Journal aléatoire d'un alcoolique en sevrage

lafaille

Jour n°17

Jour n°17

Fout-Le-Camp dort tranquille sur mon lit tandis que j'essaie de récupérer de cette putain de nuit. La souris est revenue pour m'achever, s'amusant à construire sa maison dans ma pauvre cervelle, une multitude de galeries, j'entends ses petites dents acérées me trancher des bouts de cerveau pour prolonger son tunnel. Et hop, une porte d'entrée, et hop un petit nid douillet, elle prend ses aises dans ma boîte crânienne devenue gruyère. Migraine atroce ce matin. Merci Mickey Mousse. Fallait pas s'en prendre aux femmes, tu sais bien que ça te retombe toujours dessus un jour ou l'autre. L'alcool, le sevrage, les migraines, le désir de se jeter dans le vide coûte que coûte, l'appel de la chair. Je suis comme tout le monde, un animal. Mon chien me regarde, interloqué, comme soucieux de mon état de disloqué. Je n'ai pas d'espoir, je déteste l'espoir. L'espoir de quoi d'abord ? L'espoir, c'est comme un Dieu pour les athées. Je ne comprends ni l'un ni l'autre. Construire des ailleurs pour rester debout, des ailleurs imaginaires, des rien qui vous donnent la sensation de pouvoir devenir tout. Foutaise de l'esprit humain. Moi, je veux tout ici et maintenant. Pas le temps pour les sornettes. Merde, mais c'est une des raisons pour laquelle j'ai commencé à me défoncer au Gin. Je ne suis pas fait du même bois que les autres. Je ne me reconnais dans aucun de mes semblables, je ne me reconnais même pas dans un miroir. Mon chien a plein de poils, il pourrait faire parti du club des féministes lesbiennes véganes. Non, non, et non, stop tu vas te faire défoncer le crâne non plus par une pauvre souris mais par une horde de féministes en rut, à l'attaque ! Et putain ce crâne, il explose, le big bang dans ma pauvre tête d'abruti. Viens Fout-Le-Camp, on va voir si le soleil me fait du bien.

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