Depraved Citizen

juecrivain

Nous sommes entré dans le troisième millénaire ou tout nous est arrivé en pleine face ; la surpopulation, une société accro à la technologie, ou alors c'est la technologie qui est accro à nous, et la conquête spatiale qui est enfin à notre portée. A croire que cette dernière est arrivée pile quand on avait besoin d'elle, on nous aurait caché des choses ? Allez savoir...

En tous cas si j'écris cette lettre c'est pas pour raconter ma vie, qui ma foi n'est pas bien glorieuse, bien que je le devrais...Ma famille devrait m'apporter la joie, mon nouveau job de la satisfaction...Bordel mais dans quel monde on vit ! Obligé d'écrire mes ressentis sur un papelard !

J'aurais tellement aimé resté dans ma patrie, ma très chère Irlande...ma place est auprès d'elle mais elle refuse de me la donner. Je me sens trop à l'étroit dans ma contrée verte.Me sentirais je différent des autres?Meilleur ? Sans avenir ? Quel est mon rôle dans tout ça ? Faire de la philosophie à mon âge, mais il a dix ans on m'aurait dis ça, j'aurais sauté à la gueule du corniaud qui aurait osé glissé cette idée dans le creux de mon oreille...

Mais les faits sont là, j'ai un boulot qui craint, mais c'est moi qui ai choisi cette voie, c'est qu'il faut bien amener la bouffe sur la table, si on peut appeler ça de la bouffe, pour des personnes que je reconnais et apprécie de moins en moins. Le mot famille me paraît bien insignifiant pour moi...

Je ferais tout pour ce que j'écris ne tombe pas dans un carton souillé d'humidité qui traînera au fin fond d'une benne à recycler. Il suffit simplement que ma femme ne tombe pas dessus.

Voici donc mon premier écrit de ma vie, jouer au psychiatre ça va me plaire...Un visionnaire parmi les cinglés.

Merkus McKeller

25 février 3456, Armstrong City.

 ////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

22 Septembre 3455, Quartier Hamsteel, Armstrong City, 5H49 du matin.

Tout était si calme, tranquille...le sommeil profond. On ne pense plus à rien, on est comme dans un néant lui même piégé dans un néant. Et puis soudain...

« ...un quart d'heure après la pub avec l'horoscope de Macha, et dix minutes de musiques ensuite avec entre autres Marianna Show, les Fast Funzis et le tube du moment de Dae ; Last chance to love you. A tout de suite sur Moon Rise FM.

Envie d'un crédit pour acheter la voiture de vos rêves, alors demandez le chez Simplissima ! Avec nos offres de... »

Un poing venait de se fracasser sur ce qui était avant un radio réveil à affichage holographique. Et le juron s'en suivit d'un naturel effarant.

- Bordel...

Une masse se mouva dans la pièce plongé dans les ténèbres. Une odeur de sueur et de cigarettes emplissaient la chambre.

- Ça t’arrive souvent de te réveiller comme ça ? Lança une voix masculine.

- Prend tes affaires et tire toi, lui répondit Ghetty.

- J'ai même pas le droit au petit déjeuner au pieu ?

- Dégage et si l'envie te prend de venir me voir ici, tu risques de repartir sans tes attributs, tu m'as bien compris ? Le ton de sa voix avait vraiment durci sur ses dernières paroles, ce qui ne laissa plus de doutes pour le gars qui a eu la chance de partager sa couche.

L’intéressé se leva et prenna la peine d'allumer un luminaire de chevet, ce qui rendit Ghetty encore plus maussade, elle qui n'aimait pas émerger du sommeil à coup de lumières. L'homme voulait simplement retrouver ses vêtements éparpillés un peu partout comme les cadavres de bouteilles de whisky et de tequila vides jonchées sur le sol, mais aussi tant qu'à faire, entrevoir une dernière fois le corps de la jeune femme une dernière fois. Et dieu qu'il était beau à voir. Un adieu charnel, sans le coté physique.

