Japonisant

Aurelien M

Mes rêves sont magnifiques n°3, récit d'un rêve...

Je m’éveille mollement, j’ai du mal, je suis fatigué…
Tout en baillant, je me remets correctement sur le siège qui m’a servi de lit et je frotte mes yeux. Je regarde autour de moi, je suis dans un avion en compagnie de deux de mes amies…

Petit à petit la mémoire me revient: l’université de Tokyo venait d’ouvrir sa section communication & publicité. Nous avions d’un commun accord avec notre fac, décidé d’effectuer un “mini erasmus” avec trois étudiants nippons, ceux-ci venaient en Belgique et nous trois partions pour le Japon. En tout cas, c’était très clair dans ma tête.

Nous atterrissons directement sur le campus et au sortir de l’avion, nous rencontrons trois compatriotes envoyés par l’université pour nous faire découvrir à la fois le campus et la vie tokyoïte.

Le campus de l’université se trouvait à l’extérieur de Tokyo, il faut le dire, quand on voit la grandeur des bâtiments et des logements on comprend que mettre tout ça dans la capitale aurait été assez difficile.

Devant nous, le bâtiment principal: une tour centrale contenant un gigantesque escalier en colimaçon déversant à chaque étage un nombre impressionnant d’étudiants.

Après être grimpé au cinquième étage notre petit groupe s’arrête devant une classe, j’en déduis que c’est notre salle de cours.
Le voyage m’avait fatigué mais ces exercices matinaux m’avaient bien réveillé et ma vessie aussi. Je regarde ma montre, elle indique 8h30, j’avais un quart d’heure devant moi pour trouver des toilettes.
Je demande à nos guides qui s’empressent de m’indiquer le chemin. Formidable! C’était juste à côté.

Me voilà entrant dans les commodités japonaises… portes coulissantes, petits casiers pour y troquer ses chaussures contre des pantoufles et une musique d’ambiance de restaurant chinois.
Mais après avoir enfilé les pantoufles c’est la désillusion, les urinoirs sont tous bouchés et les toilettes sont loin d’être propres, même les lavabos regorgent de papiers mouillés et de traces de savons par-ci par-là…
Je ne peux décemment pas pisser ici, je remet alors mes chaussures et part à la recherche d’autres toilettes. Je reprends l’escalier central et monte d’un étage.

Arrivé au sixième je me retrouve dans une immense pièce où les cours sont donnés dans des classes sans murs, sur ma gauche, un cours de biologie, à droite, un cours de géographie… J’avance à petits pas, mes yeux se baladent d’une classe à l’autre et moi, je jongle entre l’émerveillement et le contrôle mental de ma vessie.

Devant, un cours de photo venait de faire une pause, j’interpelle le professeur et je tente une petite phrase en “franponais” mais sans succès. Par contre j’avais intrigué une étudiante qui s’approche de moi et qui me demande en parfait français si je cherchais les toilettes. Miracle! Je lui répond que oui et que là, ça devenait assez pressant… Elle me montre une porte au loin, me fait un petit sourire et me donne une petite tape dans le dos…

Je cours jusqu’à cette porte, encore une fois, porte coulissante, petits casiers, musique d’ambiance…Mais pas seulement…
Ces toilettes faisaient également office de douches, un peu partout dans la pièce lévitaient de petits nuages de vapeur d’eau, parsemés, çà et là de Japonais dont la seule tenue était un tout petit carré d’essuie blanc…
Je reprends mes esprits, me concentre et fonce vers la première toilette disponible… pas de chance pour moi, elle était tout aussi sale que celle de l’étage inférieur…

J’enrage, vais-je finir par trouver des toilettes propres dans cette université?! Je retourne à l’escalier central, et hop, encore un étage. Je suis au septième, ce n’est pas un étage de classes mais de dortoirs, chaque porte a une pancarte avec deux noms écrit dessus, j’avance en espérant tomber soit sur des toilettes soit sur une porte de dortoir ouverte histoire qu’on puisse me renseigne…

Par chance, voilà une porte entre-ouverte… Je frappe, j’entends une réponse de l’autre coté, je pousse la porte et je surprends deux jeunes étudiantes, dont l’une est en sous vêtement. Je m’excuse et recule vers le couloir, mais me voilà stoppé net par l’étudiante encore habillée qui, en me pointant du doigt a réussi à bloquer mes jambes…
Là je commence à me demander où je suis tombé…

"Toi, tu vas lui faire pipi dans la bouche"

J’avoue c’est assez déroutant quand on vous l’annonce comme ça, je lui rétorque que non je ne le ferais pas et que je m’excuse de les avoir dérangé. La fille se rapproche de moi et réitère sa requête, qui n’était en fait pas une question, elle voulait vraiment que je fasse pipi dans la bouche de sa copine…

La fille est face à moi, je profite de cette distance réduite pour la repousser vers son lit, elle trébuche et mes jambes sont libérées de leurs étreintes, je sors à toute vitesse de la chambre et m’enfuis vers l’escalier central… je n’ai plus envie de pisser… C’est déjà ça.

