l'espace, là où l'esprit bloque l'espèce.


J'dis vague, j'divague,

J'dis mille vagues,

J extravague,

J'dis entre,

Tu dis acre,

J'dis amant,

Tu dis versifie,

Tu dis versatile,

L'univers s'active,

On est indicible

On indescriptible.


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