Il retrouva une à une ses affaires, enfila directement son pantalon et sa chemise sans passer ses sous vêtements, et se dirigea vers la porte d'entrée, en regardant sa conquête d'un soir une dernière fois :

- Bon et bien...merci !

Ses mots avaient un ton sarcastique bien déguisés sous un sourire qui en disait long, mais Ghetty n'en avait que faire. Son regard fixé vers le plafond, elle était perdue dans d'innombrables pensées.

Après que la porte coulissante se referma, elle décida de sortir de son coma rempli d'alcool et de creazy, car si le réveil sonnait si tôt c'est qu'une longue journée l'attendait. Et son job n'attendait pas.

Elle s'asseya sur son lit, avec pour l'accompagnement une terrible migraine qui la lançait jusque dans la nuque. Cette douleur, elle la connaissait que trop bien, son addiction à la débauche lui pourrirait un jour disait t'elle, mais stopper tout ça n était pas encore prévu, elle n'était pas encore prête...à entrer dans une voie saine.

La lumière du luminaire lui fit éblouir ses yeux bleus, très clairs, montés sur un visage fin qui était gratifié d'une petite fossette au menton. Son sourire, assez ravageur, faisait office d'arme fatale quand elle voulait arriver à ses fins pour quoi que ce soit, mais sourire naturellement lui était par contre prohibé. Comme si tout bonheur lui avait été interdit, arraché même au cœur de son être.

Elle possédait une coiffure assez à la mode, des cheveux au carré, blonds naturels, avec une mèche brune qui lui tombait sur l’œil droit, qui elle était vraiment artificielle. Mais ce qui rendait le plus fier Ghetty, c'était son corps en particulier, vraiment athlétique qui lui rendait bien service dans la vie de tous les jours et accessoirement, faisait baver les heureux élus qui avaient récolté le ticket gagnant pour un soir avec elle. Et ce n'est pas son tatouage sur sa poitrine, FUCK THE LIFE, qui aurait fais fuir les curieux, c'était le moyen pour elle d'annoncer la couleur.

Elle chercha désespérément quelque chose sous son lit, et finit par trouver son bonheur ; ses cigarettes light. Elle appliqua le paquet à sa bouche et en sortit une tige bourrée de nicotine, mais sans goudron et surtout sans filtre. Belle invention de troisième millénaire qui a fait diminué les cas de cancer, mais aura fallu un sacrifice hors du commun au fabriquant de ces engendreurs de morts.

Elle alluma sa clope avec le briquet électronique intégré au paquet, et se délecta de la première bouffée qui lui monta à la tête et mis au clou sa terrible migraine.

Sa cigarette à peine terminée, elle jeta son mégot par terre et se dirigea vers le Watersteam, histoire de se débarrasser de la sueur collante et l'odeur de tequila. Ces systèmes nouvelle génération d’hygiène corporelle faisait fureur depuis deux années seulement. Ils lavaient une personne avec un concept de pression d'eau sous vapeur en 10 secondes maximum, avec seulement un litre d'eau en réserve. Cette méthode était parfaite pour Ghetty, qui n'aimait pas traîner longtemps sous les douches traditionnelles ; le prix de l'eau avait considérablement augmenté, même avec le recyclage constant sur cette colonie.

Elle retourna ensuite près de son lit pour tenter de retrouver des vêtements qui n'auraient pas eu l'air d'avoir vécu la guerre, un jean et un maillot de couleur bleu, les enfila en vitesse et se dirigea enfin vers son armoire. Dedans attendaient sagement son gilet anti-balles et son arme de service, le Glock 57T, avec chargeur 20 coups et double canon. Le métier de chasseurs de primes avait ses risques et une bonne arme fiable assurait les chances de survie. Même si paradoxalement, il était impératif de ramener ses cibles vivantes, ou alors blessées, mais en aucun cas mortes, sauf en cas d'accident involontaire. Le FPJ voulait juger tout les criminels qui traînaient dans la galaxie, et ramener un cadavre équivalait à la peine de mort pour un chasseur de primes, telle était la règle. Cela avait plutôt réussi à Ghetty jusqu'à maintenant, mais elle en a connu des moins chanceux... en général des fous de la gâchette.

