Fadeur des jours calmes

Dorian Leto

Arès dressait en son esprit un panégyrique dithyrambique
De son Aphrodite aux airs concupiscents, si rayonnante de chairs et de regards vifs.
Etendu en travers de sa couche tendre,
Il observait Hélios débutant sa longue course.
Gaïa respirait l'été et, Perséphone ayant laissé Hadès guider ses âmes,
Le dieu guerrier s'abandonnait aux caresses de la tiédeur sur sa peau.

Qu'en dire ? Vous le savez.
La maîtresse du  monde des Dieux, la douce Eris, n'était t-elle pas trop bien cachée ?
Quoi, entre Héra et Athéna, Zeus et ses mortelles, Aphrodite et tous les autres, rien ?
Non, vraiment ?
La Discorde est en vacance ! Le Chaos a posé sa journée !
Eh bien !

Notre premier protagoniste, paupières closes, jubjotait tranquillement et son amante l'attendait déjà.
Le contact des draps de satin sur un corps nu et la brise qui se glisse au travers des colonnes,
Sifflant et caressante,
La chaleur doucereuse et l'odeur de l'herbe coupée fraîchement ont raison de toute volonté.
Quand l'esprit est semi-clos et que douceur est sensation maîtresse,
La vie prend tout son sens –n'en déplaise à Platon, Lucrèce vainc alors.

Surviennent les premiers grondements sourds et une pluie diluvienne se met à déverser ses haines,
Zeus entre en colère.
« Tiens, Eris est de retour. Pas trop tôt ! »

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