Horreurs sur horreurs

phileus

Le Journal de Philéus

_

Mercredi 5 décembre 2018, 18.11

     Fin d'après-midi bien pluvieuse et la nuit ...

  Nous sommes bien loin de la guerre franco-prussienne  de 1870 mais j'aime bien cette lettre de George Sand à l'une de ses amies, en juillet de la dite année ;

  " Tout le monde devient fou. Il faut en prendre son parti et avaler la décadence jusqu'à la lie. Quand la coupe sera desséchée, elle se remplira d'un vin nouveau, je n'en doute pas; je ne doute pas de l'avenir, mais le présent est fort laid, et il faut du courage pour le subir sans blasphémer. "

    Mais aussi et dans un tout autre contexte ces mots de Flaubert aux Frère Goncourt le 2 janvier 1862 s'agissant de l'un de ses livres je ne sais lequel peut-être Salambô ;

  " Je suis à la moitié à peu près de mon dernier chapitre, je me livre à des farces qui soulèveront de dégoût le coeur des honnêtes gens. J'accumule horreurs sur horreurs. Vingt mille de mes bonshommes viennent de crever de faim - Je pense aux gilets jaunes qui disent crever la dalle - et de s'entremanger. Le reste finira sous la patte des éléphants et dans la gueule des lions.

  N'importe ! Je crois que j'écris présentement de manière canaille. Phrases courtes et genre dramatique."

   C'est exact, c'est jouissif d'écrire, l'on peut tuer, ressusciter, et re-tuer en toute impunité ... Ah ça fait du bien ! je respire, une belle bouffée d'air ... ça m'arrive aussi c'est jubilatoire..

__

Signaler ce texte