Confessions

don-carpaccio

Il n'y a pas de vie sans espoir, paraît-il... Ma vie à moi est sans espoir, sans but précis, sans objectif particulier. À part écrire. Les mots soignent mes maux, dirais-je.
Mais tout ça est d'une consternante banalité. Le drame des humains est de se libérer d'un joug pour aussitôt retomber dans un autre. J'aime ma liberté acquise au forceps, ce qui ne m'empêche pas de la honnir quelquefois... Schizophrénie? Sans doute quelque part dans les méandres de ma cervelle grillée aux potions magiques de toutes sortes. Je suis un bon client pour les apothicaires modernes, suite à quelques mésaventures psychiques.
À une époque désormais révolue, je buvais beaucoup. Une bouteille de rhum à moi tout seul ne m'effrayait pas (seulement le week-end, je précise, en semaine je ne buvais pas). C'était le seul moyen que j'avais trouvé pour contrecarrer les angoisses qui me minaient tant. Angoisse de mort imminente, régulièrement en panique... Et j'ai rencontré cette fille, j'ai cru à la fin de mes angoisses. Elle me faisait rire, je la faisais rire, tout allait bien. Pendant cette période, je me suis senti bien. Et elle est un jour retournée vers son ex-mari, me laissant choir comme ça, de but en blanc. Fini de s'amuser.
Quelques jours après ce triste événement, j'ai fait la pire crise d'angoisse de mon existence, j'avais l'impression que ma tête allait exploser. Littéralement. Je me suis rendu aux urgences de la ville où j'habitais à cette époque (ville que je détestais, soit dit au passage)... Et ils en ont conclu que j'étais en plein délire. Donc séjour au pavillon psychiatrique où j'ai servi de cobaye aux expériences d'un psychiatre qui devait être plus fou que moi. Il m'a changé plusieurs fois de traitement, me bousillant la psyché, et me faisant douter de tout.
Depuis, j'erre dans l'existence, la pharmacopée m'annihile... J'ai réussi à quitter le travail que j'occupais, ce qui ne fût pas si facile, mon patron essayant de me retenir par tous les moyens... J'ai fini par m'enfuir, vraiment. Et j'étais donc libre. après cette démission, seul moyen que j'ai trouvé pour partir.... Je n'ai pas d'argent, je cherche vaguement du travail ou une formation qui soit dans mes cordes, mais je n'y crois guère, étant annihilé comme je l'écrivais précédemment.
Voilà, ce sont mes petites confessions, d'un être humain en déroute, sur la route de nulle part....

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