Fièvre

Dorian Leto

Tout a commencé avec Lucio Bukowski.

Reprends un verre
Bois ton salaire
Oublie, oublie
Oublie, délie
Les constructions
Embrigadantes
La destruction
Comme descente
Libératrice
Laisse les vices
Purger les maux,
Brûler les mots

Travaille pour payer l'alcool
Et oublier que tu travailles ;
Sur un capot ou droit au sol
-pour tenter de combler les failles
Creusées dans ton âme phtisique-
Dissémine ta génétique.
Sois viril, pour montrer au monde
Ta légitimité profonde,
Sois féminine, dans tous les cas
Même face aux humains fracas.
Et quand tu es seul le soir, pleure,
Angoisse, tu le sais : c'est un leurre.

Et ce sont les passions animales qui naissent,
Et les suffocations nocturnes de la peur.
Transpiration, lumières criardes et sans cesse
Les hurlements étouffés dans l'oreiller meurent,
On se trémousse sur des pistes trop étroites
Car lorsque la musique s'arrête, le néant
Où se pressent les ombres, relents des foules moites,
Et les cauchemars renaissent, tels d'anciens géants.
C'est uniquement pour effacer les terreurs
Que l'on fait naître les passions de quelques heures.
Piétine les éclats brisés de rêves et verre,
Comprends ton vide identitaire : bois ton salaire.

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