Chronique d'un ennui mortel - 2

kira

Mardi 3 Aout 2010 -

L’ambiance est soporifique, je me sens léthargique, vaseux, et cela qu’importe les doses de caféine ingurgitées. L’envie d’écrire une histoire m’assaille depuis hier, mais par laquelle commencer ? Depuis mon arrivée ce matin, seulement deux heures ce sont écoulées, la nuit a été fraîche, il ne me reste qu’une cigarette pour subvenir à ma régulière envie de nicotine. Dehors il n’y a pas de nuage, entre deux micro-sommeils je m’éveille en sursaut. Le décors n’a pas changé depuis hier, mes tâches non plus, j’apprécierai de pouvoir lire autre chose que des lignes de codes, alors pour toute distraction, je m’offre le privilège d’aller me scruter devant le miroir des toilettes régulièrement. Je ne me suis jamais lavé les mains aussi souvent qu’ici tant cela peut me faire perdre de précieuses secondes qui me rapproche d’avantage de la libération. Mon compte n’est pas à découvert, je suis surpris. L’immonde cliché d’un couard blondinet aux yeux bleus me tire la langue sans ménagement depuis son cadre teinté de rouge, à peine dissimulé par la bordure de mon écran. Le téléphone ne sonne plus, rendant ma fonction d’assistant commercial complètement obsolète, alors j’écris sans ménagement. De l’extérieur, j’ai sans doute l’air très concentré : c’est le but. Il est 11h22, une stagiaire me fixe, je la toise. Exerçant un parfait contrôle sur mon sphincter, je laisse s’échapper un gaz inaudible mais loin d’être inodore, pour le coup, l’odeur me dégoute moi même. Ma quête d’un tabac ouvert pendant la pause du midi fut fructueuse, j’aurai de quoi tenir jusqu'à après demain, il est 14h42, je vais compter le nombre de dalles en placoplâtre du plafond.

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