Je me suis fait hypnotiser

sylvie_tellor

Marketing Manager, j'ai quitté mon travail pour fuir la vacuité de mon quotidien et j'ai poussé la porte d'une hypnothérapeute

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. J'ai 38 ans. Un mari aimant, deux beaux enfants, un bel appartement baigné de lumière. Que demander de mieux ?
Un nouveau travail peut-être…une activité qui ait du sens, quelque chose qui me pousse à me lever le matin avec entrain. Un projet !

Je viens de quitter mon travail, mon sacro-saint CDI auquel je m'accrochais depuis 6 ans. Il m'a maintenue en équilibre un temps, m'a permis d'avoir mes enfants et tout ce qu'il est socialement convenu d'appeler Réussite. Oui mais voilà, à trop vouloir me forcer, j'ai fini par m'épuiser et lâcher la rampe. A quoi rimait cet emploi de « marketing manager » ? A quoi rimait tout ce temps passé à…rien ? Brasser du vent, comme on dit. Ecrire des mails, parlementer au cours de réunions stériles avec des pantins - qui se prêtent sûrement mieux que moi à ce petit jeu - mais des pantins tout de même.
A rien. La réponse m'est apparue un matin où je me suis littéralement réveillée en larmes à l'idée de rejoindre mon horrible bureau, au fond d'un couloir, imbibé de l'odeur des poubelles et bercé par le bruit des camions de livraisons de la cantine. Certains rêvent désormais de ma place, de ce bureau, de ce statut de manager de bas étages - le middle management, le pire de tous. Moi, je l'ai fui. Je me suis extraite de la vacuité de ce qu'était devenu mon quotidien.
Non sans peine, il ne faut pas croire que c'est si simple de dire « fuck » à ce qui fait de vous un être socialement intégré. Mais mon corps tout entier criait « à l'aide ». J'avais un besoin impérieux de reprendre mon souffle et ma liberté, qui a heureusement pris le dessus.

Il n'empêche. Quelques jours après avoir quitté ce satané bureau, je me suis sentie orpheline, confuse… Et si j'avais fait une erreur ? Et si j'avais pêché par orgueil, juste pour avoir le plaisir d'envoyer valser ailleurs mes (top)manager ?
Je suis restée au lit, terrifiée. J'ai été jusqu'à passer un après-midi devant Docteur Quinn, c'est dire ! Je voulais retrouver l'envie, l'énergie, mais rien ne venait. En bonne professionnelle, je m'étais dressé une « to do list » sacrément étoffée pour occuper mes journées. Toujours rien. Organiser un goûter d'anniversaire pour les 4 ans de mon fils m'a semblé une épreuve insurmontable. Moi qui arrivais pourtant à faire des présentations sur une estrade devant des centaines d'yeux sentencieux, je me sentais désormais incapable du moindre effort. C'était à n'y rien comprendre.
Qu'allais-je faire de ma vie ?
J'avais bien écrit 2 romans il y a quelques années, mais je m'étais arrêtée là. Plus l'envie, plus l'énergie. A ma décharge, j'avais quand même 2 petits garçons de 4 et 2 ans à élever. Rien que ça, je me sentais vampirisée, les batteries à plat. Exit donc, les projets de nouveau livre, de reconversion professionnelle vers quelque chose de plus créatif, utile ou même un quelconque projet de bénévolat. Rien, j'étais paralysée.

Puis un vendredi, j'ai forcé mon mari à rester à la maison pour s'occuper du petit qui avait 40 de fièvre, je suis allée chez le coiffeur m'offrir un petit « effet soleil » et j'ai poussé la porte d'une hypnothérapeute.
Les détails de mon passé qui m'ont amenée à m'orienter vers cette solution qui m'apparaissait alors comme désespérée n'ont guère d'importance. Contentons-nous du résultat. Un regain de positivité. La certitude d'avoir fait le bon choix en quittant mon travail. Un éclairage sur moi qui ne m'était jamais apparu de manière aussi évidente au cours de mois de rendez-vous chez le psy. J'allais désormais pouvoir me tourner vers l'avenir.
Pas de miracle néanmoins, la clé est en moi et ne m'a pas été servie sur un plateau. Mais je retournerai me faire hypnotiser pour m'aider à faire le tri dans mes envies et pourquoi pas, choisir ma voie pour de bon !

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