Mon téléphone sonne c’est une de mes amies:
“Où est-ce que tu es? On est en bas à l’entrée on va aller manger en ville dépêche toi !”

Oui je veux bien mais c’est l’heure de midi et l’escalier est plus que bondé… je regarde autour de moi, cherchant un escalier de secours ou un autre endroit pour descendre quand mes yeux se pose sur une sorte de toboggan suivant l’escalier en colimaçon… Oui voilà, comme ça j’irai encore plus vite pour descendre !

Je saute tête en première sur ce toboggan, j’arrive au sixième puis au cinquième, plus je passais des étages, plus j’allais vite et pas moyen de ralentir, mon entrain et ma joie se transforment petit à petit en crainte et peur de se casser la figure… Troisième, deuxième… Je commence à voir la sortie et mes amies dehors, mes yeux suivent le toboggan pour voir où ce dernier se finit… Malheur, un groupe de séniors a prit place juste à la sortie du toboggan! Si je ne trouve pas vite une solution je vais avoir des problèmes…

Arrivé à 2-3 mètre des seniors je décide d’effectuer une sortie, je prend appui sur les rebords et me jette en dehors du toboggan… Pirouette arrière, ma main effleure quelque chose, je ne sais pas quoi, je retombe sur mes pieds… Je n’y crois pas… Je souffle, regarde vers les petits vieux qui n’ont rien, je souris…

"Hum, Hum…"

Je me retourne vers la source de ce raclement de gorge… Un nain en costume blanc et lunettes de soleil noires accompagné par deux videurs en costumes noirs me fixent avec un air assez menaçant… Au pied du nain un chapeau blanc, je comprend alors que c’est la chose que j’ai effleurée pendant ma chute.
J’évite les petits vieux pour tomber sur la mafia… C’est mon jour de chance on dirait… Je recule et m’excuse pour le chapeau.

"Maintenant tu vas faire pirouette avant!"

Non mais qu’est-ce qu’ils ont les gens dans cette université avec leurs demandes bizarres sérieusement?! Je les regarde un peu confus et décide de fuir la situation en rejoignant le groupe qui m’attendait dehors…

Enfin! Dehors, libre… Je respire un grand coup et nous entamons notre chemin vers l’arrêt de métro qui nous amènera à Shinjuku, un quartier de Tokyo… Sur le chemin je vois un étudiant typé geek voire nerd qui se fait poursuivre par un gars, lui typé américain, quaterback, musclé mais surtout con.

L’étudiant japonais tombe au sol, l’américain arrive et lui donne un coup de poing, comme ça, gratuitement… Le japonais roule sur le ventre et tire une languette sur son sac à dos et là paf! une tente Quechua (r) sort du sac et englobe le japonais dans une tente protectrice…
L’américain frappe alors la tente puis s’arrête… Il regarde autour de lui et me voit… Il vient vers moi, je recule un peu histoire de me préparer à recevoir un coup de poing comme pour ce japonais là… En dessous de sa tente. Mais il me fait un sourire et me demande de lui tenir son sac H&M (r) le temps qui tabasse l’étudiant…

Ça devient de plus difficile de suivre mon groupe qui n’a pas l’air de vouloir m’attendre… J’avance dans la direction du métro tout en gardant un œil sur l’américain qui continue de cogner le japonais…

Je me retourne vers me groupe, leur crie de m’attendre et une main vient se poser sur mon épaule… C’était l’américain.
Il reprend son sac mais au même moment le japonais revient à la charge avec un parasol, l’américain me projette en arrière et repousse l’attaque de parasol en retournant l’arme contre le japonais qui se retrouve au sol transpercé de part et d’autre…

"T’es malade?! Il va crever !"

L’américain me regarde, montre son sac H&M (r) avec son doigt et me fait un clin d’œil avant de disparaitre dans la foule…
Je me retourne vers le japonais qui se meurt, je lui demande si tout va bien et il me répond en japonais, mais comme il était sous-titré j’ai tout compris. Il voulait que j’appelle son père pour que ce dernier appelle une ambulance.

Je prends son téléphone en main, relève la tête, j’aperçois mon groupe sur le quai du métro, je stresse, je vais les perdre…
Ça sonne… Le métro arrive… Ça sonne encore… Les portes s’ouvrent…
Le père répond, je lui dit que son fils a quelque chose à lui dire et balance le téléphone sur le japonais agonisant, je cours vers le métro, je vois mes amies qui rentrent dedans… les portes se ferment… je monte sur le quai, le métro est parti…

"MERDE !"

Cette nuit j’ai rêvé que je partais en erasmus au japon, j’ai découvert que les toilettes japonaises font parfois office de douche et que j’ai la capacité de voir des sous-titres quand on me parle…

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