Après avoir revêtu son armure de guerre, comme elle aimait l'appeler, elle installait sur son poignet gauche sa WP, surnommée Wipi, une montre téléphone à écran tactile 5 pouces qui prenait un bonne place sur l'avant bras.

Elle était enfin prête pour attaquer sa journée, mais avant tout elle devait donner une directive à son confident, un chat à pelage blanc, qui ne bougeait jamais de son coin favori, le plan de travail de la cuisine :

- Garde la maison toi !

Les yeux bleus du chat la suivirent jusqu'au moment de la fermeture de la porte d'entrée.

Ghetty se hâta d'aller au parking, elle était en retard pour son plan et il ne fallait le faire foirer, sinon c'était une grosse prime qui lui filerait entre les doigts.

Sa voiture personnelle, une Mercedes Benchmark blanche, totalement électrique, l'attendait garée de façon à démarrer le plus vite possible si le besoin s'en ferait sentir, elle ne laissait jamais ce genre de détail à la légère.

A peine installée dans sa voiture que Ghetty sentait son mal de crâne revenir, elle pensait qu'une deuxième cigarette du matin pourrait arranger cela. Elle s'empressa de l'allumer et dans la foulée activa son véhicule par commande vocale :

- Démarrage, direction angle de la rue Sweet et de la 57éme avenue, mode automatique.

- Rue Sweet, 57ème avenue, mode automatique. Confirmer ? Fit une voix féminine synthétique.

- Confirmé, répondit Ghetty qui pouvait profiter de la route pour consommer sa cigarette sans à se soucier de la route.

Le véhicule se mit en route, phares allumés et volant en retrait du tableau de bord, pour amener la chasseuse de primes vers une journée dont elle les aimait en particulier, chasser une proie en ayant le cerveau encore embué des excès de la veille. Une journée où elle ne penserait qu'au travail et rien d'autre.

22 septembre 3455, Angle rue Sweet et 57ème avenue, Armstrong City, 6H28 du matin.

La vie sur la Lune était vraiment déconcertante, en particulier pour les natifs de la Terre. Vivre sur un rocher qui ne possède pas de climat, une température toujours ambiante et ne pas ressentir les effets du soleil en permanence ont eu raisons de beaucoup de colons. Posséder le plus beau panorama de l'univers n'était pas suffisant.

Armstrong City fut établie dès que les premiers essais de terraformation furent concluant et cela avait duré une décennie au moins. Seulement une poignée de chercheurs venus des quatre coins de la planète bleue ont mis au point le système, ravitaillés tout les mois par navette en vivre et matériels.

Cette première colonie fut baptisé du nom du premier homme, un américain, qui aurait marché sur la Lune au vingtième siècle. Les scientifiques qui ont bâtis avec leur méninges cette ville n'ont pas eu le droit au même égards apparemment.

Le sol lunaire fut revendiquée très vite par le gouvernement américain, et personne n'y avait trouvé à redire.Tout cela s'était décidé avant la coalition des territoires, en prédiction des futures conquêtes spatiales.

Une société de haute-technologie emerga de l'ombre en peu de temps, La FASPACE CORPORATION. Son idée de génie fut de développer le seul moyen de locomotion à grande vitesse entre la Terre et la Lune, et d'en détenir les brevets exclusifs. Ce procédé permet d'accélérer n'importe quel vaisseau en vitesse lumière sur des petites distances, l'astuce était donc de parsemer des propulseurs tout le long du trajet, et de cette manière les voyages interplanétaires étaient nés. Il fallait cinq minutes environ pour rallier la planète et son astre.

Des postes de contrôles douaniers étaient mis en orbite de la Terre et de la Lune pour contrôler les flux de marchandises et de passagers.

