Confinements intimes #24

Cyrille Royer

25 novembre.

À la sainte Catherine, tout prend racine. J'ai planté mon doigt dans la terre, j'ai eu du mal à le retirer. J'ai dû couper les rhizomes de mon ongle qui commençaient à pousser dans tous les sens.

Vous vous dites ça y est, il est fou. Quand on manque de sommeil, on peut avoir des hallucinations auditives, puis des hallucinations visuelles. C'est les gars du Vendée Globe qui l'ont dit. Vous savez, ceux qui font le tour du monde à la voile en confiné volontaire. C'est des fous. Alors si vous dites que je suis fou, moi je dis que c'est eux les fous, tralala.

De toutes façons, l'histoire de mon doigt, c'est pas une hallucination visuelle. Demandez à mon chien.

Des hallucinations auditives, par contre ça oui, j'en ai eu. Trois fois. Deux fois en pleine nuit, curieusement à la même heure, deux heures du matin. Un long gémissement plaintif, puis le silence. Ma fille aussi l'a entendu. Ma maison a plus de cent ans, je ne sais pas ce qui a pu s'y passer, mais je ressens une énergie, clairement une présence.

La troisième fois, c'était en plein jour. Curieusement, j'étais seul, en télétravail comme par hasard. La même voix humaine plaintive, puis le calme envahit la maison. Je me précipite sur mon chien que je réveille, je vois bien qu'il n'en a à peu près rien à battre. Ou alors, il n'a pas entendu. Ce qui confirme que la présence veut entrer en contact avec moi, un humain.

Vous croyez que je dois arrêter de regarder « American Horror Story » ?

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