Face à une infinité de choix

dreamcatcher

Photographie tirée du film.

Mr. Nobody

Film de Jaco Van Dormael (2009), avec Jared Leto, et Diane Kruger.

Je dois vous avouer que pendant les quinze premières minutes, je me suis demandée où est-ce que j'avais atterri. Face à nous ne font que s'enchaîner plusieurs scènes où l'on voit Jared Leto mourir plusieurs fois, dans plusieurs vies. Et là, on se demande: laquelle est la bonne ? Va-t-il se réveiller au bout d'un moment ? Quel cauchemar de dingue. 
Puis on finit par suivre une histoire, deux histoires, trois histoires ... On essaye d'en suivre quatre, cinq, six ... Au bout d'un moment, on se perd un peu alors on laisse le film tourner en se disant qu'on comprendra bien à la fin (quelle idée!).

La seule chose à retenir: on a toujours le choix. Tant qu'on ne choisit pas, tout est possible. Mais à force de ne pas faire de choix, entre les éclairs au chocolat et les petits fourrés à la fraise par exemple, et qu'on garde sa pièce pour le jour où notre choix sera fait ... Oui, à force, la pièce tombe dans les égouts. La pièce tombe et ne reviendra pas avant le Big Crunch (théorie expliquée dans le film). Ou la pièce vous fera faire de mauvais choix ... Vous fera tuer.

Nemo est un petit garçon de 9 ans, confronté au plus dur des choix à cet âge: choisir entre son père et sa mère. Séparés, l'une prend le train, l'autre reste sur le quai. Et Nemo alors ? A partir de là, toute une série de choix va s'offrir à lui ...

Deux vies différentes selon le parent qu'il choisira. Elles-mêmes divisées en plusieurs vies différentes selon les mots qu'il dira, les personnes qu'il croisera, les choix (encore) qu'il fera. Elise, Jeanne, ou Anna ? Trois filles, trois femmes, avec lesquelles il pourrait se marier. Trois couleurs. Et plus que trois destins différents puisqu'à l'intérieur même de ses vies d'adulte, Nemo s'écrit plusieurs vies encore.

Si, avant notre naissance, nous étions omniscients, mais qu'avant de naître, des anges nous faisaient tout oublier ... Si, au moment de taire les souvenirs, les anges avaient oublié Nemo ... Alors il saurait tout, connaîtrait tous ses possibles. Il saurait quel effet aura le papillon à l'autre bout du globe. Il écrirait ses vies et connaîtrait ses morts.

Nemo à la maintenance des piscines; milliardaire; dans un univers de science-fiction sur Mars; père de famille; absolument seul; et Nemo vieux, dans un monde où il est le dernier mortel (car là-bas, la mort n'existe plus ... grâce à des cochons)...
Et parmi toutes ses vies différentes, Nemo Nobody nous explique ce qu'est l'amour, le big bang, certaines lois de physique, métaphysique et autres, les peurs innées ... Enfin, plein de choses formidablement intéressantes et on croirait que quelqu'un a coupé le film pour inclure des vidéos de Youtubeur-génie (et c'est plutôt cool).

Tout est découpé, déstructuré. Difficile à suivre. Mais l'esthétique est tellement belle. Les liens entre les scènes se font sans qu'on n'y pense vraiment ... Sans qu'on s'en rende compte, tout est pensé au millimètre près. Tout est parfaitement imparfait. On se retrouve balancé dans plusieurs univers, plusieurs couleurs selon chaque vie, plusieurs émotions et un tas de questions.

L'amour, la vie, une infinité de possibles devant nous. Quel chemin prendre ? Quelle direction choisir ? Quel côté de la pièce suivre ?

P.S: Les musiques sont carrément au top.

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