Et ce fut ensuite au tour de la planète Mars de joindre la grande folie spatiale des hommes. Avec elle tout à changé, un gouvernement Terrien et Martien furent crée, totalement indépendant, avec leur propre lois et consortium. Notre galaxie devenait petit à petit une propriété de L'Homme, qui n'allait pas s’arrêter en si bon chemin car la NASA avait maintenant pour projet de conquérir Vénus et Mercure.

Tout cela arrivait à point nommé pour la race humaine car elle atteignait dangereusement les limites de la vieille planète bleue ; surpopulation, le réchauffement climatique qui avait quasiment mis fin aux pôles glaciers, le pétrole devenu de plus en plus onéreux et rare. Quand la NASA avait présentée le premier projet de terraformation, on pensait que cela serait possible dans deux ou trois générations...il a fallut seulement une dizaine d'années pour enfin toucher du doigt un rêve inimaginable.

Armstrong City n'avait néanmoins rien de différent au niveau des villes terriennes, les bâtiments était en briques, bitume, buildings en verre et panneaux publicitaires géants faisaient le charme de cette colonie. Ghetty retrouvait là l'esprit de New York et cela ne lui déplaisait pas. Chaque New Yorkais possède sa ville dans son cœur, c'est un dicton bien connu. Si Ghetty est venue s'échouer sur le rocher, le sobriquet donné par les résidents de la colonie pour désigner la Lune, c'est que la FPJ, la Fédération Policière et Judiciaire rattaché à la Terre et à la Lune, lui avait fortement conseillé d'y s'établir. Avec ses trois cent milles habitants seulement, la colonie lunaire offrait plus de possibilités aux traqueurs, autre nom des chasseurs de primes, de se faire un jolie pactole plus facilement que dans les grandes villes surpeuplés où le nombres de chasseurs de primes devenaient trop important par rapport aux criminels à traquer. Et en parlant d'argent, Ghetty devait se faire une jolie prime aujourd'hui, si tout se passait comme prévu.

Elle craignait d'arriver en retard pour le déroulement de son plan, mais il semblerait qu'elle soit chanceuse. Son point d’intérêt venait juste de sortir de son appartement alors que sa voiture venait d'arriver à l'endroit voulu.

- Arrivée à destination.

- C'était juste...Allez mon vieux, amène moi jusqu'au coq...Mode manuel !

- Mode manuel. Confirmer ?

- Confirmé oui !

Le volant se mit en position de conduite manuelle, Ghetty l'agrippa et commença à suivre tranquillement l’intéressé. Il possédait une carrure trapue, portait un long pardessus beige et cachait son visage partiellement derrière le large col et des cheveux longs bruns. Et ce ne sont pas les lampadaires de la rue foncièrement calme qui allait l'aider à mieux voir sa face. Cet homme se prénommait Garry Kinsley et il devait rencontrer un certain Lorn.

Via l'affiche de recherche de Ghetty, elle devait traquer Lorn Farday, surnommé La Corne dans le milieu. La Corne s'amusait à fracturer des appartements sur la colonie et revendre ses larcins. C'était qu'une petite frappe sans envergure, mais avec une prime de quatre mille dollars à la clé, la chasseuse ne pouvait pas passer à coté. Le bougre s'était fait identifier par des témoins et les forces de l'ordre locaux n'avaient pas le temps, ou l'envie, de traquer des petites frappes dans son genre. La criminalité était assez répandue dans la ville, et les traqueurs étaient les bienvenus ici.

Garry et ce Lorn devait se voir ce jour même vers 6H30 pour se passer des marchandises volés. Ghetty avait obtenu la piste il y a une semaine en questionnant un de ses indic régulier. Le connaissant de nom et ne sachant pas où habite la Corne, il l'avait aiguillé sur un certain gars qui fréquentait un certain Lorn. L'info ne mangeait pas de pain et pouvait s'avérer payante. Après avoir dissimulé un mouchard dans son communicateur de maison, Ghetty pirata toutes ses communications avec son Piwi et entendit ce qu'elle voulait entendre. Un rendez vous avec un Lorn tôt un matin dans une certaine planque.

