Décès.

Nanaah

Je revois encore tous ces gens rassemblés autour de toi. Des policiers nous empêchaient, ma sœur et moi, de les rejoindre. Il disait que cette scène nous "choquerait". Finalement, j'ai réussi à me faufiler à travers toutes ces personnes, et je t'ai vu. Tu étais couchée sur le sol. Ton teint était pâle, et tes yeux n'étaient plus aussi vifs qu'avant. Dans un soupir, tu m'avais demandé de me rapprocher. Je m'étais agenouillée près de toi. Tu semblais si faible, si fragile ! Tu me promettais que tout s'arrangerait. Que, très bientôt, tu m'emmèneras voir le Père Noël, que nous irons visiter mille et un pays, que nous dégusterons chaque sorte de glace, à la vanille, au chocolat, à la framboise, à la poire... Je croyais à tes belles paroles. Même si ta respiration s'accélérait, même si tu étais pâle, même si ta voix n'était plus qu'un murmure. Et puis, tu m'avais dit de veiller sur papa, sur ma sœur, sur le chien. Tu me disais que tu allais nous protéger, de là où tu serais. Tu me prenais dans tes bras et, dans un dernier soupir, tu déclarais m'aimer. Tu étais belle, maman, allongée sur le sol. En fait, tu étais tout le temps belle : quand tu étais maquillée ou non, triste ou joyeuse, vivante ou morte...

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