JOLIE FILLE SANS PARAPLUIE

sociopatate1974

JOLIE FILLE SANS PARAPLUIE.

Je vous ai secouru.

J’ai tendu mon bras armé.

Je vous ai fait peur en arrivant de côté.

Nous avons marché sans dire grand chose.

Des banalités sinistres dans lesquelles je sentais vos doutes

Et vous mon désir réfréné.

J’ai toujours un parapluie dans mon sac.

Ce jour j’ai béni cette manie

Et vous ai secouru.

Vous vous rendiez tout comme moi au parking.

J’étais si heureux de vous accompagner sans vous connaître.

Nous nous sommes quittés une fois que vous avez payé votre ticket.

Je vous ai contemplé un court instant de face

Car jusqu’à ce que je remplisse mon rôle de protecteur

Contre les égarements du temps

Je ne pouvais que me trouver à vos côtés.

Nous regardions dans la même direction.

Vous me suiviez, collée à moi.

J’ai le souvenir odorant, visuel, auditif et tactile de votre personne.

Je vous ai trouvé très jolie ; mais n’ai rien dit.

Puis vous vous êtres enfuie.

Je me suis retenue de vous dire mon prénom

Et de vous !… Ou de vous demander le vôtre.

Je trouvais cela bien trop ridicule.

Je sais que si je vous revois un jour, je vous reconnaîtrai.

Je vous accosterai

Et me rappellerai à votre souvenir.

Vous me direz : « quelle mémoire ! » en me remettant

Peut-être oserais-je dire que je ne pouvais oublier un si joli visage.

Ou bien la peur scellera ma bouche et mon espoir.

On ne se sera peut-être même pas arrêté pour bavarder.

Vous retournant sur mon passage persuadé de m’avoir vu quelque part.

Où on se dira au revoir comme deux parfaits inconnus que nous aurions toujours été.

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