Après deux croisements de rues, Garry s'engaga dans une allée sur la gauche de la voie, trop étroite pour y faufiler une voiture. Ghetty pesta mais n'avait pas d’autres choix que de le suivre à pied. Elle gara sa Mercedes à cheval sur le trottoir de droite.

- Mode antivol actif ! Il n'y avait pas besoin de confirmation pour cette directive, ce qui arrangea Ghetty qui avait une certaine irritation à répéter maintes fois le même mot à une machine.

Elle se dépêcha de refermer la portière papillon du véhicule et rejoignit son lascar dans la fameuse allée.

Elle était vide.

Ghetty analysa la situation. L'homme n'a pas pu rejoindre la rue à l'autre bout, ou alors il court plus vite qu'une navette. Non, il devait y avoir une entrée calfeutrée quelque part. La chasseuse avança prudemment, la main droite posé sur le Glock attaché à sa ceinture.

Elle sorti de son gilet anti balles une petite LED à poche lui permettant d'éclairer les murs des bâtiments de chaque coté. Elle trouva enfin quelque chose de suspect. Une petite porte de fer grillagée, donnant sûrement dans un sous sol. Un endroit parfait pour une rencontre, un endroit parfait pour recueillir de la marchandise volée. Ghetty éteigna sa LED et s'approcha de la porte, en espérant que ce ne soit pas un piège. Même si sa filature n'a pas du être décelée, elle resta prudente.

Elle tourna très doucement la poignée et ouvrit la porte en priant qu'elle ne grince pas. La chance lui souriait vraiment ce matin, et elle tendit l'oreille pour suspendre de quelconque bruits. Un brouhaha peu lointain résonnait. Sa LED rallumée, elle éclaira son chemin et s'engouffra sur de petites marches en pierres. Ghetty n'espérait qu'une chose maintenant que

Elle se trouva dans une cave traditionnelle, la charpente en bois qui soutenait le plancher du rez de chaussée et le bordel qu'on y emmagasinait d'habitude la confortait dans l'idée du lieu. Il y avait d'ailleurs même un peu trop de chose entassée à son goût. Elle aperçut tout de même dans un box beaucoup de pass d'appartements et des télécommandes intelligentes de voitures. Pas normal tout ça. La chasseuse aurait voulu en ouvrir quelque uns pour vérifier le contenu, mais elle se rendu compte que les chuchotements s'étaient très vite transformés en conversation. Elle préféra se rapprocher davantage et se fondre dans le décor pour ne pas perdre une miette du spectacle. La face de Garry lui fut révélé, le néon à plasma accroché au plafond était idéalement placé ; un petit nez fin planté sur un visage au menton carré, une bouche mince et des petits yeux. La bonne tête d'un gars louche conclua Ghetty. Le deuxième homme qui conversait avait par contre lui un look plus banal, et conforme à sa fiche de recherche ; un gars de grande taille, cheveux bruns taillés à la brosse et un visage age plutôt accrocheur bardé de yeux noisettes. Son accoutrement ferait penser presque à un homme d'affaires, avec sa chemise à rayures et son pantalon noir en toile. Il aurait fait l'affaire de la traqueuse l'histoire d'une nuit, mais cette fois elle devait le ramener au FPJ et non dans sans son lit.

En planque le long d'une étagère remplie d'objets de toute sorte, Ghetty absorbait chaque mot des deux protagonistes. Le ton était vif, telle une querelle amicale.

- De toute façon, je dois quitter cette colonie, j'ai l’impression de m’être fait repéré...je me demande bien comment. La Corne attrapa sa veste assorti à son pantalon au même moment et commença à l'enfiler.

- P'tin, c'est pour ça alors le costard ? Tu devrais me laisser la clé d'ici, j'pourrais gérer le...

- Tu ne géreras rien du tout !!

Sa réplique avait coupé net le sifflet du Garry. La colère prenna place à l’incompréhension.

- Bo'del mais c'est pas moi qui t'ai balancé !!! Pourquoi je le ferais d'ailleurs ? J'ai besoin de ton business pour bouffer mon vieux !

