Confinements intimes #63

Cyrille Royer

3 janvier.

Je recommence à mal dormir. Ça me fait toujours ça quand je suis près de reprendre le boulot. Vous me direz, en télétravail, la transition doit être plus douce, mais je sais pas, les rapports ne sont pas les mêmes, je trouve. Plus pernicieux, peut-être, jamais directs. Ou c'est moi qui me fais ma paranoïa, enfin, on verra bien.

Ce matin, je suis retourné courir, je deviens un vrai pro. En fait, j'ai trouvé ma technique : courir pas vite et pas longtemps. Une fois que je respecte ces deux règles, je deviens extrêmement endurant.

En redescendant par l'hôpital, je vois mon entreprise qui sommeille en contrebas. D'accord, on est dimanche, mais demain ce sera pareil, et les jours suivants aussi.

Bientôt, ce genre de lieu n'aura plus raison d'être, ce bâtiment viendra gonfler les rangs des friches industrielles, ou deviendra monument historique, avec des visites guidées :
« Le bâtiment que vous observez devant vous avait, jusqu'au début du XXIème siècle, vocation à réunir les employés d'une même entreprise, qui parfois travaillaient à plusieurs dans la même pièce, communément appelée bureau.
- Pas possible ! Comment les gens pouvaient travailler en se voyant réellement ? C'est dingue ! ».

Ou alors ce grand hangar accueillera des raves parties. D'ailleurs, il paraît que la police ne s'occupe plus de déjouer des attentats terroristes mais des raves parties à l'heure actuelle.

On s'occupe comme on peut.

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