En paix

lfgv26

L'eau tambourine la tôle de mon abris, depuis hier soir. Je ne suis pas sortie. Je n'ai pas manger. Je n'ai fait d'autres choses que d'écouter le bruit de la pluie et de regarder sa beauté lorsque ses gouttes rebondissent sur les feuille du vieux chêne qui se déploie face a moi. Seule dans mon abris, seule dans la forêt. Je me sens libre sans même bouger. La nature est rentrée, elle s'est encrée en moi, en mon âme. C'est comme si la puissance qui se dégage de la froide pluie de ce mois d'octobre permettait à mon corps de se purifier. Mais voilà que mes pensées ne sont plus organisées. Je me sentais peu à peu submergée par la force torrentielle de la nature créé par l'alchimie de la pluie, du vent frais, et du brouillard épais. Se déshabiller. Y aller. Me voile nue sous la pluie bâtant mon corps de plein fouet. En apnée, ne plus bouger. Je me sentais peu à peu m'effondrer. Voilà une sensation d'ivresse tellement forte qui empoignait mon corps et mon cœur que le besoin de respirer perdait de sa valeur face au plaisir de sentir mon âme, de mon corps, déguerpir. Me voilà à moitié morte, dans la froideur de cette mâtinée d'automne. Partir me faisait rêver, mais vivre me faisait espérer. Je me suis mise à courir pour retrouver mon abris. J'ai pleurer. Pleurer de peur de ne pas m'en sortir. Pleurer de honte de ne pas avoir réussie à me laisser mourir. Pleurer de plaisir d'avoir eue l'envie de vivre. Sentiments et émotions se mélangent.

C'est bon de se sentir en vie.

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