Déliquescence

another-day

Tout autour de toi est déliquescence.

Ton corps est une ruine, qui flotte à la surface d'un lac.


Il la tient embrassée entre ses bras blancs. Les bras d'icelle flirtent avec le vide, aucune accroche, aucune vie. Il pleure un peu sur son ombre blanche ; mon joli fantôme, tu as fini par la trouver, cette mort que tu cherchais avec tant d'avidité. Il caresse ses cheveux avec envie et désir. Mais non, tout ça, c'est fini.


Il s'approche du lac, à petits pas mesurés. Examine la surface, calme, limpide et liquide. Il se demande ce qui va se passer, à présent. A présent que tout est fini. Mon joli fantôme, vas-tu flotter, ou te laisser sombrer ?

Il dépose délicatement sa dépouille sur le dos d'une vague inexistante. Il l'observe se faire la malle, disparaître lentement sur l'horizon bleu-noir. Mon joli fantôme indéfectible, promets-moi de me revenir lorsque tu en auras fini avec tes pensées morbides.

Il se fait lui-même la malle, presque indolemment. Il essaie d'ébaucher un sourire mais abandonne et puis s'enfuit.


Elle a décidé de flotter. Ses petits membres ivoirins flirtent avec le vide, aucune accroche, aucune vie... Mais de l'eau. De l'eau, tout autour d'elle, qui la porte on ne sait où, peut-être vers lui, peut-être ailleurs. Son visage respire la tristesse. Ses traits sont déformés par la douleur.

Mon joli fantôme, qu'as-tu fait pour en arriver là ? Pourquoi ne me réponds-tu pas ?


Je suis déliquescence.

Je suis une ruine.

Mais maintenant, je suis heureuse.

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