Confinements intimes #17

Cyrille Royer

18 novembre.

J'ai une tache sur mon pull et je m'en fous. Ça devait arriver. À force de rester enfermé, on finit par se négliger. Et puis les rares fois où je sors, je mets un manteau et hop ! Ça se voit pas. Ça masque même les odeurs de bouffe (c'est moi ou on cuisine plus que d'habitude ?).

Parfois, j'oublie de me plaquer les cheveux sur le crâne avant de sortir, et ça me donne des airs de Robert Smith (ou de Jarry pour les plus jeunes).

Enfin, je n'en suis pas au point d'un de mes collègues. Au temps des jours heureux où j'allais au bureau, il m'a avoué qu'il était resté deux jours chez lui en attendant le résultat de son PCR, et qu'il ne se lavait pas trop puisque ça ne servait à rien. Je suis content de ne plus le croiser en ce moment, celui-là. L'avoir en ligne de temps en temps me suffit amplement.

Peut-être que demain, je changerai mon pull. Ou alors je resterai en robe de chambre. Ou en slip. C'est l'un des nombreux avantages du télétravail, avec la possibilité d'emmener un livre aux toilettes pendant les heures de boulot.

Quand on commence à se laisser aller, c'est le début de quelque chose. Ou la fin d'une autre.

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