Gab'

fefe

Extrait du roman (exactement prit au hasard) qui sortira à l'automne d'une année inconnue

Il y avait une agence sur Paris qui semblait avoir des petites missions qui pouvaient avoir le mérite de garder un pied sur terre et de faire un peu de cash. C'est par là que Gabriel commença sa journée.

On y trouvait une majorité de job qui exigeait soit une première expérience réussis soit un diplôme spécifique. Il a monté un dossier avec un conseiller. Il a dit qu'il était disponible n'importe quand et pour n'importe quoi qui lui apporte une première expérience dans quelque chose. Pas chiant le type.

Le mec en face non plus cela dit. Pas de question, Gabriel voilà; juste une paire de main disponible sans permis de conduire, sans maquillage, sans expérience et sans diplôme. Son dossier il l'a rangé dans une grosse armoire qui occupait la moitié de l'espace dans le bureau. Après avoir ouvert la porte en lattes marrons souples qui coulissent et se plient sur les côtés, il a fait glisser son dossier au niveau de sa première lettre dans l'alphabet, s'est retourné, lui a serré la main comme on salut froidement un mec dont on se fout complètement de l'existence, et l'a raccompagné jusqu'à dehors en lui donnant au hasard quelques brochures posées en vrac dans un présentoir carton, encore debout juste pour trouver un moyen d'habiller la vitrine.

Le soleil était revenu, ça faisait dix jours au moins qu'il s'était tiré. Gabi s'était tapé 40 minutes de transport pour 3 minutes d'échange à sens unique avec un mec bidon dans un boîte qui file du travail précaire.

A pied il était pas loin du coiffeur où Amandine s'était fait couper les cheveux. Il envoya un texto avec le faible espoir qu'elle puisse répondre présente : "Salut la miss, j'viens de passer devant chez ton artiste coiffeur coloriste paysagiste en allant me renseigner pour une formation, j'ai pensé à toi, bises."

Voilà le message, bien pensé. Une accroche détachée, pas faire trop rappeler qu'elle lui plait. Vouloir un peu susciter l'intérêt en donnant des nouvelles en vrac comme ça sans vouloir parler de soit, mais en donner juste assez pour que sa simple éducation de fille polie lui impose de répondre en demandant quelques détails. Et enfin une pensée dirigée, un bon souvenir pas trop lointain qu'on envoi quand il fait chaud et on signe sans mettre de point à la fin pour feinter le mec occupé.

Voila ce qu'elle a répondue au bout de quelques minutes : "Trop cool, t'as pensé à moi en passant devant chez le coiffeur c'est marrant bisous".

Putain comme cette fille est nulle.

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