Entre un père et son fils de 8 ans

chris-mo

...des fois, j'aime la magie

Entre un père et son fils de huit ans… des fois, j'aime la magie.

Je notais quelques mots sur une feuille volante quand il entra dans ma chambre.
Il se mit à lire les titres de livres qui garnissaient le meuble qui les supportait, à l'envers.
J'avais bien compris que c'était pour m'inviter à jouer avec lui – ça nous arrive de citer des mots à l'envers — ou juste pour bifurquer sur un autre divertissement dont nous avions l'habitude — comme le combat de catch. Je lui intimai d'un ton grincheux, sans décibel démesuré, qu'il devait cesser ce petit intermède, car cela me dérangeait. Quel mauvais père !
Alors qu'il fût prêt à sortir de la pièce, j'en profitai pour lui proposer de lire les titres des ouvrages de la bibliothèque dans leur sens d'origine, à l'endroit. Il accepta avec plaisir.
Très impressionné par le nombre de pages qu'il caressait, il me demanda lequel était le plus gros, le plus petit, etc.… Il feuilletait pour découvrir un 987 ou un 452 final en poussant toujours la même exclamation d'étonnement : un « wouah » discret, sincère et amusant.
C'est ainsi et avec mon soutien le plus tendre qu'il put remarquer et comprendre que des livres, à épaisseur égale, ne proposaient pas forcément la même quantité de lecture. Bien qu'ils ne soient pas comparables, je lui montrai la différence entre la constitution de « Et quelquefois j'ai comme une grande idée », dense et peu espacé ; et « Troisième humanité » avec plus de découpe et d'aération. 
Logiquement, après coup, j'en vain à lui expliquer qu'une seule histoire pouvait tenir dans plusieurs livres.
Je choisis comme exemple « Acacia » qui se trouvait devant nous, j'ouvris le premier tome de poche afin de lui montrer le nombre de pages total ; j'insistai ensuite sur le fait que c'était un seul tome sur les trois qui attendait dans la pile de bouquins à lire. Je lui parlai alors du terme de saga. Une seule histoire sur plusieurs livres. Un exemple classique et connu mondialement — sûrement par l'intervention du cinéma — me vint à l'esprit, « Harry Potter », un récit qui tient dans 7 romans ; je trouvai aussi « La Ballade de Pern » qui contient pas moins de 15 livres réunis en cinq jolies intégrales en format poche. J'illustrai mes propos par de belles images trouvées sur internet.

Voilà comment nous bavardâmes devant ma bibliothèque pendant près d'une demi-heure ou peut-être un peu plus - en tout les cas, le temps avait disparu.
En me rappelant ma condition de passionné de livres, il me proposa de m'écrire une saga de 9 romans quand il serait grand ; comme cela je pourrai lire et relire son histoire toute la journée, tout le temps que je le voudrais.

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