FUCKING ASSHOLE

lollapalooza

A peine arrivé en salle, je m’attelai de nouveau à mon hobby quotidien : boire detout mon saoul … J’attendais un dealer anonyme dans un bar du XIVème, appelé par l’intermédiaire d’un pote, afin de me procurer ma dose de la soirée. Après avoir commandé et ingurgité 3 pintes de bière, je me rendis finalement compte que l’imbécile tant attendu ne viendrait jamais. 

La mort dans l’âme, je me préparai à vaquer à d’autres occupations lorsque je vis un couple attablé derrière moi, se déchirant en séance publique. Ce n’était pas un couple de jeunes, non. Un couple bien établit, financièrement stable (cela se sentait), sûrement mariés depuis quelques temps avec enfants au compteur. Assister à cela m’horripila profondément : étant incapable d’aimer et d’être aimé, une peur viscérale m’envahit à l’idée de devoir affronter ce type de situation, si je devais bien sûr connaître le miracle du Mariage. L’Époux semblait désemparé face à l’Épouse. Celle-ci éructait au possible, traitant sa chère moitié de tous les noms … 

Ne souhaitant absolument pas m’interposer dans une situation aussi privée que malsaine, je fis mine de m’en aller lorsque j’entendis l’Épouse, redevenue toute gentille, s’adresser à moi : « Excusez-moi Monsieur, désolée de vous importuner. Puis-je savoir pourquoi partez-vous ? On vous dérange ? ». Que répondre à cela, sérieusement ?!

« Non, Madame, vous ne me dérangez pas. Je décide simplement de quitter cet endroit après avoir consommé » dis-je de manière affable. Sale habitude …

- Il semble pourtant que vous soyez bien en train de partir d’ici à cause de nous. Vous n’avez jamais vu de couples se prendre le chou en public ? Qu’est-ce que cela sera pour vous lorsque vous serez à votre tour confronté à ce genre de situation ? »

Pas besoin de réfléchir lorsque l’on me pose ce genre de question absurde, encore moins lorsque l’on touche cette corde plus que sensible. 

« Madame, et avec tout le respect que je vous dois, Monsieur, je vous prie d’éviter de dire ce genre de conneries en public ! Et encore moins de croire que votre question fût un tant soit peu intelligente, quelle que soit la personne à qui vous auriez pu la poser !? Depuis 20 minutes, vous gueulez sur votre mari. Et vous vous étonnez après cela que je quitte ce bar. Même un chien recevrait davantage de considération de votre part !! Je prie le ciel pour connaître l’amour, pas pour être réduit à vivre comme une bête … “

Après quoi, je conclus ce court échange à sens unique en m’adressant à l’Époux, succinctement :

“Mettez lui un bon coup dans le cul ce soir … Vous n’êtes tous deux pas loin de finir dans la rubrique Faits-divers.”

Signaler ce texte