Confinements intimes #22

Cyrille Royer

23 novembre.

Aujourd'hui, c'est visite médicale. J'aurais pu le faire en téléconsultation, mais non, je ne vais pas manquer une occasion de sortir.

Je me rends donc à la médecine du travail. Dans la zone 1, je me signe au gel hydroalcoolique, je dois ensuite me positionner sur la zone 2, qui est matérialisée au sol par un carré d'un mètre sur un mètre à la rubalise, zone qui est en plein milieu du hall et permet d'être en visu depuis les deux secrétariats. Je trouve ça un poil exagéré.

La secrétaire ne me regarde pas quand elle me parle. Avec son masque et la plaque en plexiglass, je lui fais répéter trois fois chaque question, mais j'avais prévu un peu d'avance pour être pile à l'heure assis dans la salle d'attente.

Commence alors la phase de transparence : les gens passent autour de vous sans vous calculer, vous ne savez pas si l'une de ces personnes qui ont l'air trop affairé pour vous dire bonjour va s'occuper de vous tout à l'heure. Votre seule option est de patienter, ce qui est rudement indiqué dans une salle d'attente.

Avec une demi-heure de retard, une nouvelle porte s'ouvre, avec une personne tout aussi nouvelle qui vous appelle. Ça va, elle a l'air gentil.  On va procéder à l'échange. - D'accord. - Comment se passe le télétravail ? - Formidable, vous pensez bien. - Vous êtes bien installé ? - Ah oui ! Passer de trois écrans à un 13 pouces et d'un siège ergonomique à une chaise de cuisine, je ne vois pas qui se plaindrait. - Et le moral ? - Du feu de Dieu !

Du coup, je suis apte. Je vais pouvoir rester à la maison.

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