Il pleut

castiel

Promenade sous la pluie.

La pluie continue de tomber. Assis à mon bureau, je regarde ce ciel sombre déverser ses larmes de colère. Je regarde les éclairs, épatants, lumineux. Fendants le ciel. Des cicatrices éphémères dans un ciel malade des courants froids, des courants chauds. De ce vent qui pousse les nuages dans leur derniers retranchements. 

L'obscurité, le bruit de cette douche de rage divine; ces lumières; tout cela m'hypnotise. Cela m'apaise. Je ressens toute la puissance de la nature. En observant le ciel, j'y aperçoit quelque chose d'une grandeur extrême. Quelque chose qui me dépasse. Une puissance sereine berçant son surplus d'agacement sur les toitures, laissant l'eau ruisseler dans les goutières puis se balader au grès des formes de la terre. Obligeant les gens à s'abriter. A courir. A se presser. Puis plus rien. Le calme dehors. Simplement ce bruit apaisant.

Alors je décide de sortir pour sentir cette bénédiction. Laisser ces goutes épaisses introduire les tissus de mes vêtements. Faire gonfler ma chevelure. Se promener sur mon visage et descendre dans mon cou. 

Je me promène et je respire, j'observe, je ressens. Je marche évitant les vers, évitant les escargot. Contournant les flaques. Des voitures roulent tranquillement, les essuies glaces s'agitants de gauche a droite à toute vitesse. Au loin des enfants s'amusent à sauter dans les flaques d'eau. Je vois des jeunes abrités sous un préau. 

Une femme marche rapidement agrippé à son parapluie pour ne pas que celui-ci ne cède aux bourrasques. Ses cheveux tourbillonnent. Elle presse encore un peu plus le pas. 

Un restaurateur fume à l'abri sur le bord de sa terrasse pestant contre le temps qui a fait fuir ses clients. Un chat a trouvé refuge sous une camionnette. 

Je suis ébloui par ce fascinant spectacle. Un coup de tonnerre me fait sortir de cet état second. Soudain j'ai froid. Je suis trempé. Je décide de rentrer.

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