- Laisse tomber va, il faut mieux tout arrêter.

- Attends Lorn, fais pas le chien quoi !! Repenses y, ça pourrait te servir d'avoir du pognon au frais ici !

- Je ne pense plus refoutre les pieds dans cette ville et excuse moi mon vieux, mais je ne te fais pas assez confiance...

Lorn posa une main amicale sur l'épaule de son refourgueur attitré mais ce dernier la repoussa violemment. La Corne n'as pas eu l'envie de le toiser, mais seulement de poser un regard noir sur lui.

- Allez dégage, avant que je m’énerve vraiment !

Kinsley tourna les talons et se dirigea vers la sortie de la cave. Ghetty se devait d'intervenir, et de plus sa cachette était tellement plongée dans l'obscurité que le Garry passerait à coté d'elle sans l'apercevoir. Elle pria par contre que Lorn ne s'enfuit pas par le rez de chaussée de la bâtisse, que la peur du flingue lui paralyse les jambes. Mais la cible était en train de rassembler ses papiers d'identifications et quelques bricoles dans un sac de voyage posé sur une table en aluminium. La taille du sac indiqua clairement qu'un aller simple vers sa nouvelle destination.

Après avoir entendu le claquement de la porte en fer, la traqueuse ne perdit pas une seconde et se rua sur la Corne, le Glock pointé sur le malheureux fuyard.

- Pose tes mains sur la table et bien sur, tout doucement...

Lorn en était petrifié. Il fixa la chasseuse un instant puis s’exécuta, avec un rictus qui sortit comme par dépit.

- Enfoiré de Garry...

- Baisse tes yeux, mate la table. Ghetty donna ses directives comme elle avait appris, sur un entonnement ferme et précis. Tu es Lorn Farday ?

- Fouille dans mon sac et tu verras...

- Mais avec joie ! T'as pas intérêt à bouger d'un poil.

Elle attira le sac vers elle avec sa main gauche et le fouilla jusqu'à trouver son bonheur : sa carte d'identification. Elle l'ouvrit et sans surprise, le nom noté n'était qu'un nom d'emprunt.

- Alors, on a eu recours à un faussaire ?...Retire ta veste et montre moi ton bras gauche.

Farday décolla les mains de la table et se déshabilla sur les ordres de la belle chasseuse. Il lui montrât ce qu'elle voulait voir ; un tatouage d'une tête de rhinocéros, affublé d'une corne unique. Elle ne savait pas sa signification et elle en avait rien à faire : elle avait trouvé ses quatre mille dollars en chair et en os.

- Lorn Farday, pardon, « la Corne », t'es en état d'arrestation. Tourne toi, les mains dans le dos.

La procédure était suivie parfaitement ; identification et arrestation. Et le tout sans tirer un coup de feu. Ghetty sortit avec sa main gauche de son gilet un lien électronique. Cette petite merveille se placa avec une seule main autour des poignets de la victime et se serra automatiquement avec une pression sur le bouton central. Et le fin du fin, ces liens étaient reliés avec le Glock des chasseurs de primes. Un coup sur le déclencheur placé entre la détente et le deuxième canon de l'engin et cela envoya des décharges électriques de trois cent volts au porteur du lien. Il n'est rien de dire que lorsque ces menottes si particulières sont installées, les traqueurs peuvent arrêter de retenir leur souffle.

Après avoir senti la poigne du lien autour de ses poignets, Farday se risqua de tourner la tête vers sa tortionnaire et de converser avec avec une arrogance certaine :

- Dis moi, belle comme tu es, tu as sûrement un petit nom ? Histoire que je me souvienne de qui j'ai eu affaire. Et te retrouver plus tard...

La chasseuse sourit au malfrat.

- C'est Ghetty Shifft, avec deux f. Et tu risques pas de sortir là où je t’emmène, ils adorent les petits nouveaux de ton genre. Si tu vois ce que je veux dire...

Signaler ce texte